|
Voyage & technologies
est une newsletter hebdomadaire destinée aux professionnels du tourisme et
du voyage. 2004
Office
in the sky: la nouvelle
bataille du ciel Les
aéroports ont la sécurité à l'oeil Ce
qui nous attend d'ici cinq ans La
mort annoncée du Viewdata Le
forfait téléphone arrive 2005 Les
vacances, un besoin vital pour les Français Faut-il
déréguler les GDS ? Mobissimo
débarque en Europe Une
typologie de l'e-touriste S'adapter
pour survivre : la technologie s'impose Tourism@
a confirmé sa vocation internationale 2006 Le
podcasting a le vent en poupe Les
nouveaux internautes tirents les chiffres du tourtisme vers le haut La
technologie, passage obligé du transport aérien en Afrique Les
agences en ligne ont-elles encore un avenir ? 2007 Et
voici le carbon marketing! Le
boom des sites de services Le
baromètre annuel Opodo : Internet au secours du « pouvoir partir » Naissance
de l'internaute expert Face
à Interenet, les agences se transforment Vers
l'aéroport self service Le
tourisme au coeur du m-marketing Le
self-service de plus en plus populaire |

Accueil
| Archives | Magazine
| Euram:
voici sa version 4 Déjà
utilisé gratuitement
par 2.000 agents de voyage français aussi,
Dino, le logiciel de réservation de voyage développé par
la société belge Euram, vient de sortir sa quatrième version,
dans une présentation claire jusque dans le choix de la typographie, l'ergonomie
étant un de ses aspects les plus spectaculaires. Cette nouvelle version
s'est enrichie de fonctionnalités supplémentaires, dont un « mash
up » qui intègre notamment un impressionnant volet cartographique,
de l'information en ligne et des connexions en temps réel avec certains
fournisseurs, ainsi que des news mises à jour quasi quotidiennement.
La
navigation dans le système se fait tout naturellement, au rythme où
l’agent de voyage découvre les besoins ou les souhaits de son client
: où aller ? pour quoi faire ? pour quel budget ? Et assure la
réservation et la production automatique des documents. On part ainsi d'une
région ou d'une ville le système
calcule automatiquement le kilométrage et le temps de route entre deux
points quelconques et on affine le
choix d'un hôtel, grâce à un outil de recherche avancée :
selon le prix, le style de l’établissement, l'âge des enfants,
les promotions en cours, etc. A
l'inverse d'autres systèmes, Euram n'utilise que ses propres données.
Chacun des hôtels proposés fait l'objet d'une vue aérienne,
positionnée grâce à MS Virtual Earth, et est abondamment documenté
jusque dans les moindres détails. Le système propose encore, autant
que possible, la location d'une voiture, d'une moto ou d'un mobilhome ainsi que
des services complémentaires tels que des city tours, city pass ou réservation
de spectacles, etc. Les choix sont modifiables à tous les stades, sans
qu'il soit nécessaire de revenir en arrière, et un « assistant »
crée ensuite l'offre de prix, le « routing » étant
sauvegardé en vue d'éventuelles modifications ultérieures.
Le « roadbook », enfin, comporte une zone où l'agent
de voyage peut écrire ses recommandations ou insérer un fichier
PDF. Seuls
les USA, le Canada, le Mexique et Costa Rica figurent actuellement au programme
d'Euram. « Nous ne voulons travailler qu'avec des pays « transparents »,
explique Peter Keijers, son fondateur. Les pays européens sont trop facilement
accessibles, et il n'existe pas de marché suffisant pour développer
une version qui intègre l'Australie, la Nouvelle Zélande ou l'Afrique
du Sud ». Ce qui ne l'empêche pas de travailler à un nouveau
concept, qui devrait offrir encore plus de perspectives. C.B.
(#157 22 avril 2008) Actualité Le
Futuroscope s'appuie sur le web pour promouvoir sa nouvelle attraction
L'insertion d'images virtuelles dans un décor réel, depuis
Steven Spielberg, on connaissait déjà. Mais des images que le spectateur
peut simultanément manipuler quasiment à sa guise, c'est un
concept révolutionnaire, et pour tout dire unique au monde, que le Futuroscope
est le premier à proposer dans sa nouvelle attraction, Les
Animaux du Futur, une déclinaison supplémentaire du travail
que John Adams leur a consacré. Une
bonne connaissance de la tectonique des plaques permet de représenter la
géographie de la Terre dans 5, 100 et 200 millions d'années et,
par voie de conséquence, l'évolution de son climat. John Adams,
déjà père des films d'animation sur les dinosaures réalisés
pour la BBC, a imaginé à quoi pourraient ressembler les animaux
de la "posthistoire" dans ces nouveaux environnements d'où
l'homme aura sans doute disparu. Pur
produit de son imagination, ces créatures hypothétiques ont cependant
été validées par des scientifiques de renom.
Elles
font l'objet d'une série de films et de DVD, programmés
notamment par une vingtaine de compagnies aériennes, de livres rien
qu'au Japon, déjà 120.000 exemplaires vendus et, dès
le 5 avril, d'un nouveau spectacle, donc, carrément bluffant, proposé
par le Futuroscope, réalisé par la société française
Total Immersion, dont la
réalité augmentée
est le fer de lance. Un
ancien Premier ministre, le secrétaire d'Etat au Tourisme, des dizaines
de journalistes et... une cinquantraine de blogueurs ont assisté
à son lancement,
parmi quelque six cents invités. Car le Futuroscope mise à fond
sur Internet pour faire connaître sa nouvelle attraction. Le blogging, mais
aussi, à
partir de son site web,
le téléchargement d'un
logiciel qui permet à chacun d'expérimenter la réalité
augmentée sur son propre ordinateur. Bluffant ! C.B.
(#154 1er avril 2008) Sans
Internet, les Français partiraient encore moins en vacances Encore
"sanctuarisé" les années précédentes (cf.
Voyage & technologies # 62), le
budget vacances des Français ne résiste plus aussi bien aux autres
nécessités du quotidien : moins de 60 p.c. d'entre eux seulement
sont partis en séjour marchand, long ou court, en 2007 contre 64 p.c. en
2006, soit une baisse de 1,6 millions de personnes en cinq ans. C'est un des enseignements
du baromètre annuel Opodo, réalisé
par le cabinet Raffour, qui relève
aussi que toutes les catégories de revenus sont concernées : même
le long séjour non marchand a perdu 4,5 millions de personnes au cours
de la même période. En revanche, depuis 2003, le nombre d'internautes
réservant leurs vacances sur Internet a triplé : sur plus de 13
millions de Français qui utilisent désormais Internet pour préparer
leurs vacances, 7,8 millions les ont réservées en ligne en 2007,
soit un vacancier sur quatre. "Les Français seraient sans doute encore
moins partis sans Internet, qui a joué un rôle d'amortisseur avec
son extraordinaire capacité à faciliter la recherche du meiller
prix", analyse Petra Friedman, directrice générale d'Opodo
France, pour qui la pression sur le pouvoir d'achat devrait encore accélérer
cette année le transfert des transactions vers Internet. Tous ces chiffres
et bien d'autres seront longuement analysés et commentés lors de
la conférence
annuelle organisée par le cabinet Raffour le 10 juin prochain à
Paris où l'on entendra aussi les responsables des principaux acteurs de
l'e-tourisme en France, parmi lesquels le groupe Accor, le Futuroscope, Europ
Assistance, Mappy, HRS, Voyages-SNCF, Tripadsvisor, ebookers, etc. (#153
24 mars 2008)
Le
self-service de plus en plus populaire Les
technologies de self-service deviennent de plus en plus populaires auprès
des passagers aériens. Ainsi, comme il ressort d'une étude réalisée
par SITA auprès des aéroports de Londres Heathrow, Atlanta et Hong
Kong, le nombre de passagers n'ayant jamais utilisé les kiosques d'enregistrement
est passé de 41 p.c. en 2006 à 37 p.c. en 2007, tous aéroports
confondus, et ce chiffre devrait atteindre 49 p.c. en 2008. Les passagers les
utilisent certes de plus en plus pour déclarer leurs bagages perdus (50
p.c. contre 40 p.c. en 2006) mais aussi pour s'enregistrer : le nombre d'utilisateurs
a ainsi doublé en une année à l'aéroport de Londres
Heathrow pour atteindre 20 p.c. tandis qu'à Atlanta 32 p.c. des passagers
en sont désormais utilisateurs et 13 p.c. à Hong Kong. Autre
enseignement : la proportion des voyageurs achetant leurs voyages en ligne ne
cesse de progresser [49 p.c. en 2007 comparé à 47 p.c. en 2006],
ce que l'étude explique par une normalisation de l'outil Internet. Parmi
les personnes déclarant ne pas réserver par Internet, 40 p.c. d'entre
elles précisent que ce rôle est dévolu à une société
tierce, ce qui n'exclut pas au final une réservation en ligne. Les passagers
aériens adoptent aussi de plus en plus l'enregistrement en ligne, comme
le montre la 9ème étude annuelle sur les tendances technologiques
dans le secteur aérien, conjointement réalisée également
par SITA et le magazine Airline Business. Sur une centaine de compagnies aériennes
sondées, la moitié offre désormais la possibilité
de s'enregistrer en ligne, tandis que 89 p.c. du total s'apprêtent à
offrir ce service dans les deux prochaines années. A l'heure actuelle,
21 p.c. des passagers des compagnies sondées utilisent l'enregistrement
sur le web et, d'ici la fin de cette année, cette proportion devrait atteindre
les 35 p.c. Sur une échéance de deux ans, 52 p.c. des compagnies
aériennes interrogées envisagent d'offrir un service de self-boarding
tandis que 76 p.c. souhaitent mettre en place la possibilité de s'enregistrer
par téléphone portable. Parmi les autres enseignements de cette
étude, on apprend ainsi que la distribution de billets en ligne représente
désormais 35 p.c. de l'ensemble des ventes de billets des compagnies aériennes
interrogées et d'ici la fin de l'année 2008, 86 p.c. de l'ensemble
des billets vendus seront des billets électroniques 14 p.c. des
billets vendus restent à ce jour des billets papiers. Par ailleurs
les compagnies aériennes semblent être de plus en plus nombreuses
à opter pour des cartes d'embarquement à codes barres : 46 p.c.
des transporteurs sondés ont d'ores et déjà éliminé
les cartes à bande magnétique et d'ici à la fin 2008, ce
pourcentage devrait atteindre 88 p.c. Et malgré cela, le budget dédié
aux dépenses informatiques par les compagnies aériennes représentera
un pourcentage toujours plus faible de l'ensemble des revenus: soit environ 2,1
p.c. de leur chiffre daffaires 2007, contre 2,5 p.c. en 2003. [TNI] (#150
12 décembre 2007)
Le
self service, une réponse au stress aérien La
peur de l’avion, tout le monde sait que cela existe. Mais il reste quantité
d’autres vecteurs de stress liés au transport aérien, auxquels la technologie
tente aussi d’apporter remède. Lors du African Airlines Forum (cf. Voyage
& technologies #96), Bruno Frentzel, senior vice president de Sita, en avait dressé un rapide inventaire. Sait-on
qu’il y a eu plus de neuf cents agressions d’agents dans les seuls aéroports de
Grande-Bretagne au cours de la saison 2004-2005 ? Que, pendant ce temps,
trente millions de bagages ont été maltraités dans le monde, dont 204.000 ont
été définitivement perdus ou volés, représentant une valeur de deux milliards
de dollars ? Rien d’étonnant à ce que 72 p.c. des Américains
vous avez bien lu ! estiment qu’un voyage en avion est
plus stressant que d’aller... chez le dentiste vous avez toujours
bien lu ! La
complexité du voyage, depuis le moment de l’achat voire même
avant: sept Américains sur dix se disent déjà stressés
par un site Internet... est un élément de stress aussi bien
pour le passager que pour les compagnies aériennes… Ainsi, on a dépensé 5,6 milliards
de dollars en mesures de sécurité mais qui ne sont nulle part harmonisées. La
technologie permet d’apporter des informations en temps réel pour une meilleure
exploitation des ressources, mais est-elle bien utilisée ? La
généralisation du « self service » apporterait ainsi un semblant
de réponse au stress, en ce que le passager a l’impression de maîtriser son destin…
La réservation en ligne, le billet électronique, l’auto-enregistrement sur le
web ou sur son téléphone portable, les « CUSS », tant pour le passager
que pour ses bagages, sont autant de solutions. Du point de vue de la sécurité,
la biométrie n’est pas encore une technique mature, mais il faut encourager les
programmes volontaires, comme ceux qui sont actuellement testés à Milan ou à Athènes.
Développer le « self boarding » et, en vol, les activités telles la
téléphonie et l’accès à Internet, sont autant d’occasions de réduire le stress
du passager… et de la compagnie. A charge pour elle d’intégrer dans son offre
l’ensemble des technologies. Le traitement des bagages et leur réconciliation,
enfin, devraient faire l’objet d’une solution intégrée au niveau mondial. C.B. Retour
en aut de la page Le
tourisme au cur du m-marketing Apple
l'a fait, Google y pense
le téléphone mobile est devenu un
support de services et multimédia de plus en plus utilisé. Toutes
les technologies y sont disponibles : musique, photo, film, télévision,
sites internet. Le « mobinaute » est devenu la cible de choix pour
les entreprises adeptes du m- marketing et du m-commerce. Et pour cause. Le
taux d'équipement est impressionnant. Un tiers de la population mondiale
possède un téléphone portable. Sur le marché français,
85 p.c. de la population en possèdent un, dont 94 p.c. des 18-25 ans. Important
: 22 millions de téléphones sont équipés de services
vidéo et MMS (envoi d'image). On compte 20 millions de clients à
forfait multimédia, 15 millions de visiteurs par mois sur les portails
des opérateurs. Ce chiffre ne peut qu'augmenter car un utilisateur renouvelle
son portable tous les 18 mois. Le
tourisme est un des secteurs les plus recherchés par les consommateurs
sur leur Internet mobile. Les exemples d'applications ne manquent pas aujourd'hui.
Dans la mesure où le mobile sert à dialoguer avant le départ,
les compagnies aériennes comme Air France ont lancé des SMS «
intelligents », qui économisent du temps sur l'enregistrement, et
indiquent les horaires, la porte d'embarquement, le numéro de siège
dans l'avion. Autre
application : le téléchargement de guides audio sur les musées,
les sites, les monuments. Le potentiel est énorme, avec 750 millions de
touristes équipés de MP3 d'ici 2015. Une variante : prendre en photo
un monument peut déclencher la liaison avec un site internet. A
Paris, il est désormais possible de télécharger des guides
de quartier, transmis gratuitement grâce à la technologie Bluetooth.
Le mobinaute peut être mis en relation téléphonique avec les
services souhaités : stations Vélib, bornes de taxis, numéros
d'urgence, etc. La
lecture de flash code sur une affiche de publicité ou une page de journal
permet d'accéder à des photos ou des vidéos de voyages, et
inciter à une réservation via un call-center. La
géolocalisation est aussi une application possible. De plus en plus de
touristes partent hors des sentiers battus et ont besoin d'être repérés
grâce à leur portable. En cas d'urgence, une touche suffit à
déclencher le système de GPS intégré. Enfin,
la technologie NFC (Near Field Communication) va permettre d'utiliser le téléphone
portable comme moyen de paiement courant 2008 et comme titre de transport début
2009, sur la SNCF notamment. [TNI] (#
145
25
septembre 2007) Retour
en haut de la page Vers
l’aéroport self service Après
avoir réservé (et
payé) sur Internet son vol, le siège de son choix et, le cas échéant, un repas
kasher ou végétarien, le passager, à son arrivée à l’aéroport, laisse son bagage
étiqueté RFID à un comptoir commun à toutes les compagnies avant de se diriger
vers un portique où il pose son index comme sur un bouton de sonnette, pendant
qu’un logiciel analyse l’image de son iris transmise par une caméra avant de commander
l’ouverture du portillon. A la porte d’embarquement, il lui suffit de présenter
son téléphone portable sur lequel un équipement spécial pourra lire la carte d’embarquement
qui lui aura été envoyée en code barre 2 D. Ainsi, après le chauffeur de
taxi qui l’aura déposé à l’aéroport, ce passager n’aura rencontré personne qui
ne soit, comme lui, passager d’un vol en partance : aucun employé de comptoir,
pas l’ombre d’une hôtesse… ni d’un policier. Ce
scénario n’appartient pas complètement à la fiction. C’était le thème d’une récente
réunion de la Fédération nationale de l’Aviation marchande. Toutes les compagnies
aériennes, en collaboration avec les principaux aéroports, « planchent »
sur toutes les solutions imaginables pour améliorer la fluidité des mouvements
de personnes, accélérer les formalités et, accessoirement, réduire le stress du
passager. Mais aussi des entreprises comme IER ou… Amadeus. Entièrement
dédié à British Airways,
le nouveau terminal 5 d'Heathrow, par exemple, qui s’ouvrira en mars prochain
et où 80 p.c. des passagers, estime-t-on, se seront enregistrés par Internet précédemment,
sera équipé de toutes les technologies qui permettent aujourd’hui la traçabilité
des passagers comme des bagages. De son côté, Air France se veut le fer de lance
des expérimentations des nouvelles technologies qui
assurent au voyageur autonomie et gain de temps. Exemple : la mise en place d'un
système qui permet à ses passagers en correspondance à CDG 2 d'imprimer leur parcours
à suivre à l'intérieur de l'aéroport, entre les différentes aérogares. Problème : les compagnies peuvent souvent se sentir seules à investir
dans ces nouvelles technologies. Ainsi, Air France souhaiterait promouvoir l'adoption de la RFID
par d'autres compagnies et aéroports afin de mettre en œuvre une véritable
stratégie de déploiement. C.B.
(#144
18 septembre 2007) Retour
en haut de la page Face à Internet, les agences se
transforment Malgré
l’explosion des ventes de voyage sur Internet, les événements du 11 septembre
2001 et le passage à la « commission zéro », les agences de voyage
ont su s’adapter, voire se réinventer, et un grand nombre de voyageurs sont néanmoins
restés fidèles aux agences de voyages qui ont su offrir une réelle valeur ajoutée. Dans
le même temps, les agences de voyages ont amélioré leur rentabilité. Si la vente
de billets d’avion, par exemple, qui n’apporte souvent que très peu de valeur
ajoutée, a sérieusement diminué, la clientèle reconnaît de plus en plus la valeur
du travail des agents et accepte volontiers de rémunérer ce service. Au-delà de
l’obtention d’un bon prix — quelquefois inférieur en agence par rapport à Internet
— les clients apprécient par exemple des conseils sur le choix de la meilleure
chambre, les suggestions de restaurants, les bons endroits à visiter, etc. Les agences détaillantes ont réalisé au cours de l’exercice
2006-2007 un chiffre d’affaires en hausse de 9,4 p.c. par rapport à l’année précédente.
Il est vrai que le nombre de points de vente a diminué de moitié mais le chiffre
d’affaires moyen par point de vente a grimpé de 64 p.c. depuis 1999. Attention : tout ceci se passe… au Québec. Où l’on observe
par ailleurs avec intérêt la tendance à l’aménagement du design des agences en
Europe, où certains lieux ressemblent plus à des boutiques d’arts qu’à des agences
de voyages. Certains ont importé de grands arbres exotiques. D’autres s’assurent
d’éveiller les sens avec des senteurs de thé, des bougies, des parfums, etc. pour
plonger à l’avance le visiteur dans un autre monde. Une
autre tendance semble aussi se dessiner, la vente d’articles de voyages. C’est
ce que propose par exemple le réseau de Voyageurs
du Monde, où l’on trouve par exemple des cartes, des GPS, des livres et autres
objets à valeur ajoutée pour le voyage. Certaines agences, à côté de
cocktails, conférences et autres ateliers photo, ont quant à elles développé une
facette culturelle de leur offre en proposant des expositions-ventes d’objets
artisanaux de tous les coins du monde, qui enrichissent la décoration et attirent
une nouvelle clientèle. [Réseau
de veille en tourisme] (#142
4 septembre 2007) Retour
en haut de la page Naissance de l’internaute expert Le colloque annuel organisé le 19 juin dernier par Guy Raffour a plus
que tenu ses promesses, avec des intervenants de qualité et une masse d’informations
nouvelles et passionnantes. L’étude que Guy Raffour mène chaque année auprès d’un
échantillon représentatif de Français sur leur comportement par rapport aux vacances,
a confirmé les tendances des années précédentes, à savoir que les vacances, pour
une majorité croissante, même, d’entre eux (57 p.c.), restent un besoin vital,
associé à une rigueur budgétaire croissante, elle aussi. Les chiffres confirment
aussi la fracture numérique : l’âge, les revenus, restent déterminants, mais
on constate une corrélation toujours plus grande entre le fait d’être internaute
et celui de partir en vacances : 75 p.c. des internautes, soit 21,3 millions
de Français, sont partis, une ou plusieurs fois, au cours de l’année 2006. Et
21 p.c. des Français qui sont partis en vacances ont réservé en ligne. Pour préparer
leurs séjours, 40 p.c. des Français ont recours à Internet, et 55 p.c. d’entre
eux ne consultent que des sites web. On voit encore que 20 p.c. n’avaient
pas de projet précis au départ, et que 21 p.c. de ceux qui en avaient un… on changé
d’avis ! On assiste manifestement à la naissance d’un internaute expert,
qui sait ce qu’il veut, ou qu’il ne veut pas, et qui sait de mieux en mieux se
procurer l’information nécessaire. Pour la première fois aussi, le taux de transformation moyen est majoritaire,
à 52 p.c. C’est l’hébergement (65 p.c.), suivi des transports (60 p.c.) qui se
taillent la part du lion, loin devant les séjours tout compris (32 p.c.) et les
activités de loisirs (19 p.c.). Les Français combinent aussi de plus en plus volontiers
les types de réservation, et sont de moins en moins fidèles à une destination
(66 p.c.) : on voit aussi, ici encore, l’émergence d’une demande pour des
séjours thématiques ou expérientiels. Quant au réchauffement climatique, il fait
déjà l’objet d’une réflexion naissante. Impossible de résumer ici les présentations des 22 intervenants qui se sont
succédé*. Epinglons cependant celle de Thierry Baudier, directeur général de Maison de la France, dont le site, qui
intégrera la cartographie à la fin de cette année, a permis de faire chuter de
800 à 350 tonnes la production de brochures en papier — ce ne sont pas les arbres
qui s’en plaindront. Celle d’Isabelle Bremond, directrice du CDT du Rhône, experte en anthropologie
prévisionnelle, qui gère un centre de ressources et d’accompagnement de projets
NTIC. De Claire Gagnaire, directrice générale de Sabre, un GDS qui, face à la concurrence,
évolue vers un agrégateur de contenus et fournisseur de solutions technologiques,
quand la réservation de 386.000 voyages par jour fait l’objet de 19.000 transactions
par seconde… Même inquiétude pour Ghislain d’Auvigny, directeur vente et distribution
du groupe Accor, qui a vu passer de 150, dans
les années 90, à… 16.000 le nombre de requêtes par réservation. Enfin, relevons encore le site de l’Office du tourisme du Portugal
qui, à l’instar de celui de la France, vise des cibles spécifiques, et dont tout
un contenu est disponible en partenariat, celui, bien connu, de Voyages SNCF, qui veut, explique Christophe
Léon, stimuler une demande pour « voyager autrement », et dont le comparateur
de CO2 reçoit 30.000 visites par jour ! Ou encore, dans le même ordre d’idées,
le joli site de Huttopia. Avec une nouvelle application téléchargeable gratuite, Mappi
s’inscrit dans le mouvement d’une demande croissante pour les géoservices, comme
le site de Rhône-Alpes TV, pour la télévision
par Internet au service du tourisme. Enfin, les interventions de Pascal Gaudfrin, DG d’ABCroisières,
créateur d’un moteur de recherche de croisières dynamique, et de Bruno Couly,
PDG d’Autoescape, auront montré que les
intermédiaires peuvent être aussi des partenaires et ont un rôle à jouer dès lors
qu’ils apportent une valeur ajoutée. CB. (*) On trouvera sur le CD Rom offert
aux participants et mis en vente à l’intention des absents, l’intégralité des
interventions au colloque, enrichie ( ?) d’une réflexion de Voyage
& technologies sur un an d’e-tourisme.(#140
3 juillet 2007) Retour
en haut de la page
Le
baromètre annuel Opodo : Internet au secours du « pouvoir partir »
Le Baromètre Opodo, réalisé en
janvier et février par le Cabinet Raffour
Interactif, mesure chaque année avec précision l’évolution des départs en
longs séjours marchands ou non et en courts séjours marchands, ainsi que l’utilisation
que font les Français de l’Internet pour préparer et réserver leurs voyages. Il
montre cette fois que, malgré un nombre croissant d’obstacles au voyage — hausses
de carburant, mesures de sécurité accrues, etc. — 60 p.c. des Français sont partis
en vacances en 2006, contre 62 p.c. en 2005. Leur première priorité reste les
vacances d’été, avec un taux de départ stable de 56 p.c. Et 10 millions de français
sont partis hors de l’hexagone. En revanche, et pour la première fois, les Français
sont moins volontiers partis pour des séjours payants inférieurs à quatre nuitées,
qui accusent une baisse de près de 10 p.c., soit 1,7 millions de moins qu’en 2005.
Pour la première fois aussi, les vacances marchandes (payantes) prennent le pas
sur les non marchandes : 17 millions de Français ont eu recours en 2006 à
un hébergement payant (+ 4 p.c.). La
France compte aujourd’hui 29,3 millions d’internautes (près de 3 millions
de plus qu’en 2005), dont les trois quarts sont partis en vacances en 2006, contre
41 p.c. des « non internautes » ! Sans doute aussi parce que le
Web donne plus de possibilités aux personnes à revenus modestes de pouvoir trouver
des offres qui correspondent mieux à leur budget. A preuve, le taux de départ
des foyers disposant de moins de 1200 € de revenus mensuels est de 63 p.c. pour
les internautes, contre seulement 21 p.c. pour les non internautes ! De même
pour les revenus moyens (de 1200 € à 1900 € mensuels) : 71 p.c. de départ
dans cette catégorie contre 44. L’e-touriste entre dans l’âge mûr,
montre encore le Baromètre Opodo. Ainsi, 12,4 millions de Français préparent désormais
leurs séjours sur Internet, et plus de 50 p.c. d’entre eux transforment leur recherche
en réservant en ligne. Au cours des trois dernières années, le nombre de personnes
préparant leurs séjours sur Internet a crû de 28 p.c. et celui des internautes
réservant entièrement ou en partie leurs séjours en ligne, de 66 p.c. ! Le
nombre d’acheteurs de voyages sur Internet a donc augmenté 2,3 fois plus vite
que celui des internautes. (#126
13 mars 2007) Retour
en haut de la page Le boom des sites de services Si, aujourd’hui, les grands acteurs de l’e-tourisme comme LastMinute.com, Promovacances.com,
Opodo.fr ou Voyages-SNCF.com captent une large part des quelque 4 milliards d’euros
dépensés en ligne en France dans le secteur du voyage, plusieurs nouveaux sites
ont fait le pari des marchés de niche :
-
-
Boutic Voyage,
spécialisée dans la vente de bagagerie de voyages, -
VoyageChic,
qui propose des hôtels haut de gamme à prix préférentiels, -
ou encore VitavieTravel,
une agence qui s’adresse aux personnes atteintes d’un handicap.
Mais depuis plusieurs mois, les sites de services
destinés à aider les voyageurs se multiplient et surfent sur le boom du voyage
en ligne. Plusieurs nouveautés sont épinglées par l’excellent blog You
Vox :
-
Coxoon,
qui se positionne comme le premier site communautaire de mise en relation des
voyageurs du monde entier, avec quatre catégories de services : chatter avec
des voyageurs, voyager par affinité, trouver un bon plan logement et faire des
rencontres ; -
MonVoyageur
qui, pour permettre aux voyageurs de partager leurs expériences personnelles (cf.
Voyage & technologies # 122),
utilise un système Wiki qui rend les pages Web librement modifiables par tous
les visiteurs ; -
Zanzivoyage,
qui se présente comme le moteur de recherche de conseils de voyageurs : recommandations,
bons plans et autres conseils entre internautes avant, par exemple, de partir
faire du shopping à Londres, -
auxquels on pourrait encore ajouter Train
d’union, qui se propose de mettre en relation les utilisateurs fréquents
du train en Europe, et bien sûr YouVox Voyage.
Dans la droite ligne de l'essor d’agences de voyage spécialisées,
le lancement de services en ligne innovants dédiés aux voyageurs apporterait donc
un accompagnement indispensable pour les nombreux internautes un peu perdus dans
la profusion des offres disponibles : les consommateurs cherchent à être
rassurés par d’autres internautes, qui ont partagé le même voyage ou vécu la même
aventure quelques mois avant eux. Il y a donc, conclut le blog, encore de la place
pour des services utiles tirant pleinement profit des possibilités offertes par
le web. [You Vox
Tech] (#124
27 février 2007) Retour
en haut de la page Et voici le carbon marketing !
L’hiver exceptionnellement chaud que nous connaissons n’est
sans doute pas étranger à une vaste prise de conscience du réchauffement de la
planète dans lequel, c’est aujourd’hui avéré, les émissions de dioxyde ce carbone
jouent un rôle essentiel. On voit ainsi fleurir les « carbon calculators », qui doivent théoriquement permettre de
montrer aux voyageurs le nombre d'émissions de CO2 produites ainsi que le coût
financier associé et de choisir ainsi le vol le moins
polluant. Dernier en date, celui de Carlson
Wagonlit, dont une version améliorée intégrera dès avril un outil de
self-booking. Ces initiatives correspondent-elles à un réel besoin, ou ne s’agit-il
que d’une mode passagère, voire d’une fumisterie ?
Car les voyageurs d'affaires, en tous cas, ne semblent pas
encore conscients de l'impact écologique des transports, comme le montre entre
autres une étude réalisée conjointement par l'ACTE et le spécialiste des logiciels
dédié à ce secteur, KDS : 67 p.c. des entreprises n'ont pas de politique
de développement durable en matière de voyage et 80 p.c. des sociétés sondées
ne mesurent pas les émissions de CO2 engendrées par leurs voyages. Elles regretteraient
cependant le manque d'outils de mesure des émissions et la quasi inexistence
d'offres « écologiques » de la part des fournisseurs de voyage, le
sujet devant être « au cœur de leurs réflexions en 2007 ».
« Il y a une demande », affirme pourtant Baudouin Gillis,
vice président Benelux de Carlson Wagonlit, citant l’exemple de son client, Dexia,
une grande banque belge, qui s’est engagée à publier les chiffres de sa consommation
de CO2… dans son rapport annuel. Le principe ? Pour chaque connexion
entre deux aéroports, les émissions de CO2 sont calculées, en fonction du type
d’appareil utilisé, sur base de la durée moyenne d’un vol présentant un coefficient
d’occupation moyen, etc. Les chiffres montrent, en fait, ce que tout le monde
sait déjà : un appareil récent, comme le B 757 ou l’A 340, consomme moins
qu’un avion de la génération précédente. Mais ils sont nécessairement faux puisque,
et tout le monde le sait aussi, la consommation d’un avion dépend d’une série
de facteurs comme son coefficient de chargement, la quantité de carburant emportée
— qui a elle-même un poids —, de l’itinéraire emprunté — dans certains cas, un
supplément de fuel généré par un petit détour compense les taxes à payer pour
le survol du pays voisin —, des conditions atmosphériques au moment du vol, du
survol de zones militaires, etc. Sachant que les pilotes essayent toujours d’optimiser
la consommation, au moins pour des raisons économiques. Et puis du trafic aérien :
«Le Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique (IPCC) estime qu'il
y aurait 12 p.c. d'inefficacité dans la gestion globale du trafic aérien, se traduisant
par 73 millions de tonnes d'émissions de CO2 gaspillés correspondant en valeur
à plus de 13 milliards de dollars», estime Giovanni Bisignani, directeur général
de l'IATA. En 2006, l’IATA a pu
optimiser 350 routes aériennes et permis ainsi d'économiser 6 millions de tonnes
de CO2. Mais il reste des problèmes sur tous les continents. L'approche vers Hong
Kong dure 25 minutes de trop par rapport au temps réellement nécessaire. Il y
a 10 minutes de trop entre Johannesburg et Londres, neuf entre Sao Paulo et Lima,
etc. Or,chaque minute de vol coûte environ 62 litres de kérosène et génère 160
kilos de CO2. « Les gouvernements sont plus prompts à rendre les vacances
plus chères au nom de l'environnement en introduisant de nouvelles taxes, qu’à
améliorer les infrastructures », observe fort justement Giovanni Bisignani,
[TNI] Un
ciel unique européen aiderait également à réduire les 18 millions de minutes
de retard que les voyageurs européens ont subis en 2006,
l'équivalent de trente-cinq appareils totalement improductifs
pendant un an. « L'Europe a une monnaie unique principale mais 34 fournisseurs de services
de navigation aérienne, qui coûtent chaque année 3,3 milliards d'euros aux compagnies
et 12 millions de tonnes de CO2 à l'environnement », remarque encore Giovanni
Bisignani. Or, les solutions techniques existent, et la réduction des émissions
de dioxyde de carbone est avant tout une question de volonté politique. Tout le
reste n’est que marketing. Claude Boumal (#123
20 février 2007) Retour
en haut de la page Les
agences en ligne ont-elles encore un avenir ? La
question, sans en avoir l’air, a été évoquée lors
de la conférence de PhoCusWright, la semaine dernière à Bruxelles.
Déjà l’an dernier, les résultats d’Orbitz avaient plombé ceux de sa maison-mère, Worldspan, tandis que ceux
d’Expedia s’étaient effondrés. Les experts estimaient
alors que 2006 serait une année difficile pour le modèle de l’agence en ligne,
sous la pression de ses fournisseurs et concurrents à la fois, ainsi qu’en raison
de l’émergence de nouveaux modèles de recherche, autant d’éléments qui devraient
avoir un impact sur le taux de croissance, le revenu et la marge opérationnelle.
(cf. Voyage & technologies # 89)
Aujourd’hui, PhoCusWright prévoit que 46 p.c. du volume
des réservations d'hôtels se feront sur les sites d'agences en ligne contre 60
p.c. en 2004 et que les sites des groupes hôteliers généreront 41 p.c. du volume
des réservations en 2007 contre 32 p.c. en 2004. Les tours opérateurs, quant à
eux, représenteront l'an prochain 13 p.c. du marché du voyage en ligne,
contre 7 p.c. en 2004. L’avenir d’ Opodo n’est donc pas écrit non plus, si l’on
en croit Philippe Chérèque, senior vice president corporate strategy d'Amadeus
IT group : « Opodo n’est pas un actif stratégique », a-t-il déclaré
lors de la même réunion. « C’est parce que nous n'avions pas accès au consommateur
final que nous avons investi dans Opodo — qui demeure tout de même la seule agence
de voyages en ligne européenne. Mais cela n’a pas été un choix technologique ».
Pour Thies Rheinsberg, directeur du
développement corporate chez TUI, le modèle des agences en ligne américaines
n’a pas fait la preuve de sa réussite en Europe. Les agences en ligne perdent
de plus en plus de parts de marché. En Allemagne, par exemple, le rapport entre
agences en ligne et TOs ou fournisseurs était de 46 contre 54 en 2002 : il
était en 2005 de 34 à 66 p.c. La raison, selon lui ? les tour opérateurs
ont aujourd’hui rattrapé leur retard, après avoir massivement investi dans les
technologies au cours de ces dernières années. Les agences en ligne doivent désormais
jouer le jeu des TO et se convertir à la vente d'hôtels et de voitures. Ni plus
ni moins. Sachant que les internautes se tournent
aussi de plus en plus volontiers vers les sites dits « de proximité »,
ou sociaux, leur avenir se trouve sans doute aussi dans le système des marques
blanches, qui se développe de plus en plus, mais aussi dans la fourniture d’outils
de packaging dynamique : toujours en Allemagne, et toujours dans le même
temps, le rapport est monté de 37 à 45 en sa faveur contre, on l’aura compris,
les voyages à forfait, lesquels subissent, de 63 à 55, une désaffection
continue. C.B. (#106
2 octobre 2006) Retour
en haut de la page La
technologie, passage obligé du transport aérien en Afrique Inventorier
les faiblesses mais aussi les forces ¾ plus
nombreuses qu’on n’imagine ¾
du transport aérien en Afrique, tel était l’un des objectifs du premier African
Airlines Forum, qui s’est tenu à Bamako les 6 et 7 avril derniers sur une
idée des organisateurs du Cannes Airlines Forum (cf. Voyage & technologies #75).
Car si l’Afrique ne représente
qu’une faible part du trafic aérien mondial (4,5 p.c.), son taux de croissance
est bien supérieur à la moyenne mondiale. Mais depuis la disparition d’Air Afrique,
le continent s’interroge : les liaisons se font essentiellement selon un
axe nord-sud avec des capitales européennes, au seul bénéfice de compagnies européennes
également. Une intéressante étude, sponsorisée par l’Union Européenne, montre
bien que l’Afrique ne dispose pas assez d’aéroports organisés en hubs et connectés
les uns aux autres, de sorte que le trafic interafricain doit le plus souvent
transiter par l’Europe. Malgré l’enclavement de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest
et Centrale, le trafic régional y est en stagnation. Sur 276 paires de villes,
seules une douzaine ont un trafic supérieur ou égal à 150 passagers par jour et
par sens… Le développement économique exige un réseau mieux développé, un maillage
plus étroit entre les principales cités africaines elles-mêmes.
Les compagnies africaines ¾ il y en a quelque trois cents ! ¾ souffrent,
dans leur ensemble, de sous-capitalisation qui freine la modernisation de leur
flotte, l’équipement des aéroports, etc. Mais les investisseurs privés sont rares.
De coûts d’exploitation trop élevés, de services déficients. On pointe aussi l’indifférence
des politiques, dont beaucoup considèrent encore la compagnie aérienne nationale
comme leur propriété privée : « détournements » d’avion selon leurs
besoins, billets gratuits pour toute la famille, etc. Un phénomène connu, qu’on
taisait jusqu’ici, mais qu’on a cette fois ouvertement dénoncé. Au
chapitre des points forts, au contraire, on peut épingler l’expérience des équipages
et les compétences du personnel, en particulier du personnel au sol, qui dispose
d’un centre de formation, à Bamako précisément, ouvert à tous les Africains. Des
salaires compétitifs, du support des Etats. Fousséni
Konate, président d’Abidjan Catering, qui présidait aussi
ce premier Forum, devait tracer quelques pistes, comme l’homogénéisation des flottes
en vue d’économies d’échelle, la mise en place de systèmes de distribution, outils
d’accès aux marchés mondiaux, et de contrôle, permettant d’optimiser les recettes
de chaque vol. Il faut, estime-t-il, s’orienter vers des compagnies communautaires,
impliquant plusieurs partenaires. Et lutter contre les dysfonctionnements, qui
demandent de profonds aménagements, des droits de trafics comme des infrastructures. Une
compagnie « régionale » africaine l’an prochain ? Secrétaire
général de l’Afraa, l’association des compagnies
aériennes africaines, Christian Folly-Kossy, plaide pour la définition d’objectifs
clairs et d’une stratégie appropriée. Il faut, dit-il, consolider, voire fusionner
plusieurs compagnies nationales. Mais un « vieux sage » africain, le
Togolais Gervais Koffi Djondo, président honoraire du groupe financier Ecobank,
aujourd’hui président de la SPCAR, Société
de Promotion pour une compagnie aérienne régionale, va plus loin, en plaidant
avec conviction pour la création d’une nouvelle compagnie régionale : « Le
cadre le permet, la réalité l’exige », dit-il. La Banque d’Investissement de la Communauté
Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
s’y est impliquée, de même que les Chambres de Commerce. Société de droit privé,
dont le capital est ouvert à toutes les compagnies, elle sera gérée par des professionnels,
indépendamment des pouvoirs politiques. Dakar a été choisie pour abriter son siège
sociale, tandis que le siège d’exploitation sera à Lomé. Avec l’objectif d’ « ouvrir
l’Afrique de façon transversale », la nouvelle compagnie ¾
on en est à l’élaboration du plan d’affaires ¾ pourrait voir le jour dès l’an prochain. Le projet a reçu,
en tous cas, à Bamako, le soutien des agences de voyage.
Qu’elles intègrent ou
non cet ambitieux projet, les compagnies aériennes africaines trouveront dans
les nouvelles technologies les moyens nécessaires à leur développement, estimait
Gaston Baganzicaha, représentant ProInvest. Avis partagé par le ministre
malien des Transports, Abdoulaye Goita : pour un « décollage durable »,
l’Afrique doit être à leur rendez-vous, et ce ne sera possible que dans un cadre
de partenariat. Mais des questions demeurent : les
compagnies seront-elles prêtes pour l’e-ticket, comme l’exige l’IATA, fin 2007 ? Il y a peu d’argent, peu
de compétences en IT, les aéroports ne sont pas assez automatisés, les télécoms
sont souvent difficiles…Il n’est sans doute pas trop tard, mais il est grand temps
¾ en février
dernier, 57 p.c. des compagnies dans le monde étaient déjà équipées ¾ car à défaut, elles n’auront plus
la collaboration de 60.000 agences de voyage dans le monde. L’accès limité à Internet
et le faible taux d’utilisation des cartes bancaires constituent un autre handicap.
Comme devait enfin le
souligner Bruno Frentzel, senior vice president de SITA,
on peut réduire les coûts en se focalisant sur la technologie, à condition de
choisir de préférence des systèmes ouverts, et d’utiliser des ressources partagées.
Ce
ne sont donc pas les défis qui manquent au secteur aérien en Afrique : le
grand mérite du premier African Airlines Forum ¾ que
parrainait, entre autres, notre propre partenaire SNBA ¾, aura été d’en dresser l’inventaire,
mais d’avoir aussi constitué le cadre d’un dialogue nécessaire d’où sont issues,
déjà, quelques ébauches de solution. Claude Boumal (# 96
25 avril 2006) Retour
en haut de la page
Les nouveaux internautes tirent les chiffres du tourisme vers
le haut
Les
résultats de l’enquête annuelle d’Opodo
sur le comportement des internautes français, réalisée par le cabinet Raffour, viennent d’être
rendus publics. Un échantillon représentatif de la population française élaboré
selon la méthode des quotas, mille entretiens en tête-à-tête réalisés à domicile,
en janvier, par des enquêteurs professionnels, systématiquement vérifiés :
il s’agit, pour Petra Friedman, directrice générale d’Opodo France, de l’étude
qualitative la plus sérieuse réalisée en France.
Celle-ci
apporte, bien sûr, de précieuses informations sur les habitudes des Français,
désormais très contrastées. Si 31,5 millions de personnes sont parties en vacances
en 2005, tous types de séjours confondus, c’était, pour près de la moitié, en
formule « non marchande » (+5,4 p.c.) : les départs en vacances
marchandes ont, eux, baissé de 5,9 p.c.. Les courts séjours ont connu, aussi,
un tassement, avec une baisse de la fréquence du nombre moyen de départs :
2,38 contre 2,63. Et si 11 p.c. des Français fractionnent leurs vacances, cela
signifie des séjours plus courts, donc moins de nuitées. Ce n’est pas que leur
pouvoir d’achat a baissé, mais ils sont un peu moins confiants dans l’avenir,
et préfèrent épargner ou investir. Pourtant, ils restent prêts, à 62 p.c. ¾ c’est 7,8 p.c. de plus que l’an dernier ! ¾ à sacrifier un poste budgétaire pour les vacances :
celles-ci passent alors devant l’électronique et l’habillement, des tendances
qui confirment que les vacances sont bien devenues un besoin vital, comme le dévoilait
déjà la précédente étude (cf. Voyage & technologies #62). L’afflux
des nouveaux internautes tire les chiffres
du tourisme vers le haut. Les internautes sont à présent 61 p.c. (+19,6 p.c.)
à préparer leurs vacances sur le web, soit 11,5 millions, soit 37 p.c. de ceux
qui partent. On compte même 49 p.c. des vacanciers qui ne préparent leur voyage
que sur Internet ! ¾ avis aux tour opérateurs :
ils pourraient aussi bien diviser par deux le tirage de leurs brochures…Ils sont
à présent 5,7 millions (+ 46 p.c. !) à réserver via Internet, soit 18 p.c.
de ceux qui sont partis, et le taux de conversion visiteurs/acheteurs est passé
de 41 à 49 p.c. ¾
Petra Friedman s’attend pour 2006 à une accélération.
Les
internautes sont toujours proportionnellement plus nombreux que les autres, et
leur nombre augmente plus vite, à partir à l’étranger et dans les Dom-tom :
+8p.c. contre +6,2 des Français. Les « urbains » aux revenus élevés
restent les plus grands consommateurs de voyage, mais les internautes ouvriers
et employés sont de plus en plus nombreux (52 p.c. contre 44 l’an dernier), et
53 p.c. d’entre eux passent à l’achat en ligne. On observe, aussi, une consommation
plus élevée de voyages sur Internet par les femmes. Surtout, elles passent plus
volontiers à l’achat que les hommes :47 p.c. contre 31, et même 66 p.c. pour
les 25 à 34 ans ! Enfin,
on ne sera pas surpris du succès des « last minute » : 19 p.c.
des Français, mais près de la moitié des réservations chez Opodo… Succès croissant,
aussi, pour les formules « all inclusive ». On apprend enfin que, si
la marque est déterminante, à 66 p.c., dans
le choix des internautes, les vacanciers reste infidèles aux destinations :
58 p.c. d’entre eux ne retourneront pas au même endroit l’été prochain. Alors,
au Canada ? Peut-être pas, puisque les Français, jusqu’ici, ne partent guère
en vacances dans les pays dont ils rêvent en fait le plus… C.B. Ces
chiffres, et de nombreux autres, seront abondamment commentés lors de la prochaine
conférence
« Nouvelles tendances de la consommation touristique en France » qu’organise
à Paris le cabinet Raffour le 27 juin.(#92
14 mars 2006) Retour
en haut de la page Le
« podcasting » a le vent en poupe Du
nom du baladeur i-Pod d’Apple, le podcasting désigne à présent n’importe
quel système portable susceptible de télécharger n’importe quel contenu :
de la musique, mais aussi de la vidéo et, bien sûr, des commentaires. Ultra
léger et peu encombrant, qu’il s’agisse de l’i-Pod — à la mémoire impressionnante
— où d’un « bon vieux » lecteur MP3 comme en possèdent tous les ados,
il fait aujourd’hui partie de la panoplie technologique minimum de l’honnête
homme du XXIème siècle. Qui s’est imposée en un an à peine : à la date
du 28 septembre 2004, une recherche sur le mot « podcast » ramenait
24 références, 100.000 un mois plus tard et… 115 millions aujourd’hui ! [Newsfactor Magazine]
La technologie se prête particulièrement
bien à la diffusion d’informations touristiques : la visite « guidée »
d’une ville, d’un musée ou d’un site historique peut ainsi se faire à son rythme
et dans la langue de son choix. Voyage
& technologies s’est souvent fait l’écho de diverses initiatives,
comme le PocketVox
(#82), les audio-guides de Virgin Atlantic sur New York et de d-tours
à Bruxelles (#63), la technologie de la société ESPRO (#51), le site de l’Etat de l’Ohio (#40), etc. Dernière en date :
la ville de Dublin, qui propose le téléchargement — gratuit —au départ du site
de l’Office de tourisme, de la première
d’une douzaine de promenades audio, agrémentées d’un guide au format PDF. Pionnière
dans le domaine des visites guidées sur support mobile — elle vient de lancer
en Arles RallyVisit®, à la découverte ludique d’un patrimoine — la société
française Voxinzebox, créatrice d’Allovisit,
propose
toujours les visites commentées de 35 destinations en France par téléphone portable,
mais celles-ci sont désormais également téléchargeables au format MP3. On
peut aujourd’hui trouver sur le Web des centaines de propositions de visites commentées
de musées, de villes voire de régions entières, à télécharger sur un i-Pod ou
au format MP3. Beaucoup sont gratuites, mais la
presque totalité sont encore évidemment en anglais. Aux
Etats-Unis, Soundwalk a déjà édité une
douzaine de guides sur différents quartiers de New York, mais aussi sur Paris
et Varanasi, téléchargeables au format MP3, comme sur le site d’Audiosteps, qui couvre New Orleans, Sacramento,
Philadelphia, Sans Francisco et Washington DC ainsi que, au Royaume Uni, Londres,
Bristol et Bath. Talking Street, pour
sa part, reste fidèle au téléphone portable mais ne propose encore que le Lower
East Side et Manhattan, à New York, et Washington DC, et pour 2006, Chicago, Las
Vegas, Los Angeles, Miami, Seattle, etc. Phénomène
connexe, le « blogueur » d’hier est devenu un « podcasteur »,
et les moteurs de recherche de blogs, comme Technorati,
qui se targue de plus de 26 millions de sites, se sont mis à traquer aussi les
Podcasts qui, avec le nouveau service de Yahoo !
ont désormais leur moteur de recherche spécialisé. Sa
rubrique « Travel » approche les 20.000 sites, parmi lesquels celui
de Gary Brembridge, Tips for Travellers.
Et l’i-Pod a, bien sûr, son site de news. Le
monde du podcast est en train d’exploser, et apportera sans doute une (partie
de) solution à une demande croissante de contenu. Accessoirement, voilà un nouveau
créneau pour la création d’entreprises et d’emplois pour des historiens, comédiens,
musiciens, traducteurs et techniciens. C.B. (janvier
2006) Retour
en haut de la page Tourism@
a confirmé sa vocation internationale Tourism@,
le salon des nouvelles technologies appliquées au tourisme, organisé conjointement
par la Chambre de commerce et d’Industrie de Nice-Côte d’Azur et Télécom Valley
— l’association regroupant les entreprises de Sophia Antipolis — a désigné les
lauréats de ses deux grands prix, chacun d’une valeur de 10.000 euros. Dans la
catégorie « Meilleure innovation technologique », le vainqueur est la
jeune société Cyrlink, basée à Toulon, qui a développé
et breveté un appareil assurant la réception des sons par les os du crâne :
ce dispositif sans fil, qui a une portée de plusieurs centaines de mètres, présente
de nombreuses applications liées au tourisme, par exemple pour les groupes accompagnés
d’un guide, qui n’aura plus à hurler pour se faire entendre ou attendre que ses
ouailles veuillent bien se rassembler… Le projet a aussi d’autres applications
dans le domaine des activités sportives, de sécurité, etc. Le
prix de la « Meilleure utilisation de la technologie » est allé à la
société d’exploitation de la station de Valberg et des Portes du Mercantour avec
un site de vente en ligne de forfaits ski « low cost » à la journée,
qui a déjà assuré l’an dernier 15 p.c. de son chiffre d’affaires. Une passerelle
est envisagée avec le site d’EasyJet, compte tenu des nombreux Anglais qui
utilisent la compagnie sur Nice pour aller skier dans les Alpes du Sud. Comme
l’an dernier, le jury, présidé cette fois par Petra Friedman, directrice générale
d’Opodo, a également attribué
quelques « palmiers » de consolation : Locationdevacancesexpress.com,
un comparateur de plus de 3.000 résidences de vacances, reçoit le palmier de l’Expertise.
Déjà lauréat d’une session précédente pour son produit AlloVisit, Voxinzebox
reçoit le palmier du m-tourisme pour l’évolution de son produit vers une plate-forme
de téléchargement de visites guidées au format MP3, déjà adopté par une quarantaine
de villes. Un Prix spécial du Jury est encore allé au château de Thoiry pour son « labyrinthe
du songe de Polyphile », la palme de l’originalité à Œil de Lynx,
support d’animation multimédia de Nokinomo, un palmier du Futur pour Ether,
dossier médical du voyageur réalisé par les étudiants de l’Essi à Sophia Antipolis, ainsi qu'à la société
Presencia pour son écran trisensoriel Scentys, son, images et… parfums ! Un
tiers des dossiers retenus — plus d’une soixantaine — avaient été déposés par
des entrepreneurs étrangers, confirmant ainsi la vocation de plus en plus internationale
de Tourism@, dont c’était la sixième édition.
C.B. (#76
8 novembre 2005) Retour
en haut de la page S’adapter
pour survivre : la technologie s’impose « S’adapter
pour survivre », tel était le thème du 14ème Cannes Airlines Forum
qui s’est tenu du 26 au 28 octobre. Si l’industrie affirme son dynamisme — on
est passé en vingt ans de 332 à 673 compagnies aériennes, 81 sont encore en projet
et on n’a enregistré dans le même temps que 90 faillites de sociétés de plus de
dix appareils — elle vit aujourd’hui dans un contexte difficile. On s’attend à
ce que, malgré une augmentation globale de 8,3 p.c. du trafic passagers, les pertes
cumulées des compagnies atteignent cette année près de 7,5 milliards de dollars.
Avec, il est vrai, des situations contrastées : ce sont surtout les compagnies
américaines qui sont le plus touchées : -8,85 milliards d’euros, alors que
les compagnies européennes sont plutôt en profit — 945 millions d’euros cumulés
pour les quatre premières d’entre elles, Air France/KLM, Lufthansa et British
Airways. Une inflation de taxes, des rigidités internes et, surtout, l’augmentation
de la facture pétrolière, qui intervient en moyenne pour un quart des coûts du
transport aérien, imposent une même obligation de progrès
et de changements. Ce ne sont
cependant pas les idées qui manquent. Président honoraire d’IATA, Pierre Jeanniot
a pointé à Cannes les domaines critiques, à commencer par les appareils, où l’aérodynamique,
l’électronique, le poids et les moteurs peuvent concourir, comme dans les tout
derniers modèles d’Airbus ou de Boeing, à une réduction de la consommation. L’optimisation
des flux dans les aéroports pourrait conduire à 18 p.c. d’économies de carburant :
3,6 milliards de dollars pour une seule minute par vol, correspondant aussi à
4,2 tonnes de CO2. On a également chiffré les
économies réalisables grâce au recours accru aux nouvelles technologies :
l’electronic ticketing généralisé représenterait un gain de 3 milliards de dollars
par an, le « web check in », 3,5 milliards, les CUSS — Common Use
Self Service, les bornes d’enregistrement multi-compagnies — 3,5 milliards
également. Le programme « Simplfy the
Business » mis en place par l’IATA semble pourtant tarder à porter ses
fruits. Imaginé dès 2004 et adopté par l’assemblée générale de l’IATA en juin
2005, il porte sur cinq points spécifiques — le futur aéroport de Berlin, prévu
pour 2015, se propose de les rencontrer tous — et dispose de moyens importants.
En août dernier, l’e-ticketing connaissait un taux de pénétration de 33 p.c.,
mais on ne comptera encore, fin 2005, que huit aéroports équipés de bornes CUSS…
Quand on sait que les pertes de bagages coûtent aux compagnies 1,6 milliards de
dollars chaque année, les bénéfices que peut apporter la technologie RFID restent
à valider. Jusqu’ici, cette technologie — que certains verraient bien appliquée
aux passagers eux-mêmes — n’a pas vraiment démontré sa supériorité, notamment
en raison du coût actuel des puces et, surtout, de problèmes de compatibilité
entre les bandes UHF de différentes régions. Des standards définitifs doivent
être adoptés d’ici la fin de l’année encore. L’IATA,
dans le courant de 2006, estime Philippe Bruyère, directeur du projet StB,
devra donc apporter un soutien accru aux compagnies qui ont tardé dans la mise
en oeuvre du programme et accélérer le processus. Notamment dans la mise en place
du Bar Code Boarding Pass (BCBP), une technologie qui ne demande pas d’investissements
majeurs. Enfin, le programme e-freight est encore plus ambitieux, qui se
propose de supprimer le papier, alors que chaque envoi aérien nécessite aujourd’hui
de 25 à 30 documents différents… Les alliances
n’ont pas permis d’éviter la crise, constate Didier Bréchemier, directeur
chez Roland Berger Strategy Consultant : les cinq premières compagnies aériennes
totalisent encore 35 p.c. du marché. Il prédit la fin des alliances, au bénéfice
de rapprochements géographiques — telle la fusion Air France-KLM — et d’autant
que plus d’une vingtaine de low cost sont apparues chaque année en Europe
depuis 1992. Plusieurs évolutions ou ruptures sont possibles, selon lui, pour
s’adapter. Des restructurations de flottes, consolidations ; une externalisation
de plus de métiers, y compris du personnel navigant. On verra aussi apparaître
de nouveaux business models, comme des associations entre compagnies traditionnelles
et low cost, et des LCC long courrier. Mais ce sont les ruptures technologiques
sur la touchée qui devraient être les plus spectaculaires, avec l’apparition de
nouvelles infrastructures d’ici cinq ans, dans le traitement des passagers — notamment
la gestion des files d’attente — et les modes de distribution. Dans ce paysage
en mutation, les aéroports, estime-t-il, joueront un
rôle d’assembleur principal de tous les aspects juridiques, d’infrastructures
et technologiques. Un bel exemple, présenté par son directeur, Jean-Pierre Jobin,
est celui de l’aéroport de Genève, dont l’ancienne aérogare est devenue un terminal
« simplifié », dédié aux low cost, offrant des prestations différentes
et, donc, des tarifs différenciés. Le rail
n’échappe pas au besoin d’adaptation, souligne Guillaume Pepy, directeur général
de la SNCF et président d’Eurostar : alors que le TGV fait désormais jeu
égal avec l’avion pour les trajets égaux ou inférieurs à 4 heures 30, la mise
en service de l’iDTGV a permis de gagner 4 points de parts de marché sur Paris-Marseille.
Le site de Roissy a identifié un million de passagers communs au TGV et à l’aérien.
D’ici 2015, les trains à grande vitesse — plus de 250 Km/h est le critère — transporteront
100 millions de passagers en Europe et, en 2020, le nombre de lignes aura été
multiplié par cinq. Et, déjà, 20 p.c. des billets émis le sont sur Internet.
Avec le marché unique européen, dont on n’a pas encore
tiré toutes les conséquences, mais dont le modèle va sans doute progressivement
s’imposer dans le monde, pense Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France, la révolution
Internet est un des éléments majeurs pour l’avenir des compagnies aériennes. D’une
part, les barrières des systèmes commerciaux traditionnels ont disparu, rendant
par exemple les « hard sales » complètement inutiles. D’autre part,
parce qu’Internet permet une « comparabilité » totale des tarifs :
« désormais, ce sont les clients qui fixent les prix, les débats secondaires
sont réglés par la réalité du marché », constate Jean-Cyril Spinetta. La
part des coupons Internet sur base de la contribution domestique en France est
à présent de 30 p.c.. Sur le marché italien, par exemple,
cela représente un coût par billet amoindri de 14 euros, et même de 20 euros dans
le cas d’une augmentation de chiffre d’affaires de 30 p.c. Pour Bruno Frentzel,
senior vice president Sales & Distribution de Sita, la promesse des technologies
est de descendre à un coût unitaire de traitement des billets inférieur
à 10 cents. Les
moteurs de recherche en sont une illustration : quand un agent de comptoir
effectuait jadis en moyenne 40 transactions par booking, on en est aujourd’hui,
pour une base 100 en 1997, à 1.500 transactions sur Expedia ou un GDS, chiffre
qui devrait plus que doubler l’année prochaine. La
réduction des coûts vient aussi de la réduction du coût unitaire des appareils.
Le coût du siège au mile est tombé par exemple de 30 p.c. entre l’A320 et l’A380.
La densification des avions, estime encore le PDG d’Air France, permet d’offrir
11 p.c. de capacité supplémentaire, pour un coût de 3,5 p.c.
inférieur. Parallèlement,
l’amélioration des performances peut venir d’une augmentation des fréquences (+82
p.c. chez Air France) et d’une meilleure gestion des connexions qui, chez Air
France toujours, génèrent entre 50 et 150 p.c. de trafic supplémentaire :
aux 59 arrivées de moyens courriers avant 9:30 h et 21 départs long courriers
entre 10:15 h et 11:00 h correspondent donc 1.319 combinaisons possibles.
Si donc la réalité économique des « legacy carriers »
est contrastée, il n’est pas non plus de réponse unique aux défis qui leur sont
lancés. Ce qui ressort en tous cas de ces deux journées, très denses, de réflexion,
est que la technologie doit être plus que jamais au centre des préoccupations
de tous les responsables de l’industrie aérienne. Le message a été bien reçu.
C.B. (#75
1er novembre 2005) Retour
en haut de la page Une
typologie de l’e-touriste Dans
la foulée de l’étude publiée par Guy Raffour en
juin dernier (cf. Voyage & technologies # 62), Yahoo ! Kelkoo
et Overture se sont intéressés de plus près aux usages et comportements
des e-touristes. Les résultats de ce « complément d’enquête » ont été
publiés à l’occasion de TopResa et sont disponibles intégralement ici. Ils
montrent que tous les e-touristes n’ont pas tous les mêmes habitudes de réservation
et d’achat, qui varient selon leur degré d’investissement
dans le Web. Les recherches des internautes sont le fruit de choix et de besoins
différenciés. Et la recherche du meilleur prix, par exemple, n’est pas sa seule
motivation. Les auteurs
de l’étude une typologie qui distingue trois catégories d’e-touristes : -
l’instigateur alternatif fait appel à une multitude de sources d’information,
dont Internet, bien que prioritaire, n’est qu’une composante. Ses achats en ligne
sont relativement peu impliquants, souvent résumé à du transport « sec » :
les moins de 25 ans et les plus de 45 ans sont les plus représentés au sein de
ce groupe. - l’hébergé
interactif : généralement âgé de plus de 35 ans, vivant en couple ou
en famille, son usage d’Internet est associé à un comportement d’achat ou de réservation
d’un hébergement. Avant de commencer sa recherche sur Internet, il a déjà une
idée claire de sa destination. -
l ’acheteur conquis : Internet est pour lui,
souvent âgé de moins de 35 ans et célibataire, le meilleur moyen d’acheter au
meilleur prix. Il fréquente assidûment les sites d’accès à la transaction commerciale
et achète le plus fréquemment ses billets d’avion, loue des voitures ou achète
des forfaits en ligne. Retour
en haut de la page Mobissimo
débarque en Europe Bien
que déjà opérationnel, cest officiellement vendredi,
dans le cadre de Top Resa, que la version française du métamoteur
Mobissimo sera inaugurée. Avec à
sa tête Béatrice Tarka, Française dorigine polonaise,
expatriée aux Etats-Unis, cofondatrice de France Portage puis PDG
dAxall Media, qui lui apporte son expérience de lindustrie
du voyage et des marchés de consommation.
La France serait-elle la première étape dun déploiement
mondial ? Tout à
fait. Nous irons sans doute aussi dans la région Asie-Pacifique, mais nous
commençons par lEurope : après la France, nous comptons ouvrir
dans les prochains mois des filiales en Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne
et en Espagne lordre chronologique nest pas encore fixé.
Quest-ce qui vous différencie
des autres comparateurs, comme Kayak ?
Dabord, nous avons les partenaires exclusifs les plus nombreux, comme American
Airlines, dont nous sommes le seul métamoteur de recherche autorisé.
Ensuite, nous avons une technologie propriétaire. Enfin, nous sommes les
plus développés à linternational. En particulier sur
le segment des low cost : nous avons des accords avec pas moins de 51 compagnies
! Faites lexpérience de chercher un vol entre Bangkok et Hong Kong
: vous en trouverez aux environs de 400 dollars sur Opodo, et 50 dollars sur Mobissimo
! Quest-ce
qui distingue le site français de la version .com ?
Il est bien sûr en français.
Pour le reste, nous allons progressivement implanter les nouveaux produits, déjà
testés avec succès aux Etats-Unis, comme Mobicombo, qui permet
de combiner des vols sur des compagnies régulières et sur des low
cost. Cela a très bien marché cet été avec des destinations
telles que Zagreb, Varsovie, Athènes,
Cela permet la plupart du temps
davoir moins de stops et de meilleures connexions. Un San Francisco-Pise,
par exemple, nest possible que via Londres et avec easyjet. Nous prévoyons
cette extension pour la fin de lannée.
Quel est votre modèle économique ?
Il y a deux grandes sources de revenus : publicitaires, avec des bandeaux, des
liens sponsorisés sur le site, et daffiliation : de grandes agences
de voyage comme Opodo, des hôtels en direct, et certaines compagnies aériennes.
Sinon, nous navons pas daccords commerciaux avec les compagnies aériennes.
Nous aimons cependant travailler avec elles sur un mode consensuel : cela nous
permet un contenu plus riche. Par exemple, si nous avons accès aux champs
XML, nous disposons de plus dinformations, comme par exemple les conditions
dupgrading, etc.
A quel public vous adressez-vous ?
Nous ne sommes pas, et nous ne voulons pas être une agence de voyage, même
si nous lançons de nouveaux services aux consommateurs. Nous observons
par exemple avec intérêt des initiatives comme Groople
(cf Voyage & technologies # 25). Nous sommes un lien entre lagence
de voyage, les consolidateurs, les compagnies aériennes et les utilisateurs.
Mais il est clair que nous nous adressons essentiellement au consommateur final. Propos
recueillis par Claude Boumal (#69
- 20 septembre 2005) Retour
en haut de la page Faut-il
« déréguler » les GDS ? C’est
normalement dans le courant de ce mois de septembre que la Commission Européenne
pourrait se prononcer sur les recommandations du Brattle Group sur la dérégulation
des GDS, un rapport de 111 pages commandé par la Direction Générale Transport
et Energie dès 2002. Les
éventuels changements qui affecteraient le secteur ne devraient cependant pas
porter effet avant la fin de l’année 2006 au plus tôt — sinon même, selon certains
experts, avant trois ou quatre ans. La
Commission a d’abord attendu de pouvoir mesurer les premiers effets de la dérégulation
intervenue aux Etats-Unis en juillet 2004 ; elle s’est ensuite donné le temps
de considérer le cas particulier d’Amadeus et l’avenir de ses relations avec les
trois compagnies fondatrices, Air France, Lufthansa et Iberia. Enfin, la constitution
d’une nouvelle Commission a encore quelque peu retardé l’arrivée de ce dossier
sur la table. L’obsession
de Bruxelles, on le sait, est de favoriser les conditions d’une réelle concurrence
entre les entreprises en général, notamment en éliminant les situations de monopole
qui nuisent à la liberté de choix du consommateur final comme au niveau des prix.
Or, les GDS, à l’origine du moins, ont été créés par des compagnies aériennes :
la Commission estime qu’ils favorisent dès lors leurs compagnies partenaires en
affichant prioritairement leurs vols au détriment de leurs concurrents. « Faux ! »
rétorque-t-on chez Amadeus — le GDS le plus concerné par le projet — où l’on souligne
que pas moins de 149 compagnies aériennes utilisent son système pour leurs propres
réservations. Le
rapport Brattle dégagaite trois scénarios possibles… dont l'un prenait en
compte le maintien de la présence des trois grandes compagnies européennes dans
Amadeus, les changements les plus importants portant sur l’interdiction d’une
discrimination entre compagnies basée sur les fees et services. Il estimait aussi
qu’un désinvestissement des compagnies aériennes n’éliminerait pas pour autant
le risque de voir se maintenir des relations suffisamment fortes et un partage
des bénéfices… Or,
la donne a quelque peu changé depuis la première réunion du Brattle Group.
D’une part, Amadeus et pour de toutes autres raisons s’est entre-temps
vendu à un fonds d’investissements… auquel ont participé ses trois compagnies
fondatrices (cf. Voyage & technologies #65) : leur présence par
intermédiaire doit-elle encore être considérée comme significative ?
D'autre part, l’émergence de puissants outils comparatifs
de prix, comme Mobissimo ou Kayak, menace désormais les GDS et, plus encore,
l’arrivée des GNE — GDS New Entrants
— que sont notamment G2 SwitchWorks
et ITA (cf. Voyage & technologies #55), lesquels ne font pas mystère
de leur intention de s’attaquer au marché européen. Star
Alliance qui, avec ses seize membres représentant 29 p.c. du chiffre d’affaires
aérien mondial, annonçait récemment qu’elle étudiait les nouvelles fonctionnalités
offertes par ces GNE, comme des solutions sur mesure pour les voyageurs d’affaires,
que les GDS actuels sont en peine de proposer. Air Canada, SAS, Singapore Airlines,
United et même Lufthansa se sont jointes à cette initiative.
Le souci de chaque compagnie est
bien sûr de réduire ses coûts de distribution. Chacune a développé son propre
site Internet, et de plus en plus nombreux sont les internautes qui se rendent
d’abord sur un site généralisteavant de finaliser leur réservation sur
celui de la compagnie aérienne de leur choix, qui voit ainsi s'accroître de jour
en jour une clientèle captive et fidélisée L’avenir
des GDS n’est donc pas écrit : aussi performante que soit la technologie
qu’ils ont développée — ce sont des dizaines de millions de tarifs et de sièges
en stock qui sont traités chaque jour ! — il dépendra du succès des GNE,
mais aussi de l’évolution des solutions proposées sur Internet par les agrégateurs,
les comparateurs et les compagnies aériennes elles-mêmes. Et plus encore, du marché
et de la conjoncture. En attendant, la valse des fusions et acquisitions a débouché
sur une recomposition totale du paysage, où les GDS se sont de plus en
plus impliqués dans la vente en ligne au grand public et aux entreprises.
Ils gardent pourtant leurs supporters,
ceux du statu quo : aussi longtemps qu’une compagnie aérienne conserve
le contrôle d’un GDS, une forme de gouvernance reste nécessaire pour assurer les
conditions de la concurrence. A défaut, une dérégulation totale aurait des conséquences
désastreuses, craignent-ils, sur les relations entre fournisseurs, distributeurs
et clients. Pour les entreprises en tous cas, estime par exemple Peter Sijbers,
président EMEA de l’ACTE, il est vital que
les GDS puissent continuer à distribuer le contenu le plus large possible. C.B.
(#67
6 septembre 2005) Retour
en haut de la page Les
vacances, un « besoin vital » pour 52 p.c. des Français
Les Français sont
toujours plus nombreux à partir en vacances à létranger
: 31 p.c. dentre eux, contre 21 p.c. en 2003, dont plus de six millions
dinternautes. Ils se situent dans la moyenne européenne, où
les Britanniques (75 p.c.) sont les plus mobiles, et les Espagnols, les plus casaniers.
Ils partent plus loin, et plus souvent, mais surtout, ils sont de plus en plus
nombreux à utiliser Internet : en 2004, 12 p.c. des Français partis
ont réservé leurs vacances sur la Toile : cest la moitié
en plus par rapport à lannée précédente. Cest-ce
que révèle létude sur les nouvelles tendances de consommation
touristique que vient de dévoiler le cabinet spécialisé Raffour
Interactif, lors dun colloque sest tenu à Paris vendredi dernier.
Cette étude apporte, par ailleurs, des éclairages très intéressants
sur le comportement des internautes. Elle montre, par exemple, que ceux-ci ont
un taux de départ supérieur à la moyenne, 76% contre 53%
contre les non internautes, quelle que soit la durée du séjour.
Quils fractionnent encore plus volontiers leurs séjours
et
sont toujours plus nombreux à réserver en dernière minute.
Le
prix, cinquième critère seulement Si on ne sera pas surpris
dapprendre que les accros à Internet se recrutent surtout chez les
25-45 ans, dun niveau détudes supérieur, à Paris
et dans les grandes villes cest même un tiers des Franciliens
on notera que la destination est le premier critère de choix pour
70% et un séjour thématique pour 30%. Les données du moteur
de shoppping Kelkoo démontrent que le prix des vacances n'intervient qu'en
cinquième position pour 15 p.c. seulement des internautes dans leurs
critères de recherche. De nouvelles tendances se dégagent
aussi de cette étude, dont la principale est que, pour la première
fois, une majorité de Français (52 p.c., et même 55 p.c. des
internautes) se disent prêts à sacrifier dautres dépenses
au profit des vacances, désormais considérées comme un besoin
vital. Un tiers des Français partis ont préparé leur
voyage sur le Net surtout les moins de 25 ans, mais aussi les plus de 65!
en consultant en moyenne 5,2 sites. La plupart ne font appel à aucun
intermédiaire : le cabinet Raffour Interactif a même dénombré
43 p.c. de e-touristes français qui ne se sont informés que
sur Internet. Et leurs besoins sont clairement exprimés, leurs recherches
de plus en plus précises. Par
la même occasion, le rapport sur le-tourisme, réalisé
auprès de professionnels du secteur par Raffour Interactif a la demande
du Conseil National du
Tourisme, a également fait lobjet dune évaluation.
Il en ressort quInternet est désormais considéré comme
une nouvelle zone de chalandise (88 p.c.), que le consommateur devient de plus
en plus un expert (64 p.c.) et organise son séjour en fonction de linformation
disponible on line (87 p.c.). La réussite ou léchec dun
site de tourisme, enfin, dépend principalement de la qualité de
son contenu et de sa fiabilité, de son ergonomie, de sa thématisation
et de son référencement. Ces études peuvent être
commandées sur le site : http://www.raffour-interactif.fr
. C.B. (#62
24 juin 2005) Retour
en haut de la page Le
forfait téléphone arrive Il
ne fait pas de doute que la téléphonie via Internet sera la grande
affaire de ces prochains mois. Pourquoi deux abonnements ? Pourquoi, surtout,
payer un prix —souvent prohibitif — pour une communication phonique en fonction
de sa durée, alors qu'un forfait Internet permet de se connecter n'importe
où dans le monde aussi longtemps qu'on veut ? D'autant que la technologie
est aujourd'hui bien au point et que les logiciels disponibles permettent ou permettront
la connexion indépendamment du support (ADSL ou câble) ou du fournisseur
d'accès. On estime que, d'ici
2008, 44 p.c. des communications téléphoniques d'entreprises passeront
par Internet. Déjà, des réseaux privés, comme celui
des utilisateurs français de Sabre Travel Network, utilisent le Net pour
leurs propres besoins en téléphonie (cf Voyage & technologies
#9). Gratuit ou payant ? Voici
que, simultanément, plusieurs opérateurs lancent des produits qui
permettront à tout le monde de téléphoner sur le réseau,
gratuitement ou en échange d'un forfait modique. Quelques exemples : aux
Etats-Unis, StanaPhone permet de recevoir
et d'envoyer gratuitement des appels via le Net au départ de n'importe
quel numéro des Etats-Unis, du Canada et d'une série d'autres pays,
avec la qualité d'une ligne commutée terrestre. [emediawire]
En France, Wanadoo s'apprête à lancer un forfait téléphonique
illimité sur Internet au tarif de 10 euros par mois, tandis que les communications
seront gratuites entre abonnés d'Altern Telecom,
qui lance la première offre de téléphonie à haut débit
pour les particuliers dans l'Hexagone, indépendamment du fournisseur. Un
boîtier est directement relié au modem adsl ou au câble de
l'abonné qui peut recevoir ou émettre des appels à partir
d'un téléphone classique. Les appels entre abonnés sont gratuits,
quel que soit leur lieu de résidence. De plus, Altern Telecom attribue
à chaque abonné un numéro relatif à son boîtier,
de sorte que celui-ci est utilisable partout dans le monde. [Zescoop,]
Enfin, d'ici la fin de l'année, Skype
— créé par les inventeurs de KaZaA, la célèbre plate-forme
d'échange de musique en ligne — devrait proposer deux formules d'abonnement
en parallèle avec sa téléphonie gratuite : la première
permettant de recevoir des appels de n'importe quel abonné à la
téléphonie fixe ou mobile, la seconde, d'appeler un téléphone
fixe ou un GSM. [La
Vie du Net] Que la téléphonie
via Internet sonne le glas de la facturation liée à la durée
des appels est désormais une certitude. L'idée doit sans doute donner
des cheveux blancs aux opérateurs téléphoniques classiques,
mais ce ne sont certainement pas les professionnels dont l'activité est
liée au voyage qui s'en plaindront ! C.B.(#21
15
juin 2004) Retour
en haut de la page La
mort annoncée du Viewdata Dans
les années '70, alors qu'il n'existait aucun autre système de diffusion
de l'information par voie électronique, l'industrie du voyage avait déjà
compris tout le parti qu'elle pouvait tirer de la technologie Viewdata, autorisant
l'affichage de textes et des requêtes à une base de données,
fût-elle rudimentaire. La technique
consiste, schématiquement, à envoyer un signal sur deux des lignes
qui composent une image télévisée et d'y injecter des caractères
alphanumériques ou mosaïques, afin d'alimenter une mémoire
où se construisent des "pages" à accès séquentiel. Le
"télétexte", qui associe le téléphone et un écran,
repose sur la même technologie d'affichage, le signal étant véhiculé
ici par la ligne téléphonique. Il a cependant souffert, dès
ses débuts, de quelques handicaps graves. Le premier, tout bêtement,
est que les prises d'antenne de télévision et de téléphone
sont rarement l'une à côté de l'autre... Le deuxième
était la vitesse de téléchargement, due à la vétusté
des lignes — qui n'avaient jusque là d'autre usage que de transporter un
signal analogique de la voix d'une qualité à peu près acceptable.
Mais surtout, plusieurs systèmes se sont rapidement trouvés en concurrence:
le français et l'anglais, avec une variante allemande pour celui-ci, auquel
s'ajoutait un système canadien, incontestablement le plus achevé,
et bien entendu, un japonais. L'enjeu, croyait-on, était d'importance planétaire,
comparable à ce qu'avait été la guerre des standards en télévision
: hors exportation, donc, point de salut. Faute d'un intérêt réel
du public — et faute de contenu... — aucun système ne parvint véritablement
à s'imposer, la France, pour sa part, ayant choisi de développer
le célèbre Minitel, qui continue à être largement utilisé
aujourd'hui... mais en France seulement. Un
arrêt sans appel En Grande-Bretagne,
la technologie Viewdata supporte toujours de nombreuses applications dans le monde
du tourisme. Beaucoup d'agents de voyage l'utilisent encore chaque jour : pour
qui y est familiarisé, c'est une technologie simple et efficace. Et un
opérateur comme Seligo, qui vend des
séjours hôteliers et des tickets d'entrée dans tous les parcs
d'attraction du monde entier, avoue réaliser la moitié de
son chiffre d'affaires via le Viewdata... — mais pour combien de temps encore
? TTI,
l'influent Travel Technology Initiative, qui regroupe une centaine des principaux
acteurs du voyage en Europe, en recommandant dans les prochaines semaines deux
nouveaux standards d'échange de données, signera sans doute l'arrêt
de mort définitif et sans appel du Viewdata. Un comité de douze
experts, représentant les tour opérateurs, les fournisseurs et les
développeurs de logiciels de réservation, s'est en effet prononcé
positivement sur TOPAS, Tour Operator Product Availibility System, un nouveau
standard pour l'échange d'informations sur les disponibilités de
vacances, et surtout XML, comme support de messages pour les réservations,
qui s'imposera progressivement sur Internet. C.B. [Sources: Eye
for Travel] (#
19
1er juin 2004) Retour
en haut de la page Ce
qui nous attend d'ici cinq ans Une
étude du groupe britannique EIBTM,
par ailleurs spécialisée sur le segment du MICE, examine l'évolution
technologique et les tendances dans le secteur du voyage pour les cinq années
à venir. Si les ordinateurs
continueront à être toujours plus rapides, meilleurs et moins chers,
il faut s'attendre à une évolution plus rapide encore de la technologie
téléphonique mobile, et notamment une convergence graduelle entre
les PDA et les GSM, qui vont en intégrer peu à peu les fonctions,
comme l'accès à Internet à haut débit, et offriront
des services de plus en plus sophistiqués. Et d'ici 2009, grâce au
Wi-Fi, tous les ordinateurs portables pourront accéder partout à
l'Internet à large bande, y compris à bord des avions de ligne,
le même réseau étant aussi utilisé pour véhiculer
les conversations téléphoniques grâce à la technologie
VoIP. On ne sera pas surpris de constater
le rôle croissant d'Internet dans la distribution, qui sera, d'ici la fin
de la décennie, le système préféré pour le
corporate travel également. Quant aux GDS, la "dérégulation"
prévue en 2005 va les contraindre à diversifier leurs sources de
revenus en s'impliquant dans de nouveaux produits et services. Ils devront proposer
des prix plus compétitifs et intégrer de nouveaux fournisseurs,
comme les low cost, ce qui devrait être tout bénéfice pour
le consommateur final. Sur le Net,
tout reste à faire ! On
est encore très loin d'avoir épuisé toutes les possibilités
d'Internet. Les prochaines années vont voir se développer l'usage
de la photographie panoramique, des images en trois dimensions, des messages e-mail
personnalisés recourant à la video, etc. Et l'offre en matière
de sites web ne cessant de s'étendre, il faudra sans doute songer à
établir un format standard pour faire face à la demande. Dans
le secteur des congrès et séminaires en particulier, la technologie
d'identification par fréquence radio devrait progressivement remplacer
les codes à barres. La sécurité dans les endroits sensibles,
principalement les aéroports, sera assurée par une combinaison de
technologies de reconnaissance faciale, de l'iris et des empreintes digitales,
pas encore assez fiables, cependant, pour éviter de nombreuses erreurs
et, pour les voyageurs, un allongement des délais aux postes d'entrée
comme de sortie... Enfin, alors que
la Commission Européenne prévoit d'ici la fin de la décennie
une augmentation de 24 p.c. de la demande de transport aérien, les compagnies
low cost connaîtront un |