|
Voyage & technologies
est une newsletter hebdomadaire destinée aux professionnels du tourisme et
du voyage. 2004
Office
in the sky: la nouvelle
bataille du ciel Les
aéroports ont la sécurité à l'oeil Ce
qui nous attend d'ici cinq ans La
mort annoncée du Viewdata Le
forfait téléphone arrive 2005 Les
vacances, un besoin vital pour les Français Faut-il
déréguler les GDS ? Mobissimo
débarque en Europe Une
typologie de l'e-touriste S'adapter
pour survivre : la technologie s'impose Tourism@
a confirmé sa vocation internationale 2006 Le
podcasting a le vent en poupe Les
nouveaux internautes tirents les chiffres du tourtisme vers le haut La
technologie, passage obligé du transport aérien en Afrique Les
agences en ligne ont-elles encore un avenir ? 2007 Et
voici le carbon marketing! Le
boom des sites de services Le
baromètre annuel Opodo : Internet au secours du « pouvoir partir » Naissance
de l'internaute expert Face
à Interenet, les agences se transforment Vers
l'aéroport self service Le
tourisme au coeur du m-marketing Le
self-service de plus en plus populaire |

Accueil
| Archives | WAF La
technologie, une réponse (partielle) à la crise de l’aérien Le
World Air transport Forum, qui vient de
se tenir à Paris, a sans doute posé plus de questions — mais c’est la loi du genre
— qu’il n’a apporté de réponses à la crise qui s’abat soudainement sur le transport
aérien. Une crise qui aura d’abord pour premier effet de voir le secteur poursuivre
son nettoyage : la faillite de Sterling, le rachat de BMI par Lufthansa et
le feu vert à la fusion Delta/Northwest, ces trois informations sont tombées au
cours des trois seules journées du forum… Et d’après Marc Dufour, président de
MD Conseil, plus de 100.000 emplois auraient déjà été perdus dans l’industrie
aéronautique. Alors
que, un an plus tôt, on s’attendait à ce que le secteur aérien enregistre,
et pour la première fois depuis longtemps, un bonus de 5,2 milliards de dollars,
c’est le même chiffre, mais en pertes, qu’il faut à présent inscrire à son débit.
La situation que doit affronter le secteur aérien, selon Jean-Cyril Spinetta,
PDG d’Air France KLM, est la conjonction
de trois crises : boursière, monétaire et pétrolière. A la crise financière,
on ne peut opposer qu’un bilan solide et un endettement faible. Mais même pour
Air France KLM, prévenait-il déjà quelques jours auparavant, « il sera très
difficile d’atteindre l’objectif d’un résultat opérationnel d’un milliard d’euros »,
et encore, pour autant que la crise financière actuelle ne s’aggrave pas... [ABTN]
« Les low cost, peste Spinetta, brouillent la perception : les
subventions, que l’on avait supprimées, reviennent par la porte de derrière. Absurde,
dès lors, de taxer encore le transport aérien ! ». Au
niveau du crédit, paradoxalement, et si l’on en croit Christian Mc Cormick, DG
délégué de Natixis Transport France, s’il
n’y a plus aujourd’hui que 30 p.c. des banques qui soient encore actives dans
le financement des avions, on en livrera en 2009 pour 65 milliards de dollars.
Mais si la construction aéronautique enregistre moins de 30 p.c. d’annulations
de commandes, et à condition que la crise dure moins d’un an, les constructeurs
ne devraient pas avoir à ralentir leur production. Quant
au pétrole, en revanche, nul ne s’illusionne sur le niveau actuel du prix
du baril : pour Loïc Le Floch-Prigent, ancien PDG d’Elf Aquitaine que le
WAF avait invité à s’exprimer, il devrait se retrouver à 200 dollars d’ici cinq
ans. « Mais les réserves augmentent avec les prix », observe-t-il, «
et on n’a encore examiné les zones sédimentaires que sur un tiers de la planète :
les réserves physiques sont très largement inconnues ». Les zones enclavées
ou l’Antarctique n’ont pas (encore) été étudiées en raison des coûts du transport.
Les réserves de bituminés — sur, par exemple, 150 Km le long du fleuve Congo dans
sa partie est — ne peuvent pas encore être exploitées avec un rendement suffisant.
Il n’y a cependant pas de substitut au pétrole pour les activités de transport,
et on ferait bien, estime encore Loïc Le Floc’h Prigent, de cesser de l’utiliser
pour des applications statiques. Faut-il
dès lors, comme le suggérait le consultant canadien Don Johnston, attendre la
fin de l’orage, sachant que le moteur de la croissance reste la consommation,
et que celle-ci viendra de toute façon des pays du groupe BRIC ? La croissance
est une technique, pas une stratégie, estime Robert J. Crandall, qui fut à la
tête d’American Airlines durant 25 ans, et à elle seule, elle ne suffit pas. Miser
sur la technologie est évidemment une nécessité impérieuse. Une augmentation
de 10 p.c. du prix du baril entraîne 3 p.c. de contraintes techniques supplémentaires,
a calculé Pierre Vellay, directeur de la flotte des Avions nouveaux chez Air France
KLM. Pour obtenir des gains en termes d’efficacité, il faut travailler sur les
trois critères de Breguet : l’aérodynamisme, la masse, la consommation spécifique.
Car l’offre en matière de moteurs est aujourd’hui beaucoup plus ouverte, notamment
avec les open rotors. Mais une meilleure gestion du trafic aérien reste un défi
majeur.
C’est aussi l’avis de Robert Nuttall, vice-président Strategic Marketing chez
le motoriste Rolls Royce qui, soulignant
les améliorations au niveau de la consommation, estime que 50 p.c. de gains peuvent
être réalisés au total grâce en effet à une meilleure gestion du trafic, et notamment
dans une meilleure approche des escales, mais aussi avec un « reformatage »
du sacro-saint rayon de 4.000 miles par un redimensionnement des appareils, un
abaissement de la vitesse, etc. Les
réponses en gains technologiques ne sont donc qu’une partie des solutions, comme
le soulignait aussi par exemple Jean-Christophe Victor, directeur du Laboratoire
d’études politiques et cartographiques de Paris, qui a mis en avant les différents
risques liés au pétrole. N’y
aurait-il donc aucune raison d’être optimiste ? L’excellent Pierre Jeanniot,
ancien président d’Air Canada puis de l’IATA,
et aujourd’hui président du WAF, se réjouit tout de même, avec la mise en place
de la première phase — même si la suivante est retardée — de l’open sky Europe-USA,
de nouvelles liaisons telles que Londres-Los Angeles par AF/KLM, Paris (ou Bruxelles)-New
York, par Open Sky Airlines, … De l’expansion des marchés régionaux, aussi, notamment
au Moyen Orient. Pour Pierre Jeanniot, le trio Air France KLM, Swiss/Lufthansa
et BA/Iberia dominera le ciel européen, tandis que de nouveaux modèles économiques
devraient voir le jour, comme les long-courriers low cost ou, à l’inverse, des
services « full Business class » — et ceux-ci survivront-ils, face à
l’explosion des jets privés, comme l’Eclipse 510, à moins de deux millions
de dollars ? Pour difficiles qu’elles risquent d’être, les toutes prochaines
années promettent en tous cas d’être tout à fait passionnantes. C.B. Le
World Air Transport Forum, c’est aussi une tradition
de networking décontracté et de qualité de prestations, jusque dans les
pauses café : quel autre événement pouvait offrir, dans le cadre somptueux
de l’Intercontinental Paris Le Grand, un dîner concocté pour deux cents convives
par neuf Meilleurs ouvriers de France ? Chapeau, Jean-Louis !
(# 177 4 novembre 2008) Airlines La
force d’un hub Malgré
l’augmentation des prix du carburant, le bilan d’une première année de coopération entre deux compagnies
aériennes, Jet Airways et Brussels
Airlines, et un aéroport, celui de Bruxelles, est particulièrement positif :
six liaisons quotidiennes ouvertes au cours des quatre premiers mois — Mumbai,
Delhi, Chennai, New York JFK et Newark ainsi que Toronto —et 700.000 passagers,
un chiffre qui augmente actuellement chaque mois de 1.500. Jet Airways est désormais
devenu le plus important transporteur long courrier de l'aéroport bruxellois. Chaque
jour, deux cents passagers de Jet Airways empruntent une correspondance de Brussels
Airlines, apportant ainsi un trafic supplémentaire de 30.000 passagers à la compagnie
belge. Le nouvel horaire hivernal
de Jet Airways, qui garantit des correspondances parfaites avec 20 destinations
européennes (au lieu de 3 en 2007) et 14 destinations africaines ne fera sans
doute qu'augmenter ce volume. D’autant que la compagnie propose un service à bord
exceptionnel, maintes fois récompensé, avec notamment des repas préparés pour
toutes les classes par le chef Yves
Mattagne, estampillé deux étoiles par le guide rouge. Idées Motiver
les agents à se former Comment
motiver les agents de voyage à se former ? Et, pour commencer, comment
les inciter à visiter un salon professionnel ? Les organisateurs du BTExpo,
qui se tiendra à Bruxelles les 10 et 11 décembre prochains, ont sans doute trouvé
la solution avec le système IT Fidelity
Program — IT pour Information Training — qu’ils ont mis au point.
Le principe ? Chaque fois qu’il participe à une formation, l’agent de voyage
reçoit un certain nombre de points, nominatifs, qu’il accumule à la manière des
« miles » proposés par les compagnies aériennes, sans limitation de
temps, et qui lui permettent d’acquérir des cadeaux : un iPod, un appareil
photo ou électroménager, etc., dans un catalogue en évolution permanente. A lui
de gérer son « capital points », qu’il peut toujours consulter en temps
réel sur un portail web très complet, assorti d’une newsletter, qui gèrera tous
les aspects du programme et conservera une trace de toutes les formations suivies
— un « plus » dans le C.V. des agents. A
raison d’un euro par tranche de 100 points, le système est financé par les organisateurs
de la formation, qui peuvent ainsi très précisément la budgéter, tout en conservant
une totale liberté quant au nombre de participants, à la manière d’attribuer les
points, etc. Avec un système aussi motivant, ils peuvent surtout maîtriser leur
investissement, notamment par la réduction des no shows. « C’est
une manière pour l’agent de voyage de se récompenser lui-même de ses efforts »,
estiment les promoteurs du projet. Ils montreront eux-mêmes l’exemple en offrant
200 points à chaque agent de voyage qui visitera le salon BTExpo, et même 500
points aux mille premiers inscrits. Avant même le démarrage du projet, cinq exposants
— et nul doute qu’il y en aura beaucoup d’autres — se sont déjà engagés à offrir
un chèque de 500 points à chaque agent de voyage qui visitera leur stand. Bref,
en un rien de temps, une seule visite à BTExpo pourra vite rapporter, par exemple,
des places de cinéma, ou jeter les bases d’une « épargne », par ailleurs
non taxable, que viendront enrichir les séminaires et autres workshops qui se
succéderont ensuite — on en compte en moyenne entre trois et cinq par semaine
en Belgique ! Ce
programme devrait normalement séduire à la fois les agents de voyage et les prestataires
et, on peut en être sûr, pas rien qu’en Belgique où l’idée a vu le jour. C.B.
Forum Où
va le transport aérien ? S’adapter
ou survivre : c’était déjà la thème d’un récent Cannes Airlines Forum. Dans
le contexte de récession que nous connaissons aujourd’hui, le transport aérien
saura-t-il s’adapter à l’économie mondiale ? c’est celui du forum 2008,
rebaptisé World Air Forum maintenant qu’il
a déserté la Croisette pour se replier sur Paris. L’ambiance
de 2007 était carrément à l’euphorie : les compagnies aériennes s’étaient
remises à gagner de l’argent, on se demandait si les constructeurs aéronautiques
pourraient faire face à la demande et on se payait même le luxe de faire de l’écologie…
Quelques mois, quelques augmentations pétrolières et quelques faillites plus tard,
il en sera sans doute autrement : on ne songe plus qu’à sauver les meubles, à
parer au plus pressé. Qu’en est-il par exemple du généreux projet de Pierre Jeanniot
de reboiser une bande de Sahel, financé par une taxe sur le CO2 émis par les avions
qui le survolent ? On
entendra donc avec intérêt les interventions en ouverture de Steve Ridgway, CEO
de Virgin Atlantic, sur la liberté du transport aérien, et de Jeffrey Shane, ancien
sous-secrétaire d’Etat américain, sur l’open sky. Avions, moteurs, contrôle aérien :
les progrès techniques seront au menu de la première matinée, tandis que l’après-midi
sera consacrée aux marché et à la concurrence. On attend ici avec impatience une
nouvelle confrontation entre Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, et Jean-Cyril Spinetta,
PDG d’Air France, à présent que la compagnie aérienne envisage de se lancer aussi
dans l’exploitation de lignes ferroviaires… Mais au fond, le marché est-il libre ?
Ce sera le thème du débat de l’après-midi entre quelques « grandes pointures »
de l’aérien, modéré par Peter Davies, ex-Président de SN Brussels Airlines.
Les
« facteurs de risque et les opportunités » seront analysés au cours
de la dernière journée, qui s’achèvera par un grand débat entre les présidents
d’une demi-douzaine de compagnies sur le thème : « Où va la transport
aérien mondial ? », sous la responsabilité de Pierre Jeanniot, ancien
PDG d’Air Canada, ancien DG de l’IATA et président du WAF. C’est une question,
en effet, on ne peut plus d’actualité. C.B. Le
World Airlines Forum se tient à l’Intercontinental Paris Le Grand, du 29
au 31 octobre. Forum Montélimar
se penche sur le « nouveau tourisme » Comment
répondre aux attentes d’un touriste toujours plus exigeantmais surtout de
plus en plus changeant, comment s’adapter aux évolutions technologiques, etc. ?
Organisé par l’Office de tourisme de Montélimar,
à l’auditorium Michel Petrucciani, en plein centre ville, le premier Forum National du Nouveau Tourisme,
les 9 et 10 octobre prochains, se voudra un lieu de rencontres, d'échanges
et de témoignages pour comprendre et anticiper les nouvelles attentes des touristes,
imaginer et développer les offres nouvelles et de qualité qui leur conviennent,
ouvrir de nouveaux espaces touristiques, améliorer la communication entre les
touristes et les prestataires, grâce aux nouvelles technologies de l'information,
afin d'optimiser la recherche du lieu et des services idéaux. Les participants
recevront un « passeport touristique » sous forme d’une carte à puce sans
contact pour leur faciliter l'accès au Forum (enregistrement, accès à l'auditorium...)
et aux différentes prestations associées (repas, hébergement, transport, stationnement...) :
l’un des orateurs témoignera de l'intérêt d'un tel système dans le développement
du tourisme durable et l’amélioration de l’interactivité entre les touristes et
les prestataires. Dans le même esprit, tous les rapports seront fournis aux congressistes
sur une clé USB afin de consommer moins d’encre et de papier. Les déjeuners
et dîners proposés durant ces deux jours auront lieu en ville, notamment dans
le nouveau quartier de St Martin dédié aux épicuriens, et les hôtels et chambres
d’hôtes profiteront tout autant de cette vague de touristes avertis, qui sont
invités à prolonger leur séjour au cours du week-end et découvrir la région à
travers un programme touristique riche de diverses activités. Le programme
détaillé ainsi que le formulaire d’inscription et tous les détails peuvent être
téléchargés sur le site www.nouveau-tourisme.com. Croisières MSC,
toujours plus vert En
l’espace de quelques mois, MSC mettra en service deux navires jumeaux, les
Splendida et Fantasia. Le premier a fait ses premiers essais en
mer voici quelques jours, le second sera baptisé à Naples le 18 décembre prochain
avant d’entamer sa première croisière officielle. L’un
et l’autre sont les plus gros navires jamais construits par un armateur européen :
un tiers de kilomètre de long, 60 mètres de haut, 135.000 tonnes. Ces deux nouveaux
super paquebots ne compteront pas moins de 1.650 cabines, la plupart avec balcon
et d’une surface portée à 20 m², capables d’accueillir près de 4.000 passagers,
auxquels s’ajouteront près de 1.400 membres d’équipage. Quelques chiffres, encore :
une théâtre de 1.700 places, quatre restaurants et deux espaces buffet, un terrain
de squash, un cinéma interactif 4D, un simulateur de Formule 1, boutiques, casino,
de nombreux bars… Ils compteront aussi un vaste espace spa, de 2.000 m², quatre
piscines, dont une intérieure avec toit ouvrant, 12 jacuzzi, dans un espace entièrement
voué aux plaisirs aquatiques, occupant la moitié du dernier pont, avec fontaines
et jeux d’eau.
Avec
ces deux navires de nouvelle génération, MSC inaugure aussi un nouveau concept,
qui renoue avec celui de la « première classe » : une zone VIP
à accès séparé, le MSC Yacht Club, une centaine de suites élégantes dotées
d’un service de majordomes, accès direct à la zone spa par un ascenseur privé,
des espaces exclusifs comme un bar, un solarium, une piscine, une bibliothèque,
etc. Ronce de noyer, panneaux en Alcantara, marbres, parquet, escaliers en cristal
Swarovski illuminés par des diodes : cet espace privilégié a été réalisé
dans les matériaux les plus nobles, qui évoquent les yachts les plus luxueux.
Déjà qualifiés
de « plus beaux bateaux du monde », le Fantasia et le Splendida
seront surtout dotés des dernières technologies de protection de l’environnement.
Avec, notamment, un système très avancé de retraitement des eaux usées :
le navire ne rejette que des eaux propres, débarrassées des substances
nocives, tandis que les boues sont stockées à bord jusqu’à l’escale suivante.
Installé dans toutes les cabines et dans les parties communes, un système de surveillance
coupe l’électricité en cas d’absence, permettant des économies d’énergie de l’ordre
de 25 p.c.. De même, un système de surveillance permet
de réguler automatiquement le conditionnement d’air sans dépense d’énergie inutile.
Ajoutons-y
que, comme déjà leur aîné, le Poesia, la coque de ces deux nouveaux navires
est recouverte d’une nouvelle peinture non toxique, à base de polymères fluorés,
qui limite le frottement du navire dans l’eau et participe elle aussi à la réduction
de la consommation et, donc, des émissions de CO2. Verra-t-on
bientôt, comme dans l’aérien, les comparateurs prendre en compte la « trace
carbonique » des navires ? Déjà détenteur de plusieurs certificats —
dont le label Green Planet — l’armateur italien, en tous cas, possède déjà en
ce domaine un encablure d’avance. C'est
pour mieux faire face, en tous cas, à ce potentiel de plus de 400.000 passagers
supplémentaires annuellement que MSC vient de lancer MSC
Express, qui permet désormais aux passagers de s'enregistrer en ligne,
à partir de n'importe quel ordinateur, au départ de la plupart des
grands ports d'embarquement européens. C.B. . C.B. Rail Eurostar :
24 minutes de moins, 24
p.c. de C.A. en plus Jamais
les chiffres d’Eurostar n’ont été aussi bons. La demande a véritablement explosé
au cours du premier semestre de l’année, avec 4,63 millions de voyageurs transportés,
soit une augmentation de 18,3 p.c., pour un chiffre d’affaires de 467 millions
d’euros, soit une croissance de 24,7 p.c. : près d’un quart de plus que l’année
précédente à la même époque. Boosté par une campagne de pub omniprésente — et
drôle ! — le train à grande vitesse connaît un succès foudroyant depuis l’ouverture
du nouveau terminal de Saint Pancrace (cf. Voyage & technologies # 145) et la réduction
du temps de voyage entre Londres et Paris à 2 h15, Bruxelles à 1 h 51 ou Lille
à 1 h 20. Londres devient aussi une destination d’un jour, pour près deux voyageurs
sur dix, tandis qu’Eurostar suscite aussi un intérêt croissant des voyageurs en
provenance de différentes régions de France (depuis Lyon, par exemple) ou de villes
du nord de Londres (Derby, Nottingham, Sheffield etc.) à destination de la Belgique
et de la France. Au point qu’Eurostar mettra en service une 18ème fréquence entre
Paris et Londres dès le 8 septembre et une 11ième connexion journalière sur la
route Bruxelles-Londres à partir du mois de décembre. Magazine Un
véhicule transparent guidé par GPS
pour
découvrir Vulcania
Quatre
nouvelles attractions devraient
aider le parc Vulcania à atteindre l’objectif
de 300.000 visiteurs cette saison, le cap des 100.000 ayant été franchi le 20 juin dernier avec
plus de deux semaines d'avance par rapport à la saison 2007. Situé au cœur du
parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, sur la route de Limoges à Saint
Ours les Roches, à 15 Km de Clermont-Ferrand, il propose des espaces de découverte
interactifs dans une démarche évidemment pédagogique — le parc est une destination
de choix pour les groupes scolaires — mais aussi ludique. Dragon Ride, par exemple,
entraîne les spectateurs installés dans des sièges individuels dynamiques dans
une chevauchée fantastique au cœur d’un monde peuplé de dragons, grâce à un film
4D avec effets de vent et de chaleur. Et Le grand Geyser est un véritable
totem d’eau jaillissant à plus de 20 m dans une caldera paysagée, entièrement
consacrée à l’eau. A Vulcania, grâce à des
sièges ou à des plates-formes dynamiques, aux effets visuels, tactiles et olfactifs,
on peut aussi sentir battre le cœur d’un volcan en activité, et même plonger (virtuellement!)
dans ses entrailles pour découvrir l’univers mystérieux d’une chambre magmatique,
vivre l’atmosphère bouillonnante d’une éruption au bord d’un grand cratère ou
revivre avec émotion celle du Mont St Helen, en 1980, dont on a minutieusement
reconstitué les paysages. Vulcania propose toujours le film ‘Forces de la Nature' sur
écran géant, un voyage interactif autour de la Terre, et enseigne aux visiteurs
« les gestes qui sauvent » en cas de tremblement de terre ou de tsunami,
ou comment sauver Clermont-Ferrand d’une coulée de lave en moins de trois
minutes ! Le parc Vulcania est aussi dépositaire d’une incroyable collection
de films et photos réalisées par Katia et Maurice Kraft, deux volcanologues français
au parcours atypique, auxquels il rend hommage dans un espace qui leur est dédié.
Enfin, grande nouveauté technologique cette année, et c’est une première en France :
le Volcanbul,
un véhicule électrique transparent, sans chauffeur, entièrement guidé par GPS,
pour découvrir la richesse des paysages volcaniques de l’Auvergne, sa flore et
sa faune. Actualité Les
technologies d’information au
secours du transport aérien Le
spectre d’un baril de pétrole de plus en plus cher planait évidemment sur
le sommet IT que SITA organisait la semaine dernière à Bruxelles. Alors que les
compagnies aériennes venaient tout juste, en 2007, de renouer avec les profits,
voici que le renchérissement des prix du carburant, qui compte en moyenne pour
34 p.c. de leurs charges d’exploitation, hypothèque à nouveau leur avenir.Si,
comme le soulignait son président, Paul Coby, par ailleurs CIO de British Airways,
« l’industrie du transport aérien est aujourd’hui la première sur le web »,
il est plus que jamais urgent de déployer les technologies de l’information afin
d’encore réduire les coûts de production. Les ventes de billets se font aujourd’hui
en moyenne
à 24 p.c. via Internet, 43 p.c. pour les compagnies nord-américaines mais moins
du 10 p.c. dans la région Afrique-Moyen Orient : c’est dire s’il reste d’importantes
économies à réaliser. Et, selon Francesco Violante, CEO, un meilleur usage de
la technologie 2.0 permettrait même de résister à la perte de 2,3 milliards de
dollars que prévoit l’IATA pour l’ensemble des compagnies aériennes en 2008. Pour
Giovanni Bisignani, directeur général et CEO d’IATA, les technologies d’information
vont permettre aux compagnies d’économiser annuellement 6,5 milliards de dollars
(4,2 milliards d’euros), dont près de la moitié résultant de la suppression du
billet « papier » au 1er juin. L’étape suivante favorisera
les options « self service » tout au long du processus de voyage, avec
la généralisation des systèmes de kiosques et d’auto-enregistrement des passagers
comme des bagages.
Le
directeur de l’IATA pointe en particulier trois domaines-clés. Les GDS, d’abord :
« Pourquoi le système China TravelSky (« motorisé » par
Amadeus, ndlr) peut-il se contenter de 0,50 $ par segment de vol alors que les
systèmes occidentaux réclament 4 dollars? » se demande-t-il. « Les GDS
connaissent toujours une croissance à deux chiffres, alors que l’industrie aéronautique
se bat pour survivre : Basta ! s’écrie-t-il, il est temps à présent
de se mettre autour de la table ». Si ce n’est pas une déclaration de guerre,
cela ressemble fort à un ultimatum… La sécurité ? Elle est meilleure qu’en
2001, mais les passagers comme les compagnies ressentent plus de stress que d’avantages
par rapport aux 30 milliards de dollars qui ont été dépensés depuis lors. Le contrôle
aérien et la gestion des opérations ? 10,5 millions de tonnes de CO2 ont
été épargnées en 2007, correspondant à 2,1 milliards de dollars (1,35 milliard
d’euros), grâce au raccourcissement de 395 routes et à la diffusion de meilleures
pratiques de gestion de carburant. Mais un Ciel Unique européen et une nouvelle
génération de contrôle aérien aux Etats-Unis, en harmonisant les besoins d’une
manière globale, devraient permettre de générer des gains énormes en matière de
performances. Pour
les chercheurs de SITA, il est un autre domaine qui doit permettre aux compagnies
aériennes de réaliser de substantielles économies : les 3,2 milliards de
téléphones portables actuellement en service dans le monde, qui peuvent se transformer
en outils de voyage indispensables d’ici les cinq prochaines années. La technologie
mobile remplacerait ainsi progressivement les équipements de self-service, puisque
les portables ont le potentiel de conserver une carte d’embarquement, des informations
sur le suivi des bagages et des données de payement sans recourir au moindre support
de papier. Intégrant les résultats d’une étude menée par l’université de Cambridge,
les experts de SITA estiment que le fait de pouvoir envoyer des messages aux passagers
ou de les diriger vers la bonne porte d’embarquement, permettrait de réduire les
attentes et de réaliser jusqu’à 600 millions de dollars (€ 387 millions) d’économies.
La technologie est évidemment déjà familière, puisque 90 p.c. des passagers emportent
à bord leur téléphone… portable. De nombreux services sont déjà en service mais,
d’ici la fin de 2010 prévoit-on, 67 p.c. des compagnies proposeront l’enregistrement
par mobile et 82 p.c. d’entre elles utiliseront les portables pour communiquer
des informations aux passagers. C.B. Pour
la deuxième année consécutive, SITA a enregistré plus d’un milliard de dollars
de chiffre d’affaires, sur un total de 1,42 milliard, résultant de la signature
de nouveaux contrats, dont 42 p.c. dans les services de communication et 56 p.c.
dans les applications. La société a également pu réaliser d’importantes économies
pour le compte de ses membres, dont 25 millions de dollars dans les réseaux de
ses propres clients. SITA a émis 32,4 millions d’e-tickets en 2007 et enregistré
112,5 millions de passagers (+ 10,8 p.c.) Ses diverses solutions dans le seul
domaine de l’enregistrement ont été utilisées par quelque 600 millions de passagers
l’an dernier. L'étude annuelle de Guy Raffour Préparation et achat
de voyages sur le Net ne cessent d'augmenter On
pourrait craindre que, d'année en année, l'étude du cabinet
Raffour sur les tendances de la consommation touristique, au pire, ne se répète
ou se contente, au mieux, d'amplifier les observations précédentes.
Il n'est en rien : chaque livraison annuelle apporte, au contraire, son lot d'informations
nouvelles, toujours plus pertinentes. La dernière étude montyre
bien que, si le tourisme subit les conséquences de la baisse du pouvoir
d'achat, qui pénaliseévidemment les ménages les plus modestes,
on constate une stagnation des longs séjours marchands mais
un progression
des courts séjours marchands, qui traduit, selon Guy Raffour, un raccourcissement
mais aussi un fractionnement des vacances. Les Français, toujours plus
nombreux à prévoir un budget "vacances" (76 p.c. contre
68 p.c. en 2006), sont aussi de plus en plus nombreux à réserver
leurs séjours plus tôt : plus de 30 jours à l'avance, pour
73 p.c. d'entre eux. Les Français qui ont le " statut d'internaute
" sont, avec un niveau d'études et de revenus plus élevé
(2.816 € de revenus mensuels moyens par ménage contre 1.973), plus
nombreux à partir en vacances à l'étranger. Mieux vaut être
riche et bien portant
Un quart, soit 7,8 millions, des Français
qui sont partis en vacances en 2007 ont réservé et payé en
ligne une prestation liée au voyage : c'est 1,3 millions de plus que l'année
précédente! Et c'est d'autant plus remarquable que la moitié
des acteurs du tourisme ne dispose toujours pas d'un module de réservation
en ligne
Enfin, la préparation des vacances sur le Net se généralise,
avec 13,4 millions d'internautes, soit 62 p.c. ou encore près de deux millions
de Français supplémentaires, qui ont utilisé Internet à
cette fin. Le taux de transformation progresse également : 58 p.c. de ceux
qui ont préparé leurs vacances sur Internet l'an dernier l'ont aussi
utilisé pour réserver : c'est 9 p.c. de mieux que l'année
précédente. La plupart des vingt orateurs qui se sont succédé
au cours d'une journée très dense de conférences, le 10 juin
dernier à Paris, ont apporté, chacun dans leur secteur, des informations
qui vont d'ailleurs dans le même sens. Un CD Rom, reprenant leurs présentations,
l'étude de Guy Raffour ainsi qu'un bilan d'un an d'e-tourisme signé
Voyage & technologies peut déjà
être commandé à l'adresse www.raffour-interactif.fr/site_ri/docs/Cdrom_Raffour_08.pdf
.C.B. (#163
24 juin 2008) Entreprises Center
Parcs : la technologie à
l’appui la durabilité Fort
de ses 17 parcs — dont trois en France — totalisant aujourd’hui plus de 11.000
bungalows Center Parcs ne compte pas
s’arrêter en si bon chemin pour son quarantième anniversaire. La saison dernière,
près de 13 millions de nuitées ont été enregistrées par plus de 3 millions de
clients, dont 19 p.c. de Français et 11 p.c. de Belges, pour un chiffre d’affaires
de 529,8 millions d’euros. « La taille de l’entreprise devrait doubler endéans
les quatre ans, assure Christophe Jeannest, un ancien du groupe Accor passé aux
commandes du groupe hollandais lors de la reprise de celui-ci par Pierre & Vacances.
Six ou sept projets européens sont dans les cartons. D’abord, et dans la foulée
du Lac d’Ailette, en Champagne, ouvert
l’an dernier et qui affiche un taux d’occupation de 84 p.c., le nouveau parc en
construction en Moselle, dans une région boisée proche de la frontière allemande,
sera le plus grand jamais construit. Un « parc de l’avenir », qui servira
de test pour les futures constructions : tous les cottages et les installations
centrales seront en bois, en verre et en matériaux naturels, conçus et fabriqués
pour être en harmonie avec l’environnement. La première phase, comptant 800 cottages,
doit être livrée en 2010, et sera reliée à la seconde (450 cottages) un an plus
tard par… un téléphérique. L’ensemble, disséminé dans une forêt de 600 hectares,
comptera aussi une vraie ferme lorraine, reconstruite à l’identique, et une richesse
d’équipements dont un grand centre de wellness. Un chauffage central au bois devrait
contribuer à des économies d’énergie de l’ordre de 20 p.c., mais aussi des systèmes
sophistiqués de régulation de température dans les cottages, de traitement des
déchets, des eaux usées, etc. : au total, plus de trois cents projets sont
en cours en matière de durabilité. Après
la Moselle, le groupe va investir en Sarre, dans la région de Munich et va s’étendre
pour la première fois vers le Sud, dans la région lyonnaise. Et reste à la recherche
d’autres sites en Europe, où des acteurs indépendants sont des cibles potentielles,
mais où il pourra, avec ses propres méthodes de financement, développer un concept
aujourd’hui éprouvé. C.B.
(#162
17 juin 2008) L'étude
annuelle de Guy Raffour Partir
mieux, et autrement C'est
le 10 juin prochain que le cabinet Guy Raffour présentera les résultats de son
étude annuelle sur les nouvelles tendances de la consommation touristique en France.
Il nous en dévoile ici les grandes lignes. Quelles
sont les grandes tendances qui se dégagent de ce« baromètre »? On
observe une corrélation de plus en plus importante entre le « statut »
d'internaute et celui de « partant » : les facteurs qui concourent
à partir davantage en vacances — le revenu disponible, l'âge, le niveau d'étude
et la taille de l'agglomération — sont également ceux de l'accès à Internet. On
constate aussi une pression sur le revenu disponible des ménages, qui incite à
la préparation d’un budget. La décision de partir tend de ce fait à se rationaliser
à perdre en spontanéité. Quel
rôle joue aujourd'hui Internet dans les vacances des Français ? L'e-tourisme
ne permet pas aux Français de partir plus, mais plutôt d'optimiser le budget disponible
et de partir « autrement », notamment dans des séjours plus expérientiels,
moins prédictifs que par le passé. L'e-tourisme poursuit sa progression, que ce
soit dans la préparation des séjours — 44 p.c. des Français partis les ont préparés
en ligne — que dans la réservation (25 p.c.). L'e-tourisme devient de plus en
plus un système « expert » pour dénicher le meilleur rapport qualité/
prix et pour conforter ses choix. Comment
Internet modifie-t-il les comportements ? Grâce à l'accès à une multitude
d'informations actualisées, de commentaires entre voyageurs, par les comparaisons
possibles dans tous les domaines. L'e-touriste cherche, recueille, traite, analyse,
échange de plus en plus d'informations au préalable, dans une démarche de plus
en plus experte. Ce qui le rend plus exigeant. Quelles
en sont les conséquences ? Cela va obliger les distributeurs, tour opérateurs
et prestataires, à sans cesse adapter leurs offres de façon de plus en plus qualitative,
argumentée et dédiée. La recherche de valeur ajoutée est permanente face à un
e-touriste qui souhaite tout organiser lui même. C'est un enjeu majeur. Tous
ces thèmes seront abordés lors de la conférence du 10 juin prochain
à Paris par plus d'une vingtaine de personnalités, leaders dans leur secteur,
qui apporteront leur analyse de ces enjeux et expliqueront comment elles s'adaptent
à ces nouvelles tendances. Chaque participant recevra l'étude annuelle du Cabinet
Raffour et le CD-Rom des conférences, qui comprendra aussi la présentation « Un
an d'e-tourisme » par Claude Boumal, éditeur de Voyage
& technologies. Programme
détaillé de la conférence : http://www.raffour-interactif.fr/site_ri/inscription_08/inscription.htm (#160
3 juin 2008) Thomas
Cook en direct sur Internet: et alors?
Thomas
Cook, en Belgique, a franchi le Rubicon en mettant en ligne la nouvelle version
de son site, qui
permet désormais aux internautes de réserver et payer eux-mêmes
leur voyage directement via Internet. Avec, il est vrai, la possibilité
de passer aussi par une agence, mais en option... Au grand dam, et on peut
la comprendre, de l'Union professionnelle des agences de voyage, dont le vice-président
s'agace : « Cette décision nous fatigue... », et
menace de « moins utiliser BTN », le réseau qui permet
aux agences belges d'accéder aux stocks des TOs... dont Thomas Cook est
un des actionnaires. Quoi
qu'on en pense, la conversion de Thomas Cook à la vente en ligne fera date.
Si le groupe disposait déjà de son propre réseau de vente
directe sous la marque Neckermann,
si son principal concurrent JetAir,
marque belge du groupe TUI, fait de même avec Sunjets,
c'est la première fois qu'un grand tour opérateur s'invite à
la table du Net sur le marché belge. On
ne voit évidemment pas en quoi on pourrait le lui reprocher, tant que les
tarifs publiés sur son site ne sont pas inférieurs, pour un produit
rigoureusement identique, à ceux pratiqués en agence, à peine
d'encourir les foudres de la Commission européenne, entre autres, pour
discrimination entre réseaux. Le
marché belge, voici quelques années, avait bien servi de banc d'essai
à Travelprice qui,
après maintes péripéties, n'existe plus aujourd'hui qu'à
l'état de gadget chez Carlson Wagonlit, ce que tout le monde semble toujours
ignorer. Opodo y est présent depuis
peu, ce que personne ne semble encore savoir. Bref, hormis les sites de réservation
aériennes, l'initiative de Thomas Cook, qui n'est en réalité
guère surprenante, marque sans doute le véritable démarrage
de l'e-tourisme dans le plat pays. Car d'autres suivront, à n'en pas douter. Sonne-t-elle
pour autant la fin des agences de voyage? Evidemment non, pas plus qu'ailleurs.
D'autant que si le web aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en France, capte
aujourd'hui de l'ordre de 50 p.c. des réservations de voyage, il semble
que ce pallier soit difficile à franchir, en témoigne le ralentissement
de la croissance qu'on commence à observer un peu partout. Les « marchands
de vacances », en revanche, qui n'apportent aucune valeur ajoutée,
ont du souci à se faire: nul besoin, en effet, de sortir de Polytechnique
pour réserver une semaine de séjour tout compris à Djerba
ou à Bodrum. Aucun agent de voyage ne pouvant connaître tous les
hôtels, l'internaute trouvera par ailleurs sans peine photos, vidéos
et commentaires d'urtilisateurs
sur le web. Est-ce,
en revanche, l'émergence d'un nouveau modèle économique?
Oui. Il
existe encore un marché important pour des produits simples, que
les tour opérateurs continueront longtemps encore
à proposer, mais avec de meilleures marges. Les moyens ainsi dégagés
pourraient se traduire en partie sur le prix proposé au client qui
s'en plaindra?
mais sans doute davantage encore dans
l'étude des comportements du consommateur et leur traduction dans le web
3.0, qui constitue le défi de demain. Surtout,
les tour opérateurs doivent se préparer à la transformation
progressive de leur métier
sans doute actuellement le plus dangereux
de ceux du tourisme, du point de vue économique, s'entend
en « places de marché »
où leur puissance de feu leur permettra de constituer de vastes stocks
de chambres d'hôtel et sièges d'avion, où les agences de voyage
iront puiser, à la demande de leurs clients, afin de leur créer
des produits sur mesure. Autrement dit, de revenir à ce qui est leur vrai
métier. C.B. (#159
14 mai 2008) Euram:
voici sa version 4 Déjà
utilisé gratuitement
par 2.000 agents de voyage français aussi,
Dino, le logiciel de réservation de voyage développé par
la société belge Euram, vient de sortir sa quatrième version,
dans une présentation claire jusque dans le choix de la typographie, l'ergonomie
étant un de ses aspects les plus spectaculaires. Cette nouvelle version
s'est enrichie de fonctionnalités supplémentaires, dont un « mash
up » qui intègre notamment un impressionnant volet cartographique,
de l'information en ligne et des connexions en temps réel avec certains
fournisseurs, ainsi que des news mises à jour quasi quotidiennement.
La
navigation dans le système se fait tout naturellement, au rythme où
l’agent de voyage découvre les besoins ou les souhaits de son client
: où aller ? pour quoi faire ? pour quel budget ? Et assure la
réservation et la production automatique des documents. On part ainsi d'une
région ou d'une ville le système
calcule automatiquement le kilométrage et le temps de route entre deux
points quelconques et on affine le
choix d'un hôtel, grâce à un outil de recherche avancée :
selon le prix, le style de l’établissement, l'âge des enfants,
les promotions en cours, etc. A
l'inverse d'autres systèmes, Euram n'utilise que ses propres données.
Chacun des hôtels proposés fait l'objet d'une vue aérienne,
positionnée grâce à MS Virtual Earth, et est abondamment documenté
jusque dans les moindres détails. Le système propose encore, autant
que possible, la location d'une voiture, d'une moto ou d'un mobilhome ainsi que
des services complémentaires tels que des city tours, city pass ou réservation
de spectacles, etc. Les choix sont modifiables à tous les stades, sans
qu'il soit nécessaire de revenir en arrière, et un « assistant »
crée ensuite l'offre de prix, le « routing » étant
sauvegardé en vue d'éventuelles modifications ultérieures.
Le « roadbook », enfin, comporte une zone où l'agent
de voyage peut écrire ses recommandations ou insérer un fichier
PDF. Seuls
les USA, le Canada, le Mexique et Costa Rica figurent actuellement au programme
d'Euram. « Nous ne voulons travailler qu'avec des pays « transparents »,
explique Peter Keijers, son fondateur. Les pays européens sont trop facilement
accessibles, et il n'existe pas de marché suffisant pour développer
une version qui intègre l'Australie, la Nouvelle Zélande ou l'Afrique
du Sud ». Ce qui ne l'empêche pas de travailler à un nouveau
concept, qui devrait offrir encore plus de perspectives. C.B.
(#157 22 avril 2008) Actualité Le
Futuroscope s'appuie sur le web pour promouvoir sa nouvelle attraction
L'insertion d'images virtuelles dans un décor réel, depuis
Steven Spielberg, on connaissait déjà. Mais des images que le spectateur
peut simultanément manipuler quasiment à sa guise, c'est un
concept révolutionnaire, et pour tout dire unique au monde, que le Futuroscope
est le premier à proposer dans sa nouvelle attraction, Les
Animaux du Futur, une déclinaison supplémentaire du travail
que John Adams leur a consacré. Une
bonne connaissance de la tectonique des plaques permet de représenter la
géographie de la Terre dans 5, 100 et 200 millions d'années et,
par voie de conséquence, l'évolution de son climat. John Adams,
déjà père des films d'animation sur les dinosaures réalisés
pour la BBC, a imaginé à quoi pourraient ressembler les animaux
de la "posthistoire" dans ces nouveaux environnements d'où
l'homme aura sans doute disparu. Pur
produit de son imagination, ces créatures hypothétiques ont cependant
été validées par des scientifiques de renom.
Elles
font l'objet d'une série de films et de DVD, programmés
notamment par une vingtaine de compagnies aériennes, de livres rien
qu'au Japon, déjà 120.000 exemplaires vendus et, dès
le 5 avril, d'un nouveau spectacle, donc, carrément bluffant, proposé
par le Futuroscope, réalisé par la société française
Total Immersion, dont la
réalité augmentée
est le fer de lance. Un
ancien Premier ministre, le secrétaire d'Etat au Tourisme, des dizaines
de journalistes et... une cinquantraine de blogueurs ont assisté
à son lancement,
parmi quelque six cents invités. Car le Futuroscope mise à fond
sur Internet pour faire connaître sa nouvelle attraction. Le blogging, mais
aussi, à
partir de son site web,
le téléchargement d'un
logiciel qui permet à chacun d'expérimenter la réalité
augmentée sur son propre ordinateur. Bluffant ! C.B.
(#154 1er avril 2008) Sans
Internet, les Français partiraient encore moins en vacances Encore
"sanctuarisé" les années précédentes (cf.
Voyage & technologies # 62), le
budget vacances des Français ne résiste plus aussi bien aux autres
nécessités du quotidien : moins de 60 p.c. d'entre eux seulement
sont partis en séjour marchand, long ou court, en 2007 contre 64 p.c. en
2006, soit une baisse de 1,6 millions de personnes en cinq ans. C'est un des enseignements
du baromètre annuel Opodo, réalisé
par le cabinet Raffour, qui relève
aussi que toutes les catégories de revenus sont concernées : même
le long séjour non marchand a perdu 4,5 millions de personnes au cours
de la même période. En revanche, depuis 2003, le nombre d'internautes
réservant leurs vacances sur Internet a triplé : sur plus de 13
millions de Français qui utilisent désormais Internet pour préparer
leurs vacances, 7,8 millions les ont réservées en ligne en 2007,
soit un vacancier sur quatre. "Les Français seraient sans doute encore
moins partis sans Internet, qui a joué un rôle d'amortisseur avec
son extraordinaire capacité à faciliter la recherche du meiller
prix", analyse Petra Friedman, directrice générale d'Opodo
France, pour qui la pression sur le pouvoir d'achat devrait encore accélérer
cette année le transfert des transactions vers Internet. Tous ces chiffres
et bien d'autres seront longuement analysés et commentés lors de
la conférence
annuelle organisée par le cabinet Raffour le 10 juin prochain à
Paris où l'on entendra aussi les responsables des principaux acteurs de
l'e-tourisme en France, parmi lesquels le groupe Accor, le Futuroscope, Europ
Assistance, Mappy, HRS, Voyages-SNCF, Tripadsvisor, ebookers, etc. (#153
24 mars 2008)
Le
self-service de plus en plus populaire Les
technologies de self-service deviennent de plus en plus populaires auprès
des passagers aériens. Ainsi, comme il ressort d'une étude réalisée
par SITA auprès des aéroports de Londres Heathrow, Atlanta et Hong
Kong, le nombre de passagers n'ayant jamais utilisé les kiosques d'enregistrement
est passé de 41 p.c. en 2006 à 37 p.c. en 2007, tous aéroports
confondus, et ce chiffre devrait atteindre 49 p.c. en 2008. Les passagers les
utilisent certes de plus en plus pour déclarer leurs bagages perdus (50
p.c. contre 40 p.c. en 2006) mais aussi pour s'enregistrer : le nombre d'utilisateurs
a ainsi doublé en une année à l'aéroport de Londres
Heathrow pour atteindre 20 p.c. tandis qu'à Atlanta 32 p.c. des passagers
en sont désormais utilisateurs et 13 p.c. à Hong Kong. Autre
enseignement : la proportion des voyageurs achetant leurs voyages en ligne ne
cesse de progresser [49 p.c. en 2007 comparé à 47 p.c. en 2006],
ce que l'étude explique par une normalisation de l'outil Internet. Parmi
les personnes déclarant ne pas réserver par Internet, 40 p.c. d'entre
elles précisent que ce rôle est dévolu à une société
tierce, ce qui n'exclut pas au final une réservation en ligne. Les passagers
aériens adoptent aussi de plus en plus l'enregistrement en ligne, comme
le montre la 9ème étude annuelle sur les tendances technologiques
dans le secteur aérien, conjointement réalisée également
par SITA et le magazine Airline Business. Sur une centaine de compagnies aériennes
sondées, la moitié offre désormais la possibilité
de s'enregistrer en ligne, tandis que 89 p.c. du total s'apprêtent à
offrir ce service dans les deux prochaines années. A l'heure actuelle,
21 p.c. des passagers des compagnies sondées utilisent l'enregistrement
sur le web et, d'ici la fin de cette année, cette proportion devrait atteindre
les 35 p.c. Sur une échéance de deux ans, 52 p.c. des compagnies
aériennes interrogées envisagent d'offrir un service de self-boarding
tandis que 76 p.c. souhaitent mettre en place la possibilité de s'enregistrer
par téléphone portable. Parmi les autres enseignements de cette
étude, on apprend ainsi que la distribution de billets en ligne représente
désormais 35 p.c. de l'ensemble des ventes de billets des compagnies aériennes
interrogées et d'ici la fin de l'année 2008, 86 p.c. de l'ensemble
des billets vendus seront des billets électroniques 14 p.c. des
billets vendus restent à ce jour des billets papiers. Par ailleurs
les compagnies aériennes semblent être de plus en plus nombreuses
à opter pour des cartes d'embarquement à codes barres : 46 p.c.
des transporteurs sondés ont d'ores et déjà éliminé
les cartes à bande magnétique et d'ici à la fin 2008, ce
pourcentage devrait atteindre 88 p.c. Et malgré cela, le budget dédié
aux dépenses informatiques par les compagnies aériennes représentera
un pourcentage toujours plus faible de l'ensemble des revenus: soit environ 2,1
p.c. de leur chiffre daffaires 2007, contre 2,5 p.c. en 2003. [TNI] (#150
12 décembre 2007)
Le
self service, une réponse au stress aérien La
peur de l’avion, tout le monde sait que cela existe. Mais il reste quantité
d’autres vecteurs de stress liés au transport aérien, auxquels la technologie
tente aussi d’apporter remède. Lors du African Airlines Forum (cf. Voyage
& technologies #96), Bruno Frentzel, senior vice president de Sita, en avait dressé un rapide inventaire. Sait-on
qu’il y a eu plus de neuf cents agressions d’agents dans les seuls aéroports de
Grande-Bretagne au cours de la saison 2004-2005 ? Que, pendant ce temps,
trente millions de bagages ont été maltraités dans le monde, dont 204.000 ont
été définitivement perdus ou volés, représentant une valeur de deux milliards
de dollars ? Rien d’étonnant à ce que 72 p.c. des Américains
vous avez bien lu ! estiment qu’un voyage en avion est
plus stressant que d’aller... chez le dentiste vous avez toujours
bien lu ! La complexité
du voyage, depuis le moment de l’achat voire même avant:
sept Américains sur dix se disent déjà stressés par
un site Internet... est un élément de stress aussi bien pour
le passager que pour les compagnies aériennes… Ainsi, on a dépensé 5,6 milliards
de dollars en mesures de sécurité mais qui ne sont nulle part harmonisées. La
technologie permet d’apporter des informations en temps réel pour une meilleure
exploitation des ressources, mais est-elle bien utilisée ? La
généralisation du « self service » apporterait ainsi un semblant
de réponse au stress, en ce que le passager a l’impression de maîtriser son destin…
La réservation en ligne, le billet électronique, l’auto-enregistrement sur le
web ou sur son téléphone portable, les « CUSS », tant pour le passager
que pour ses bagages, sont autant de solutions. Du point de vue de la sécurité,
la biométrie n’est pas encore une technique mature, mais il faut encourager les
programmes volontaires, comme ceux qui sont actuellement testés à Milan ou à Athènes.
Développer le « self boarding » et, en vol, les activités telles la
téléphonie et l’accès à Internet, sont autant d’occasions de réduire le stress
du passager… et de la compagnie. A charge pour elle d’intégrer dans son offre
l’ensemble des technologies. Le traitement des bagages et leur réconciliation,
enfin, devraient faire l’objet d’une solution intégrée au niveau mondial. C.B. Retour
en aut de la page Le
tourisme au cur du m-marketing Apple
l'a fait, Google y pense
le téléphone mobile est devenu un
support de services et multimédia de plus en plus utilisé. Toutes
les technologies y sont disponibles : musique, photo, film, télévision,
sites internet. Le « mobinaute » est devenu la cible de choix pour
les entreprises adeptes du m- marketing et du m-commerce. Et pour cause. Le
taux d'équipement est impressionnant. Un tiers de la population mondiale
possède un téléphone portable. Sur le marché français,
85 p.c. de la population en possèdent un, dont 94 p.c. des 18-25 ans. Important
: 22 millions de téléphones sont équipés de services
vidéo et MMS (envoi d'image). On compte 20 millions de clients à
forfait multimédia, 15 millions de visiteurs par mois sur les portails
des opérateurs. Ce chiffre ne peut qu'augmenter car un utilisateur renouvelle
son portable tous les 18 mois. Le
tourisme est un des secteurs les plus recherchés par les consommateurs
sur leur Internet mobile. Les exemples d'applications ne manquent pas aujourd'hui.
Dans la mesure où le mobile sert à dialoguer avant le départ,
les compagnies aériennes comme Air France ont lancé des SMS «
intelligents », qui économisent du temps sur l'enregistrement, et
indiquent les horaires, la porte d'embarquement, le numéro de siège
dans l'avion. Autre
application : le téléchargement de guides audio sur les musées,
les sites, les monuments. Le potentiel est énorme, avec 750 millions de
touristes équipés de MP3 d'ici 2015. Une variante : prendre en photo
un monument peut déclencher la liaison avec un site internet. A
Paris, il est désormais possible de télécharger des guides
de quartier, transmis gratuitement grâce à la technologie Bluetooth.
Le mobinaute peut être mis en relation téléphonique avec les
services souhaités : stations Vélib, bornes de taxis, numéros
d'urgence, etc. La
lecture de flash code sur une affiche de publicité ou une page de journal
permet d'accéder à des photos ou des vidéos de voyages, et
inciter à une réservation via un call-center. La
géolocalisation est aussi une application possible. De plus en plus de
touristes partent hors des sentiers battus et ont besoin d'être repérés
grâce à leur portable. En cas d'urgence, une touche suffit à
déclencher le système de GPS intégré. Enfin,
la technologie NFC (Near Field Communication) va permettre d'utiliser le téléphone
portable comme moyen de paiement courant 2008 et comme titre de transport début
2009, sur la SNCF notamment. [TNI] (#
145
25
septembre 2007) Vers
l’aéroport self service Après
avoir réservé (et
payé) sur Internet son vol, le siège de son choix et, le cas échéant, un repas
kasher ou végétarien, le passager, à son arrivée à l’aéroport, laisse son bagage
étiqueté RFID à un comptoir commun à toutes les compagnies avant de se diriger
vers un portique où il pose son index comme sur un bouton de sonnette, pendant
qu’un logiciel analyse l’image de son iris transmise par une caméra avant de commander
l’ouverture du portillon. A la porte d’embarquement, il lui suffit de présenter
son téléphone portable sur lequel un équipement spécial pourra lire la carte d’embarquement
qui lui aura été envoyée en code barre 2 D. Ainsi, après le chauffeur de
taxi qui l’aura déposé à l’aéroport, ce passager n’aura rencontré personne qui
ne soit, comme lui, passager d’un vol en partance : aucun employé de comptoir,
pas l’ombre d’une hôtesse… ni d’un policier. Ce
scénario n’appartient pas complètement à la fiction. C’était le thème d’une récente
réunion de la Fédération nationale de l’Aviation marchande. Toutes les compagnies
aériennes, en collaboration avec les principaux aéroports, « planchent »
sur toutes les solutions imaginables pour améliorer la fluidité des mouvements
de personnes, accélérer les formalités et, accessoirement, réduire le stress du
passager. Mais aussi des entreprises comme IER ou… Amadeus. Entièrement
dédié à British Airways,
le nouveau terminal 5 d'Heathrow, par exemple, qui s’ouvrira en mars prochain
et où 80 p.c. des passagers, estime-t-on, se seront enregistrés par Internet précédemment,
sera équipé de toutes les technologies qui permettent aujourd’hui la traçabilité
des passagers comme des bagages. De son côté, Air France se veut le fer de lance
des expérimentations des nouvelles technologies qui
assurent au voyageur autonomie et gain de temps. Exemple : la mise en place d'un
système qui permet à ses passagers en correspondance à CDG 2 d'imprimer leur parcours
à suivre à l'intérieur de l'aéroport, entre les différentes aérogares. Problème : les compagnies peuvent souvent se sentir seules à investir
dans ces nouvelles technologies. Ainsi, Air France souhaiterait promouvoir l'adoption de la RFID
par d'autres compagnies et aéroports afin de mettre en œuvre une véritable
stratégie de déploiement. C.B.
(#144
18 septembre 2007) Retour
en haut de la page Face à Internet, les agences se
transforment Malgré
l’explosion des ventes de voyage sur Internet, les événements du 11 septembre
2001 et le passage à la « commission zéro », les agences de voyage
ont su s’adapter, voire se réinventer, et un grand nombre de voyageurs sont néanmoins
restés fidèles aux agences de voyages qui ont su offrir une réelle valeur ajoutée. Dans
le même temps, les agences de voyages ont amélioré leur rentabilité. Si la vente
de billets d’avion, par exemple, qui n’apporte souvent que très peu de valeur
ajoutée, a sérieusement diminué, la clientèle reconnaît de plus en plus la valeur
du travail des agents et accepte volontiers de rémunérer ce service. Au-delà de
l’obtention d’un bon prix — quelquefois inférieur en agence par rapport à Internet
— les clients apprécient par exemple des conseils sur le choix de la meilleure
chambre, les suggestions de restaurants, les bons endroits à visiter, etc. Les agences détaillantes ont réalisé au cours de l’exercice
2006-2007 un chiffre d’affaires en hausse de 9,4 p.c. par rapport à l’année précédente.
Il est vrai que le nombre de points de vente a diminué de moitié mais le chiffre
d’affaires moyen par point de vente a grimpé de 64 p.c. depuis 1999. Attention : tout ceci se passe… au Québec. Où l’on observe
par ailleurs avec intérêt la tendance à l’aménagement du design des agences en
Europe, où certains lieux ressemblent plus à des boutiques d’arts qu’à des agences
de voyages. Certains ont importé de grands arbres exotiques. D’autres s’assurent
d’éveiller les sens avec des senteurs de thé, des bougies, des parfums, etc. pour
plonger à l’avance le visiteur dans un autre monde. Une
autre tendance semble aussi se dessiner, la vente d’articles de voyages. C’est
ce que propose par exemple le réseau de Voyageurs
du Monde, où l’on trouve par exemple des cartes, des GPS, des livres et autres
objets à valeur ajoutée pour le voyage. Certaines agences, à côté de
cocktails, conférences et autres ateliers photo, ont quant à elles développé une
facette culturelle de leur offre en proposant des expositions-ventes d’objets
artisanaux de tous les coins du monde, qui enrichissent la décoration et attirent
une nouvelle clientèle. [Réseau
de veille en tourisme] (#142
4 septembre 2007) Retour
en haut de la page Naissance de l’internaute expert Le colloque annuel organisé le 19 juin dernier par Guy Raffour a plus
que tenu ses promesses, avec des intervenants de qualité et une masse d’informations
nouvelles et passionnantes. L’étude que Guy Raffour mène chaque année auprès d’un
échantillon représentatif de Français sur leur comportement par rapport aux vacances,
a confirmé les tendances des années précédentes, à savoir que les vacances, pour
une majorité croissante, même, d’entre eux (57 p.c.), restent un besoin vital,
associé à une rigueur budgétaire croissante, elle aussi. Les chiffres confirment
aussi la fracture numérique : l’âge, les revenus, restent déterminants, mais
on constate une corrélation toujours plus grande entre le fait d’être internaute
et celui de partir en vacances : 75 p.c. des internautes, soit 21,3 millions
de Français, sont partis, une ou plusieurs fois, au cours de l’année 2006. Et
21 p.c. des Français qui sont partis en vacances ont réservé en ligne. Pour préparer
leurs séjours, 40 p.c. des Français ont recours à Internet, et 55 p.c. d’entre
eux ne consultent que des sites web. On voit encore que 20 p.c. n’avaient
pas de projet précis au départ, et que 21 p.c. de ceux qui en avaient un… on changé
d’avis ! On assiste manifestement à la naissance d’un internaute expert,
qui sait ce qu’il veut, ou qu’il ne veut pas, et qui sait de mieux en mieux se
procurer l’information nécessaire. Pour la première fois aussi, le taux de transformation moyen est majoritaire,
à 52 p.c. C’est l’hébergement (65 p.c.), suivi des transports (60 p.c.) qui se
taillent la part du lion, loin devant les séjours tout compris (32 p.c.) et les
activités de loisirs (19 p.c.). Les Français combinent aussi de plus en plus volontiers
les types de réservation, et sont de moins en moins fidèles à une destination
(66 p.c.) : on voit aussi, ici encore, l’émergence d’une demande pour des
séjours thématiques ou expérientiels. Quant au réchauffement climatique, il fait
déjà l’objet d’une réflexion naissante. Impossible de résumer ici les présentations des 22 intervenants qui se sont
succédé*. Epinglons cependant celle de Thierry Baudier, directeur général de Maison de la France, dont le site, qui
intégrera la cartographie à la fin de cette année, a permis de faire chuter de
800 à 350 tonnes la production de brochures en papier — ce ne sont pas les arbres
qui s’en plaindront. Celle d’Isabelle Bremond, directrice du CDT du Rhône, experte en anthropologie
prévisionnelle, qui gère un centre de ressources et d’accompagnement de projets
NTIC. De Claire Gagnaire, directrice générale de Sabre, un GDS qui, face à la concurrence,
évolue vers un agrégateur de contenus et fournisseur de solutions technologiques,
quand la réservation de 386.000 voyages par jour fait l’objet de 19.000 transactions
par seconde… Même inquiétude pour Ghislain d’Auvigny, directeur vente et distribution
du groupe Accor, qui a vu passer de 150, dans
les années 90, à… 16.000 le nombre de requêtes par réservation. Enfin, relevons encore le site de l’Office du tourisme du Portugal
qui, à l’instar de celui de la France, vise des cibles spécifiques, et dont tout
un contenu est disponible en partenariat, celui, bien connu, de Voyages SNCF, qui veut, explique Christophe
Léon, stimuler une demande pour « voyager autrement », et dont le comparateur
de CO2 reçoit 30.000 visites par jour ! Ou encore, dans le même ordre d’idées,
le joli site de Huttopia. Avec une nouvelle application téléchargeable gratuite, Mappi
s’inscrit dans le mouvement d’une demande croissante pour les géoservices, comme
le site de Rhône-Alpes TV, pour la télévision
par Internet au service du tourisme. Enfin, les interventions de Pascal Gaudfrin, DG d’ABCroisières,
créateur d’un moteur de recherche de croisières dynamique, et de Bruno Couly,
PDG d’Autoescape, auront montré que les
intermédiaires peuvent être aussi des partenaires et ont un rôle à jouer dès lors
qu’ils apportent une valeur ajoutée. CB. (*) On trouvera sur le CD Rom offert
aux participants et mis en vente à l’intention des absents, l’intégralité des
interventions au colloque, enrichie ( ?) d’une réflexion de Voyage
& technologies sur un an d’e-tourisme.(#140
3 juillet 2007) Retour
en haut de la page
Le
baromètre annuel Opodo : Internet au secours du « pouvoir partir »
Le Baromètre Opodo, réalisé en
janvier et février par le Cabinet Raffour
Interactif, mesure chaque année avec précision l’évolution des départs en
longs séjours marchands ou non et en courts séjours marchands, ainsi que l’utilisation
que font les Français de l’Internet pour préparer et réserver leurs voyages. Il
montre cette fois que, malgré un nombre croissant d’obstacles au voyage — hausses
de carburant, mesures de sécurité accrues, etc. — 60 p.c. des Français sont partis
en vacances en 2006, contre 62 p.c. en 2005. Leur première priorité reste les
vacances d’été, avec un taux de départ stable de 56 p.c. Et 10 millions de français
sont partis hors de l’hexagone. En revanche, et pour la première fois, les Français
sont moins volontiers partis pour des séjours payants inférieurs à quatre nuitées,
qui accusent une baisse de près de 10 p.c., soit 1,7 millions de moins qu’en 2005.
Pour la première fois aussi, les vacances marchandes (payantes) prennent le pas
sur les non marchandes : 17 millions de Français ont eu recours en 2006 à
un hébergement payant (+ 4 p.c.). La
France compte aujourd’hui 29,3 millions d’internautes (près de 3 millions
de plus qu’en 2005), dont les trois quarts sont partis en vacances en 2006, contre
41 p.c. des « non internautes » ! Sans doute aussi parce que le
Web donne plus de possibilités aux personnes à revenus modestes de pouvoir trouver
des offres qui correspondent mieux à leur budget. A preuve, le taux de départ
des foyers disposant de moins de 1200 € de revenus mensuels est de 63 p.c. pour
les internautes, contre seulement 21 p.c. pour les non internautes ! De même
pour les revenus moyens (de 1200 € à 1900 € mensuels) : 71 p.c. de départ
dans cette catégorie contre 44. L’e-touriste entre dans l’âge mûr,
montre encore le Baromètre Opodo. Ainsi, 12,4 millions de Français préparent désormais
leurs séjours sur Internet, et plus de 50 p.c. d’entre eux transforment leur recherche
en réservant en ligne. Au cours des trois dernières années, le nombre de personnes
préparant leurs séjours sur Internet a crû de 28 p.c. et celui des internautes
réservant entièrement ou en partie leurs séjours en ligne, de 66 p.c. ! Le
nombre d’acheteurs de voyages sur Internet a donc augmenté 2,3 fois plus vite
que celui des internautes. (#126
13 mars 2007) Retour
en haut de la page Le boom des sites de services Si, aujourd’hui, les grands acteurs de l’e-tourisme comme LastMinute.com, Promovacances.com,
Opodo.fr ou Voyages-SNCF.com captent une large part des quelque 4 milliards d’euros
dépensés en ligne en France dans le secteur du voyage, plusieurs nouveaux sites
ont fait le pari des marchés de niche :
-
-
Boutic Voyage,
spécialisée dans la vente de bagagerie de voyages, -
VoyageChic,
qui propose des hôtels haut de gamme à prix préférentiels, -
ou encore VitavieTravel,
une agence qui s’adresse aux personnes atteintes d’un handicap.
Mais depuis plusieurs mois, les sites de services
destinés à aider les voyageurs se multiplient et surfent sur le boom du voyage
en ligne. Plusieurs nouveautés sont épinglées par l’excellent blog You
Vox :
-
Coxoon,
qui se positionne comme le premier site communautaire de mise en relation des
voyageurs du monde entier, avec quatre catégories de services : chatter avec
des voyageurs, voyager par affinité, trouver un bon plan logement et faire des
rencontres ; -
MonVoyageur
qui, pour permettre aux voyageurs de partager leurs expériences personnelles (cf.
Voyage & technologies # 122),
utilise un système Wiki qui rend les pages Web librement modifiables par tous
les visiteurs ; -
Zanzivoyage,
qui se présente comme le moteur de recherche de conseils de voyageurs : recommandations,
bons plans et autres conseils entre internautes avant, par exemple, de partir
faire du shopping à Londres, -
auxquels on pourrait encore ajouter Train
d’union, qui se propose de mettre en relation les utilisateurs fréquents
du train en Europe, et bien sûr YouVox Voyage.
Dans la droite ligne de l'essor d’agences de voyage spécialisées,
le lancement de services en ligne innovants dédiés aux voyageurs apporterait donc
un accompagnement indispensable pour les nombreux internautes un peu perdus dans
la profusion des offres disponibles : les consommateurs cherchent à être
rassurés par d’autres internautes, qui ont partagé le même voyage ou vécu la même
aventure quelques mois avant eux. Il y a donc, conclut le blog, encore de la place
pour des services utiles tirant pleinement profit des possibilités offertes par
le web. [You Vox
Tech] (#124
27 février 2007) Retour
en haut de la page Et voici le carbon marketing !
L’hiver exceptionnellement chaud que nous connaissons n’est
sans doute pas étranger à une vaste prise de conscience du réchauffement de la
planète dans lequel, c’est aujourd’hui avéré, les émissions de dioxyde ce carbone
jouent un rôle essentiel. On voit ainsi fleurir les « carbon calculators », qui doivent théoriquement permettre de
montrer aux voyageurs le nombre d'émissions de CO2 produites ainsi que le coût
financier associé et de choisir ainsi le vol le moins
polluant. Dernier en date, celui de Carlson
Wagonlit, dont une version améliorée intégrera dès avril un outil de
self-booking. Ces initiatives correspondent-elles à un réel besoin, ou ne s’agit-il
que d’une mode passagère, voire d’une fumisterie ?
Car les voyageurs d'affaires, en tous cas, ne semblent pas
encore conscients de l'impact écologique des transports, comme le montre entre
autres une étude réalisée conjointement par l'ACTE et le spécialiste des logiciels
dédié à ce secteur, KDS : 67 p.c. des entreprises n'ont pas de politique
de développement durable en matière de voyage et 80 p.c. des sociétés sondées
ne mesurent pas les émissions de CO2 engendrées par leurs voyages. Elles regretteraient
cependant le manque d'outils de mesure des émissions et la quasi inexistence
d'offres « écologiques » de la part des fournisseurs de voyage, le
sujet devant être « au cœur de leurs réflexions en 2007 ».
« Il y a une demande », affirme pourtant Baudouin Gillis,
vice président Benelux de Carlson Wagonlit, citant l’exemple de son client, Dexia,
une grande banque belge, qui s’est engagée à publier les chiffres de sa consommation
de CO2… dans son rapport annuel. Le principe ? Pour chaque connexion
entre deux aéroports, les émissions de CO2 sont calculées, en fonction du type
d’appareil utilisé, sur base de la durée moyenne d’un vol présentant un coefficient
d’occupation moyen, etc. Les chiffres montrent, en fait, ce que tout le monde
sait déjà : un appareil récent, comme le B 757 ou l’A 340, consomme moins
qu’un avion de la génération précédente. Mais ils sont nécessairement faux puisque,
et tout le monde le sait aussi, la consommation d’un avion dépend d’une série
de facteurs comme son coefficient de chargement, la quantité de carburant emportée
— qui a elle-même un poids —, de l’itinéraire emprunté — dans certains cas, un
supplément de fuel généré par un petit détour compense les taxes à payer pour
le survol du pays voisin —, des conditions atmosphériques au moment du vol, du
survol de zones militaires, etc. Sachant que les pilotes essayent toujours d’optimiser
la consommation, au moins pour des raisons économiques. Et puis du trafic aérien :
«Le Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique (IPCC) estime qu'il
y aurait 12 p.c. d'inefficacité dans la gestion globale du trafic aérien, se traduisant
par 73 millions de tonnes d'émissions de CO2 gaspillés correspondant en valeur
à plus de 13 milliards de dollars», estime Giovanni Bisignani, directeur général
de l'IATA. En 2006, l’IATA a pu
optimiser 350 routes aériennes et permis ainsi d'économiser 6 millions de tonnes
de CO2. Mais il reste des problèmes sur tous les continents. L'approche vers Hong
Kong dure 25 minutes de trop par rapport au temps réellement nécessaire. Il y
a 10 minutes de trop entre Johannesburg et Londres, neuf entre Sao Paulo et Lima,
etc. Or,chaque minute de vol coûte environ 62 litres de kérosène et génère 160
kilos de CO2. « Les gouvernements sont plus prompts à rendre les vacances
plus chères au nom de l'environnement en introduisant de nouvelles taxes, qu’à
améliorer les infrastructures », observe fort justement Giovanni Bisignani,
[TNI] Un
ciel unique européen aiderait également à réduire les 18 millions de minutes
de retard que les voyageurs européens ont subis en 2006,
l'équivalent de trente-cinq appareils totalement improductifs
pendant un an. « L'Europe a une monnaie unique principale mais 34 fournisseurs de services
de navigation aérienne, qui coûtent chaque année 3,3 milliards d'euros aux compagnies
et 12 millions de tonnes de CO2 à l'environnement », remarque encore Giovanni
Bisignani. Or, les solutions techniques existent, et la réduction des émissions
de dioxyde de carbone est avant tout une question de volonté politique. Tout le
reste n’est que marketing. Claude Boumal (#123
20 février 2007) Retour
en haut de la page Les
agences en ligne ont-elles encore un avenir ? La
question, sans en avoir l’air, a été évoquée lors
de la conférence de PhoCusWright, la semaine dernière à Bruxelles.
Déjà l’an dernier, les résultats d’Orbitz avaient plombé ceux de sa maison-mère, Worldspan, tandis que ceux
d’Expedia s’étaient effondrés. Les experts estimaient
alors que 2006 serait une année difficile pour le modèle de l’agence en ligne,
sous la pression de ses fournisseurs et concurrents à la fois, ainsi qu’en raison
de l’émergence de nouveaux modèles de recherche, autant d’éléments qui devraient
avoir un impact sur le taux de croissance, le revenu et la marge opérationnelle.
(cf. Voyage & technologies # 89)
Aujourd’hui, PhoCusWright prévoit que 46 p.c. du volume
des réservations d'hôtels se feront sur les sites d'agences en ligne contre 60
p.c. en 2004 et que les sites des groupes hôteliers généreront 41 p.c. du volume
des réservations en 2007 contre 32 p.c. en 2004. Les tours opérateurs, quant à
eux, représenteront l'an prochain 13 p.c. du marché du voyage en ligne,
contre 7 p.c. en 2004. L’avenir d’ Opodo n’est donc pas écrit non plus, si l’on
en croit Philippe Chérèque, senior vice president corporate strategy d'Amadeus
IT group : « Opodo n’est pas un actif stratégique », a-t-il déclaré
lors de la même réunion. « C’est parce que nous n'avions pas accès au consommateur
final que nous avons investi dans Opodo — qui demeure tout de même la seule agence
de voyages en ligne européenne. Mais cela n’a pas été un choix technologique ».
Pour Thies Rheinsberg, directeur du
développement corporate chez TUI, le modèle des agences en ligne américaines
n’a pas fait la preuve de sa réussite en Europe. Les agences en ligne perdent
de plus en plus de parts de marché. En Allemagne, par exemple, le rapport entre
agences en ligne et TOs ou fournisseurs était de 46 contre 54 en 2002 : il
était en 2005 de 34 à 66 p.c. La raison, selon lui ? les tour opérateurs
ont aujourd’hui rattrapé leur retard, après avoir massivement investi dans les
technologies au cours de ces dernières années. Les agences en ligne doivent désormais
jouer le jeu des TO et se convertir à la vente d'hôtels et de voitures. Ni plus
ni moins. Sachant que les internautes se tournent
aussi de plus en plus volontiers vers les sites dits « de proximité »,
ou sociaux, leur avenir se trouve sans doute aussi dans le système des marques
blanches, qui se développe de plus en plus, mais aussi dans la fourniture d’outils
de packaging dynamique : toujours en Allemagne, et toujours dans le même
temps, le rapport est monté de 37 à 45 en sa faveur contre, on l’aura compris,
les voyages à forfait, lesquels subissent, de 63 à 55, une désaffection
continue. C.B. (#106
2 octobre 2006) Retour
en haut de la page La
technologie, passage obligé du transport aérien en Afrique Inventorier
les faiblesses mais aussi les forces ¾ plus
nombreuses qu’on n’imagine ¾
du transport aérien en Afrique, tel était l’un des objectifs du premier African
Airlines Forum, qui s’est tenu à Bamako les 6 et 7 avril derniers sur une
idée des organisateurs du Cannes Airlines Forum (cf. Voyage & technologies #75).
Car si l’Afrique ne représente
qu’une faible part du trafic aérien mondial (4,5 p.c.), son taux de croissance
est bien supérieur à la moyenne mondiale. Mais depuis la disparition d’Air Afrique,
le continent s’interroge : les liaisons se font essentiellement selon un
axe nord-sud avec des capitales européennes, au seul bénéfice de compagnies européennes
également. Une intéressante étude, sponsorisée par l’Union Européenne, montre
bien que l’Afrique ne dispose pas assez d’aéroports organisés en hubs et connectés
les uns aux autres, de sorte que le trafic interafricain doit le plus souvent
transiter par l’Europe. Malgré l’enclavement de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest
et Centrale, le trafic régional y est en stagnation. Sur 276 paires de villes,
seules une douzaine ont un trafic supérieur ou égal à 150 passagers par jour et
par sens… Le développement économique exige un réseau mieux développé, un maillage
plus étroit entre les principales cités africaines elles-mêmes.
Les compagnies africaines ¾ il y en a quelque trois cents ! ¾ souffrent,
dans leur ensemble, de sous-capitalisation qui freine la modernisation de leur
flotte, l’équipement des aéroports, etc. Mais les investisseurs privés sont rares.
De coûts d’exploitation trop élevés, de services déficients. On pointe aussi l’indifférence
des politiques, dont beaucoup considèrent encore la compagnie aérienne nationale
comme leur propriété privée : « détournements » d’avion selon leurs
besoins, billets gratuits pour toute la famille, etc. Un phénomène connu, qu’on
taisait jusqu’ici, mais qu’on a cette fois ouvertement dénoncé. Au
chapitre des points forts, au contraire, on peut épingler l’expérience des équipages
et les compétences du personnel, en particulier du personnel au sol, qui dispose
d’un centre de formation, à Bamako précisément, ouvert à tous les Africains. Des
salaires compétitifs, du support des Etats. Fousséni
Konate, président d’Abidjan Catering, qui présidait aussi
ce premier Forum, devait tracer quelques pistes, comme l’homogénéisation des flottes
en vue d’économies d’échelle, la mise en place de systèmes de distribution, outils
d’accès aux marchés mondiaux, et de contrôle, permettant d’optimiser les recettes
de chaque vol. Il faut, estime-t-il, s’orienter vers des compagnies communautaires,
impliquant plusieurs partenaires. Et lutter contre les dysfonctionnements, qui
demandent de profonds aménagements, des droits de trafics comme des infrastructures. Une
compagnie « régionale » africaine l’an prochain ? Secrétaire
général de l’Afraa, l’association des compagnies
aériennes africaines, Christian Folly-Kossy, plaide pour la définition d’objectifs
clairs et d’une stratégie appropriée. Il faut, dit-il, consolider, voire fusionner
plusieurs compagnies nationales. Mais un « vieux sage » africain, le
Togolais Gervais Koffi Djondo, président honoraire du groupe financier Ecobank,
aujourd’hui président de la SPCAR, Société
de Promotion pour une compagnie aérienne régionale, va plus loin, en plaidant
avec conviction pour la création d’une nouvelle compagnie régionale : « Le
cadre le permet, la réalité l’exige », dit-il. La Banque d’Investissement de la Communauté
Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
s’y est impliquée, de même que les Chambres de Commerce. Société de droit privé,
dont le capital est ouvert à toutes les compagnies, elle sera gérée par des professionnels,
indépendamment des pouvoirs politiques. Dakar a été choisie pour abriter son siège
sociale, tandis que le siège d’exploitation sera à Lomé. Avec l’objectif d’ « ouvrir
l’Afrique de façon transversale », la nouvelle compagnie ¾
on en est à l’élaboration du plan d’affaires ¾ pourrait voir le jour dès l’an prochain. Le projet a reçu,
en tous cas, à Bamako, le soutien des agences de voyage.
Qu’elles intègrent ou
non cet ambitieux projet, les compagnies aériennes africaines trouveront dans
les nouvelles technologies les moyens nécessaires à leur développement, estimait
Gaston Baganzicaha, représentant ProInvest. Avis partagé par le ministre
malien des Transports, Abdoulaye Goita : pour un « décollage durable »,
l’Afrique doit être à leur rendez-vous, et ce ne sera possible que dans un cadre
de partenariat. Mais des questions demeurent : les
compagnies seront-elles prêtes pour l’e-ticket, comme l’exige l’IATA, fin 2007 ? Il y a peu d’argent, peu
de compétences en IT, les aéroports ne sont pas assez automatisés, les télécoms
sont souvent difficiles…Il n’est sans doute pas trop tard, mais il est grand temps
¾ en février
dernier, 57 p.c. des compagnies dans le monde étaient déjà équipées ¾ car à défaut, elles n’auront plus
la collaboration de 60.000 agences de voyage dans le monde. L’accès limité à Internet
et le faible taux d’utilisation des cartes bancaires constituent un autre handicap.
Comme devait enfin le
souligner Bruno Frentzel, senior vice president de SITA,
on peut réduire les coûts en se focalisant sur la technologie, à condition de
choisir de préférence des systèmes ouverts, et d’utiliser des ressources partagées.
Ce
ne sont donc pas les défis qui manquent au secteur aérien en Afrique : le
grand mérite du premier African Airlines Forum ¾ que
parrainait, entre autres, notre propre partenaire SNBA ¾, aura été d’en dresser l’inventaire,
mais d’avoir aussi constitué le cadre d’un dialogue nécessaire d’où sont issues,
déjà, quelques ébauches de solution. Claude Boumal (# 96
25 avril 2006) Retour
en haut de la page
Les nouveaux internautes tirent les chiffres du tourisme vers
le haut
Les
résultats de l’enquête annuelle d’Opodo
sur le comportement des internautes français, réalisée par le cabinet Raffour, viennent d’être
rendus publics. Un échantillon représentatif de la population française élaboré
selon la méthode des quotas, mille entretiens en tête-à-tête réalisés à domicile,
en janvier, par des enquêteurs professionnels, systématiquement vérifiés :
il s’agit, pour Petra Friedman, directrice générale d’Opodo France, de l’étude
qualitative la plus sérieuse réalisée en France.
Celle-ci
apporte, bien sûr, de précieuses informations sur les habitudes des Français,
désormais très contrastées. Si 31,5 millions de personnes sont parties en vacances
en 2005, tous types de séjours confondus, c’était, pour près de la moitié, en
formule « non marchande » (+5,4 p.c.) : les départs en vacances
marchandes ont, eux, baissé de 5,9 p.c.. Les courts séjours ont connu, aussi,
un tassement, avec une baisse de la fréquence du nombre moyen de départs :
2,38 contre 2,63. Et si 11 p.c. des Français fractionnent leurs vacances, cela
signifie des séjours plus courts, donc moins de nuitées. Ce n’est pas que leur
pouvoir d’achat a baissé, mais ils sont un peu moins confiants dans l’avenir,
et préfèrent épargner ou investir. Pourtant, ils restent prêts, à 62 p.c. ¾ c’est 7,8 p.c. de plus que l’an dernier ! ¾ à sacrifier un poste budgétaire pour les vacances :
celles-ci passent alors devant l’électronique et l’habillement, des tendances
qui confirment que les vacances sont bien devenues un besoin vital, comme le dévoilait
déjà la précédente étude (cf. Voyage & technologies #62). L’afflux
des nouveaux internautes tire les chiffres
du tourisme vers le haut. Les internautes sont à présent 61 p.c. (+19,6 p.c.)
à préparer leurs vacances sur le web, soit 11,5 millions, soit 37 p.c. de ceux
qui partent. On compte même 49 p.c. des vacanciers qui ne préparent leur voyage
que sur Internet ! ¾ avis aux tour opérateurs :
ils pourraient aussi bien diviser par deux le tirage de leurs brochures…Ils sont
à présent 5,7 millions (+ 46 p.c. !) à réserver via Internet, soit 18 p.c.
de ceux qui sont partis, et le taux de conversion visiteurs/acheteurs est passé
de 41 à 49 p.c. ¾
Petra Friedman s’attend pour 2006 à une accélération.
Les
internautes sont toujours proportionnellement plus nombreux que les autres, et
leur nombre augmente plus vite, à partir à l’étranger et dans les Dom-tom :
+8p.c. contre +6,2 des Français. Les « urbains » aux revenus élevés
restent les plus grands consommateurs de voyage, mais les internautes ouvriers
et employés sont de plus en plus nombreux (52 p.c. contre 44 l’an dernier), et
53 p.c. d’entre eux passent à l’achat en ligne. On observe, aussi, une consommation
plus élevée de voyages sur Internet par les femmes. Surtout, elles passent plus
volontiers à l’achat que les hommes :47 p.c. contre 31, et même 66 p.c. pour
les 25 à 34 ans ! Enfin,
on ne sera pas surpris du succès des « last minute » : 19 p.c.
des Français, mais près de la moitié des réservations chez Opodo… Succès croissant,
aussi, pour les formules « all inclusive ». On apprend enfin que, si
la marque est déterminante, à 66 p.c., dans
le choix des internautes, les vacanciers reste infidèles aux destinations :
58 p.c. d’entre eux ne retourneront pas au même endroit l’été prochain. Alors,
au Canada ? Peut-être pas, puisque les Français, jusqu’ici, ne partent guère
en vacances dans les pays dont ils rêvent en fait le plus… C.B. Ces
chiffres, et de nombreux autres, seront abondamment commentés lors de la prochaine
conférence
« Nouvelles tendances de la consommation touristique en France » qu’organise
à Paris le cabinet Raffour le 27 juin.(#92
14 mars 2006) Retour
en haut de la page Le
« podcasting » a le vent en poupe Du
nom du baladeur i-Pod d’Apple, le podcasting désigne à présent n’importe
quel système portable susceptible de télécharger n’importe quel contenu :
de la musique, mais aussi de la vidéo et, bien sûr, des commentaires. Ultra
léger et peu encombrant, qu’il s’agisse de l’i-Pod — à la mémoire impressionnante
— où d’un « bon vieux » lecteur MP3 comme en possèdent tous les ados,
il fait aujourd’hui partie de la panoplie technologique minimum de l’honnête
homme du XXIème siècle. Qui s’est imposée en un an à peine : à la date
du 28 septembre 2004, une recherche sur le mot « podcast » ramenait
24 références, 100.000 un mois plus tard et… 115 millions aujourd’hui ! [Newsfactor Magazine]
La technologie se prête particulièrement
bien à la diffusion d’informations touristiques : la visite « guidée »
d’une ville, d’un musée ou d’un site historique peut ainsi se faire à son rythme
et dans la langue de son choix. Voyage
& technologies s’est souvent fait l’écho de diverses initiatives,
comme le PocketVox
(#82), les audio-guides de Virgin Atlantic sur New York et de d-tours
à Bruxelles (#63), la technologie de la société ESPRO (#51), le site de l’Etat de l’Ohio (#40), etc. Dernière en date :
la ville de Dublin, qui propose le téléchargement — gratuit —au départ du site
de l’Office de tourisme, de la première
d’une douzaine de promenades audio, agrémentées d’un guide au format PDF. Pionnière
dans le domaine des visites guidées sur support mobile — elle vient de lancer
en Arles RallyVisit®, à la découverte ludique d’un patrimoine — la société
française Voxinzebox, créatrice d’Allovisit,
propose
toujours les visites commentées de 35 destinations en France par téléphone portable,
mais celles-ci sont désormais également téléchargeables au format MP3. On
peut aujourd’hui trouver sur le Web des centaines de propositions de visites commentées
de musées, de villes voire de régions entières, à télécharger sur un i-Pod ou
au format MP3. Beaucoup sont gratuites, mais la
presque totalité sont encore évidemment en anglais. Aux
Etats-Unis, Soundwalk a déjà édité une
douzaine de guides sur différents quartiers de New York, mais aussi sur Paris
et Varanasi, téléchargeables au format MP3, comme sur le site d’Audiosteps, qui couvre New Orleans, Sacramento,
Philadelphia, Sans Francisco et Washington DC ainsi que, au Royaume Uni, Londres,
Bristol et Bath. Talking Street, pour
sa part, reste fidèle au téléphone portable mais ne propose encore que le Lower
East Side et Manhattan, à New York, et Washington DC, et pour 2006, Chicago, Las
Vegas, Los Angeles, Miami, Seattle, etc. Phénomène
connexe, le « blogueur » d’hier est devenu un « podcasteur »,
et les moteurs de recherche de blogs, comme Technorati,
qui se targue de plus de 26 millions de sites, se sont mis à traquer aussi les
Podcasts qui, avec le nouveau service de Yahoo !
ont désormais leur moteur de recherche spécialisé. Sa
rubrique « Travel » approche les 20.000 sites, parmi lesquels celui
de Gary Brembridge, Tips for Travellers.
Et l’i-Pod a, bien sûr, son site de news. Le
monde du podcast est en train d’exploser, et apportera sans doute une (partie
de) solution à une demande croissante de contenu. Accessoirement, voilà un nouveau
créneau pour la création d’entreprises et d’emplois pour des historiens, comédiens,
musiciens, traducteurs et techniciens. C.B. (janvier
2006) Retour
en haut de la page Tourism@
a confirmé sa vocation internationale Tourism@,
le salon des nouvelles technologies appliquées au tourisme, organisé conjointement
par la Chambre de commerce et d’Industrie de Nice-Côte d’Azur et Télécom Valley
— l’association regroupant les entreprises de Sophia Antipolis — a désigné les
lauréats de ses deux grands prix, chacun d’une valeur de 10.000 euros. Dans la
catégorie « Meilleure innovation technologique », le vainqueur est la
jeune société Cyrlink, basée à Toulon, qui a développé
et breveté un appareil assurant la réception des sons par les os du crâne :
ce dispositif sans fil, qui a une portée de plusieurs centaines de mètres, présente
de nombreuses applications liées au tourisme, par exemple pour les groupes accompagnés
d’un guide, qui n’aura plus à hurler pour se faire entendre ou attendre que ses
ouailles veuillent bien se rassembler… Le projet a aussi d’autres applications
dans le domaine des activités sportives, de sécurité, etc. Le
prix de la « Meilleure utilisation de la technologie » est allé à la
société d’exploitation de la station de Valberg et des Portes du Mercantour avec
un site de vente en ligne de forfaits ski « low cost » à la journée,
qui a déjà assuré l’an dernier 15 p.c. de son chiffre d’affaires. Une passerelle
est envisagée avec le site d’EasyJet, compte tenu des nombreux Anglais qui
utilisent la compagnie sur Nice pour aller skier dans les Alpes du Sud. Comme
l’an dernier, le jury, présidé cette fois par Petra Friedman, directrice générale
d’Opodo, a également attribué
quelques « palmiers » de consolation : Locationdevacancesexpress.com,
un comparateur de plus de 3.000 résidences de vacances, reçoit le palmier de l’Expertise.
Déjà lauréat d’une session précédente pour son produit AlloVisit, Voxinzebox
reçoit le palmier du m-tourisme pour l’évolution de son produit vers une plate-forme
de téléchargement de visites guidées au format MP3, déjà adopté par une quarantaine
de villes. Un Prix spécial du Jury est encore allé au château de Thoiry pour son « labyrinthe
du songe de Polyphile », la palme de l’originalité à Œil de Lynx,
support d’animation multimédia de Nokinomo, un palmier du Futur pour Ether,
dossier médical du voyageur réalisé par les étudiants de l’Essi à Sophia Antipolis, ainsi qu'à la société
Presencia pour son écran trisensoriel Scentys, son, images et… parfums ! Un
tiers des dossiers retenus — plus d’une soixantaine — avaient été déposés par
des entrepreneurs étrangers, confirmant ainsi la vocation de plus en plus internationale
de Tourism@, dont c’était la sixième édition.
C.B. (#76
8 novembre 2005) Retour
en haut de la page S’adapter
pour survivre : la technologie s’impose « S’adapter
pour survivre », tel était le thème du 14ème Cannes Airlines Forum
qui s’est tenu du 26 au 28 octobre. Si l’industrie affirme son dynamisme — on
est passé en vingt ans de 332 à 673 compagnies aériennes, 81 sont encore en projet
et on n’a enregistré dans le même temps que 90 faillites de sociétés de plus de
dix appareils — elle vit aujourd’hui dans un contexte difficile. On s’attend à
ce que, malgré une augmentation globale de 8,3 p.c. du trafic passagers, les pertes
cumulées des compagnies atteignent cette année près de 7,5 milliards de dollars.
Avec, il est vrai, des situations contrastées : ce sont surtout les compagnies
américaines qui sont le plus touchées : -8,85 milliards d’euros, alors que
les compagnies européennes sont plutôt en profit — 945 millions d’euros cumulés
pour les quatre premières d’entre elles, Air France/KLM, Lufthansa et British
Airways. Une inflation de taxes, des rigidités internes et, surtout, l’augmentation
de la facture pétrolière, qui intervient en moyenne pour un quart des coûts du
transport aérien, imposent une même obligation de progrès
et de changements. Ce ne sont
cependant pas les idées qui manquent. Président honoraire d’IATA, Pierre Jeanniot
a pointé à Cannes les domaines critiques, à commencer par les appareils, où l’aérodynamique,
l’électronique, le poids et les moteurs peuvent concourir, comme dans les tout
derniers modèles d’Airbus ou de Boeing, à une réduction de la consommation. L’optimisation
des flux dans les aéroports pourrait conduire à 18 p.c. d’économies de carburant :
3,6 milliards de dollars pour une seule minute par vol, correspondant aussi à
4,2 tonnes de CO2. On a également chiffré les
économies réalisables grâce au recours accru aux nouvelles technologies :
l’electronic ticketing généralisé représenterait un gain de 3 milliards de dollars
par an, le « web check in », 3,5 milliards, les CUSS — Common Use
Self Service, les bornes d’enregistrement multi-compagnies — 3,5 milliards
également. Le programme « Simplfy the
Business » mis en place par l’IATA semble pourtant tarder à porter ses
fruits. Imaginé dès 2004 et adopté par l’assemblée générale de l’IATA en juin
2005, il porte sur cinq points spécifiques — le futur aéroport de Berlin, prévu
pour 2015, se propose de les rencontrer tous — et dispose de moyens importants.
En août dernier, l’e-ticketing connaissait un taux de pénétration de 33 p.c.,
mais on ne comptera encore, fin 2005, que huit aéroports équipés de bornes CUSS…
Quand on sait que les pertes de bagages coûtent aux compagnies 1,6 milliards de
dollars chaque année, les bénéfices que peut apporter la technologie RFID restent
à valider. Jusqu’ici, cette technologie — que certains verraient bien appliquée
aux passagers eux-mêmes — n’a pas vraiment démontré sa supériorité, notamment
en raison du coût actuel des puces et, surtout, de problèmes de compatibilité
entre les bandes UHF de différentes régions. Des standards définitifs doivent
être adoptés d’ici la fin de l’année encore. L’IATA,
dans le courant de 2006, estime Philippe Bruyère, directeur du projet StB,
devra donc apporter un soutien accru aux compagnies qui ont tardé dans la mise
en oeuvre du programme et accélérer le processus. Notamment dans la mise en place
du Bar Code Boarding Pass (BCBP), une technologie qui ne demande pas d’investissements
majeurs. Enfin, le programme e-freight est encore plus ambitieux, qui se
propose de supprimer le papier, alors que chaque envoi aérien nécessite aujourd’hui
de 25 à 30 documents différents… Les alliances
n’ont pas permis d’éviter la crise, constate Didier Bréchemier, directeur
chez Roland Berger Strategy Consultant : les cinq premières compagnies aériennes
totalisent encore 35 p.c. du marché. Il prédit la fin des alliances, au bénéfice
de rapprochements géographiques — telle la fusion Air France-KLM — et d’autant
que plus d’une vingtaine de low cost sont apparues chaque année en Europe
depuis 1992. Plusieurs évolutions ou ruptures sont possibles, selon lui, pour
s’adapter. Des restructurations de flottes, consolidations ; une externalisation
de plus de métiers, y compris du personnel navigant. On verra aussi apparaître
de nouveaux business models, comme des associations entre compagnies traditionnelles
et low cost, et des LCC long courrier. Mais ce sont les ruptures technologiques
sur la touchée qui devraient être les plus spectaculaires, avec l’apparition de
nouvelles infrastructures d’ici cinq ans, dans le traitement des passagers — notamment
la gestion des files d’attente — et les modes de distribution. Dans ce paysage
en mutation, les aéroports, estime-t-il, joueront un
rôle d’assembleur principal de tous les aspects juridiques, d’infrastructures
et technologiques. Un bel exemple, présenté par son directeur, Jean-Pierre Jobin,
est celui de l’aéroport de Genève, dont l’ancienne aérogare est devenue un terminal
« simplifié », dédié aux low cost, offrant des prestations différentes
et, donc, des tarifs différenciés. Le rail
n’échappe pas au besoin d’adaptation, souligne Guillaume Pepy, directeur général
de la SNCF et président d’Eurostar : alors que le TGV fait désormais jeu
égal avec l’avion pour les trajets égaux ou inférieurs à 4 heures 30, la mise
en service de l’iDTGV a permis de gagner 4 points de parts de marché sur Paris-Marseille.
Le site de Roissy a identifié un million de passagers communs au TGV et à l’aérien.
D’ici 2015, les trains à grande vitesse — plus de 250 Km/h est le critère — transporteront
100 millions de passagers en Europe et, en 2020, le nombre de lignes aura été
multiplié par cinq. Et, déjà, 20 p.c. des billets émis le sont sur Internet.
Avec le marché unique européen, dont on n’a pas encore
tiré toutes les conséquences, mais dont le modèle va sans doute progressivement
s’imposer dans le monde, pense Jean-Cyril Spinetta, PDG d’Air France, la révolution
Internet est un des éléments majeurs pour l’avenir des compagnies aériennes. D’une
part, les barrières des systèmes commerciaux traditionnels ont disparu, rendant
par exemple les « hard sales » complètement inutiles. D’autre part,
parce qu’Internet permet une « comparabilité » totale des tarifs :
« désormais, ce sont les clients qui fixent les prix, les débats secondaires
sont réglés par la réalité du marché », constate Jean-Cyril Spinetta. La
part des coupons Internet sur base de la contribution domestique en France est
à présent de 30 p.c.. Sur le marché italien, par exemple,
cela représente un coût par billet amoindri de 14 euros, et même de 20 euros dans
le cas d’une augmentation de chiffre d’affaires de 30 p.c. Pour Bruno Frentzel,
senior vice president Sales & Distribution de Sita, la promesse des technologies
est de descendre à un coût unitaire de traitement des billets inférieur
à 10 cents. Les
moteurs de recherche en sont une illustration : quand un agent de comptoir
effectuait jadis en moyenne 40 transactions par booking, on en est aujourd’hui,
pour une base 100 en 1997, à 1.500 transactions sur Expedia ou un GDS, chiffre
qui devrait plus que doubler l’année prochaine. La
réduction des coûts vient aussi de la réduction du coût unitaire des appareils.
Le coût du siège au mile est tombé par exemple de 30 p.c. entre l’A320 et l’A380.
La densification des avions, estime encore le PDG d’Air France, permet d’offrir
11 p.c. de capacité supplémentaire, pour un coût de 3,5 p.c.
inférieur. Parallèlement,
l’amélioration des performances peut venir d’une augmentation des fréquences (+82
p.c. chez Air France) et d’une meilleure gestion des connexions qui, chez Air
France toujours, génèrent entre 50 et 150 p.c. de trafic supplémentaire :
aux 59 arrivées de moyens courriers avant 9:30 h et 21 départs long courriers
entre 10:15 h et 11:00 h correspondent donc 1.319 combinaisons possibles.
Si donc la réalité économique des « legacy carriers »
est contrastée, il n’est pas non plus de réponse unique aux défis qui leur sont
lancés. Ce qui ressort en tous cas de ces deux journées, très denses, de réflexion,
est que la technologie doit être plus que jamais au centre des préoccupations
de tous les responsables de l’industrie aérienne. Le message a été bien reçu.
C.B. (#75
1er novembre 2005) Retour
en haut de la page Une
typologie de l’e-touriste Dans
la foulée de l’étude publiée par Guy Raffour en
juin dernier (cf. Voyage & technologies # 62), Yahoo ! Kelkoo
et Overture se sont intéressés de plus près aux usages et comportements
des e-touristes. Les résultats de ce « complément d’enquête » ont été
publiés à l’occasion de TopResa et sont disponibles intégralement ici. Ils
montrent que tous les e-touristes n’ont pas tous les mêmes habitudes de réservation
et d’achat, qui varient selon leur degré d’investissement
dans le Web. Les recherches des internautes sont le fruit de choix et de besoins
différenciés. Et la recherche du meilleur prix, par exemple, n’est pas sa seule
motivation. Les auteurs
de l’étude une typologie qui distingue trois catégories d’e-touristes : -
l’instigateur alternatif fait appel à une multitude de sources d’information,
dont Internet, bien que prioritaire, n’est qu’une composante. Ses achats en ligne
sont relativement peu impliquants, souvent résumé à du transport « sec » :
les moins de 25 ans et les plus de 45 ans sont les plus représentés au sein de
ce groupe. - l’hébergé
interactif : généralement âgé de plus de 35 ans, vivant en couple ou
en famille, son usage d’Internet est associé à un comportement d’achat ou de réservation
d’un hébergement. Avant de commencer sa recherche sur Internet, il a déjà une
idée claire de sa destination. -
l ’acheteur conquis : Internet est pour lui,
souvent âgé de moins de 35 ans et célibataire, le meilleur moyen d’acheter au
meilleur prix. Il fréquente assidûment les sites d’accès à la transaction commerciale
et achète le plus fréquemment ses billets d’avion, loue des voitures ou achète
des forfaits en ligne. Retour
en haut de la page Mobissimo
débarque en Europe Bien
que déjà opérationnel, cest officiellement vendredi,
dans le cadre de Top Resa, que la version française du métamoteur
Mobissimo sera inaugurée. Avec à
sa tête Béatrice Tarka, Française dorigine polonaise,
expatriée aux Etats-Unis, cofondatrice de France Portage puis PDG
dAxall Media, qui lui apporte son expérience de lindustrie
du voyage et des marchés de consommation.
La France serait-elle la première étape dun déploiement
mondial ? Tout à
fait. Nous irons sans doute aussi dans la région Asie-Pacifique, mais nous
commençons par lEurope : après la France, nous comptons ouvrir
dans les prochains mois des filiales en Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne
et en Espagne lordre chronologique nest pas encore fixé.
Quest-ce qui vous différencie
des autres comparateurs, comme Kayak ?
Dabord, nous avons les partenaires exclusifs les plus nombreux, comme American
Airlines, dont nous sommes le seul métamoteur de recherche autorisé.
Ensuite, nous avons une technologie propriétaire. Enfin, nous sommes les
plus développés à linternational. En particulier sur
le segment des low cost : nous avons des accords avec pas moins de 51 compagnies
! Faites lexpérience de chercher un vol entre Bangkok et Hong Kong
: vous en trouverez aux environs de 400 dollars sur Opodo, et 50 dollars sur Mobissimo
! Quest-ce
qui distingue le site français de la version .com ?
Il est bien sûr en français.
Pour le reste, nous allons progressivement implanter les nouveaux produits, déjà
testés avec succès aux Etats-Unis, comme Mobicombo, qui permet
de combiner des vols sur des compagnies régulières et sur des low
cost. Cela a très bien marché cet été avec des destinations
telles que Zagreb, Varsovie, Athènes,
Cela permet la plupart du temps
davoir moins de stops et de meilleures connexions. Un San Francisco-Pise,
par exemple, nest possible que via Londres et avec easyjet. Nous prévoyons
cette extension pour la fin de lannée.
Quel est votre modèle économique ?
Il y a deux grandes sources de revenus : publicitaires, avec des bandeaux, des
liens sponsorisés sur le site, et daffiliation : de grandes agences
de voyage comme Opodo, des hôtels en direct, et certaines compagnies aériennes.
Sinon, nous navons pas daccords commerciaux avec les compagnies aériennes.
Nous aimons cependant travailler avec elles sur un mode consensuel : cela nous
permet un contenu plus riche. Par exemple, si nous avons accès aux champs
XML, nous disposons de plus dinformations, comme par exemple les conditions
dupgrading, etc.
A quel public vous adressez-vous ?
Nous ne sommes pas, et nous ne voulons pas être une agence de voyage, même
si nous lançons de nouveaux services aux consommateurs. Nous observons
par exemple avec intérêt des initiatives comme Groople
(cf Voyage & technologies # 25). Nous sommes un lien entre lagence
de voyage, les consolidateurs, les compagnies aériennes et les utilisateurs.
Mais il est clair que nous nous adressons essentiellement au consommateur final. Propos
recueillis par Claude Boumal (#69
- 20 septembre 2005) Retour
en haut de la page Faut-il
« déréguler » les GDS ? C’est
normalement dans le courant de ce mois de septembre que la Commission Européenne
pourrait se prononcer sur les recommandations du Brattle Group sur la dérégulation
des GDS, un rapport de 111 pages commandé par la Direction Générale Transport
et Energie dès 2002. Les
éventuels changements qui affecteraient le secteur ne devraient cependant pas
porter effet avant la fin de l’année 2006 au plus tôt — sinon même, selon certains
experts, avant trois ou quatre ans. La
Commission a d’abord attendu de pouvoir mesurer les premiers effets de la dérégulation
intervenue aux Etats-Unis en juillet 2004 ; elle s’est ensuite donné le temps
de considérer le cas particulier d’Amadeus et l’avenir de ses relations avec les
trois compagnies fondatrices, Air France, Lufthansa et Iberia. Enfin, la constitution
d’une nouvelle Commission a encore quelque peu retardé l’arrivée de ce dossier
sur la table. L’obsession
de Bruxelles, on le sait, est de favoriser les conditions d’une réelle concurrence
entre les entreprises en général, notamment en éliminant les situations de monopole
qui nuisent à la liberté de choix du consommateur final comme au niveau des prix.
Or, les GDS, à l’origine du moins, ont été créés par des compagnies aériennes :
la Commission estime qu’ils favorisent dès lors leurs compagnies partenaires en
affichant prioritairement leurs vols au détriment de leurs concurrents. « Faux ! »
rétorque-t-on chez Amadeus — le GDS le plus concerné par le projet — où l’on souligne
que pas moins de 149 compagnies aériennes utilisent son système pour leurs propres
réservations. Le
rapport Brattle dégagaite trois scénarios possibles… dont l'un prenait en
compte le maintien de la présence des trois grandes compagnies européennes dans
Amadeus, les changements les plus importants portant sur l’interdiction d’une
discrimination entre compagnies basée sur les fees et services. Il estimait aussi
qu’un désinvestissement des compagnies aériennes n’éliminerait pas pour autant
le risque de voir se maintenir des relations suffisamment fortes et un partage
des bénéfices… Or,
la donne a quelque peu changé depuis la première réunion du Brattle Group.
D’une part, Amadeus et pour de toutes autres raisons s’est entre-temps
vendu à un fonds d’investissements… auquel ont participé ses trois compagnies
fondatrices (cf. Voyage & technologies #65) : leur présence par
intermédiaire doit-elle encore être considérée comme significative ?
D'autre part, l’émergence de puissants outils comparatifs
de prix, comme Mobissimo ou Kayak, menace désormais les GDS et, plus encore,
l’arrivée des GNE — GDS New Entrants
— que sont notamment G2 SwitchWorks
et ITA (cf. Voyage & technologies #55), lesquels ne font pas mystère
de leur intention de s’attaquer au marché européen. Star
Alliance qui, avec ses seize membres représentant 29 p.c. du chiffre d’affaires
aérien mondial, annonçait récemment qu’elle étudiait les nouvelles fonctionnalités
offertes par ces GNE, comme des solutions sur mesure pour les voyageurs d’affaires,
que les GDS actuels sont en peine de proposer. Air Canada, SAS, Singapore Airlines,
United et même Lufthansa se sont jointes à cette initiative.
Le souci de chaque compagnie est
bien sûr de réduire ses coûts de distribution. Chacune a développé son propre
site Internet, et de plus en plus nombreux sont les internautes qui se rendent
d’abord sur un site généralisteavant de finaliser leur réservation sur
celui de la compagnie aérienne de leur choix, qui voit ainsi s'accroître de jour
en jour une clientèle captive et fidélisée L’avenir
des GDS n’est donc pas écrit : aussi performante que soit la technologie
qu’ils ont développée — ce sont des dizaines de millions de tarifs et de sièges
en stock qui sont traités chaque jour ! — il dépendra du succès des GNE,
mais aussi de l’évolution des solutions proposées sur Internet par les agrégateurs,
les comparateurs et les compagnies aériennes elles-mêmes. Et plus encore, du marché
et de la conjoncture. En attendant, la valse des fusions et acquisitions a débouché
sur une recomposition totale du paysage, où les GDS se sont de plus en
plus impliqués dans la vente en ligne au grand public et aux entreprises.
Ils gardent pourtant leurs supporters,
ceux du statu quo : aussi longtemps qu’une compagnie aérienne conserve
le contrôle d’un GDS, une forme de gouvernance reste nécessaire pour assurer les
conditions de la concurrence. A défaut, une dérégulation totale aurait des conséquences
désastreuses, craignent-ils, sur les relations entre fournisseurs, distributeurs
et clients. Pour les entreprises en tous cas, estime par exemple Peter Sijbers,
président EMEA de l’ACTE, il est vital que
les GDS puissent continuer à distribuer le contenu le plus large possible. C.B.
(#67
6 septembre 2005) Retour
en haut de la page Les
vacances, un « besoin vital » pour 52 p.c. des Français
Les Français sont
toujours plus nombreux à partir en vacances à létranger
: 31 p.c. dentre eux, contre 21 p.c. en 2003, dont plus de six millions
dinternautes. Ils se situent dans la moyenne européenne, où
les Britanniques (75 p.c.) sont les plus mobiles, et les Espagnols, les plus casaniers.
Ils partent plus loin, et plus souvent, mais surtout, ils sont de plus en plus
nombreux à utiliser Internet : en 2004, 12 p.c. des Français partis
ont réservé leurs vacances sur la Toile : cest la moitié
en plus par rapport à lannée précédente. Cest-ce
que révèle létude sur les nouvelles tendances de consommation
touristique que vient de dévoiler le cabinet spécialisé Raffour
Interactif, lors dun colloque sest tenu à Paris vendredi dernier.
Cette étude apporte, par ailleurs, des éclairages très intéressants
sur le comportement des internautes. Elle montre, par exemple, que ceux-ci ont
un taux de départ supérieur à la moyenne, 76% contre 53%
contre les non internautes, quelle que soit la durée du séjour.
Quils fractionnent encore plus volontiers leurs séjours
et
sont toujours plus nombreux à réserver en dernière minute.
Le
prix, cinquième critère seulement Si on ne sera pas surpris
dapprendre que les accros à Internet se recrutent surtout chez les
25-45 ans, dun niveau détudes supérieur, à Paris
et dans les grandes villes cest même un tiers des Franciliens
on notera que la destination est le premier critère de choix pour
70% et un séjour thématique pour 30%. Les données du moteur
de shoppping Kelkoo démontrent que le prix des vacances n'intervient qu'en
cinquième position pour 15 p.c. seulement des internautes dans leurs
critères de recherche. De nouvelles tendances se dégagent
aussi de cette étude, dont la principale est que, pour la première
fois, une majorité de Français (52 p.c., et même 55 p.c. des
internautes) se disent prêts à sacrifier dautres dépenses
au profit des vacances, désormais considérées comme un besoin
vital. Un tiers des Français partis ont préparé leur
voyage sur le Net surtout les moins de 25 ans, mais aussi les plus de 65!
en consultant en moyenne 5,2 sites. La plupart ne font appel à aucun
intermédiaire : le cabinet Raffour Interactif a même dénombré
43 p.c. de e-touristes français qui ne se sont informés que
sur Internet. Et leurs besoins sont clairement exprimés, leurs recherches
de plus en plus précises. Par
la même occasion, le rapport sur le-tourisme, réalisé
auprès de professionnels du secteur par Raffour Interactif a la demande
du Conseil National du
Tourisme, a également fait lobjet dune évaluation.
Il en ressort quInternet est désormais considéré comme
une nouvelle zone de chalandise (88 p.c.), que le consommateur devient de plus
en plus un expert (64 p.c.) et organise son séjour en fonction de linformation
disponible on line (87 p.c.). La réussite ou léchec dun
site de tourisme, enfin, dépend principalement de la qualité de
son contenu et de sa fiabilité, de son ergonomie, de sa thématisation
et de son référencement. Ces études peuvent être
commandées sur le site : http://www.raffour-interactif.fr
. C.B. (#62
24 juin 2005) Retour
en haut de la page Le
forfait téléphone arrive Il
ne fait pas de doute que la téléphonie via Internet sera la grande
affaire de ces prochains mois. Pourquoi deux abonnements ? Pourquoi, surtout,
payer un prix —souvent prohibitif — pour une communication phonique en fonction
de sa durée, alors qu'un forfait Internet permet de se connecter n'importe
où dans le monde aussi longtemps qu'on veut ? D'autant que la technologie
est aujourd'hui bien au point et que les logiciels disponibles permettent ou permettront
la connexion indépendamment du support (ADSL ou câble) ou du fournisseur
d'accès. On estime que, d'ici
2008, 44 p.c. des communications téléphoniques d'entreprises passeront
par Internet. Déjà, des réseaux privés, comme celui
des utilisateurs français de Sabre Travel Network, utilisent le Net pour
leurs propres besoins en téléphonie (cf Voyage & technologies
#9). Gratuit ou payant ? Voici
que, simultanément, plusieurs opérateurs lancent des produits qui
permettront à tout le monde de téléphoner sur le réseau,
gratuitement ou en échange d'un forfait modique. Quelques exemples : aux
Etats-Unis, StanaPhone permet de recevoir
et d'envoyer gratuitement des appels via le Net au départ de n'importe
quel numéro des Etats-Unis, du Canada et d'une série d'autres pays,
avec la qualité d'une ligne commutée terrestre. [emediawire]
En France, Wanadoo s'apprête à lancer un forfait téléphonique
illimité sur Internet au tarif de 10 euros par mois, tandis que les communications
seront gratuites entre abonnés d'Altern Telecom,
qui lance la première offre de téléphonie à haut débit
pour les particuliers dans l'Hexagone, indépendamment du fournisseur. Un
boîtier est directement relié au modem adsl ou au câble de
l'abonné qui peut recevoir ou émettre des appels à partir
d'un téléphone classique. Les appels entre abonnés sont gratuits,
quel que soit leur lieu de résidence. De plus, Altern Telecom attribue
à chaque abonné un numéro relatif à son boîtier,
de sorte que celui-ci est utilisable partout dans le monde. [Zescoop,]
Enfin, d'ici la fin de l'année, Skype
— créé par les inventeurs de KaZaA, la célèbre plate-forme
d'échange de musique en ligne — devrait proposer deux formules d'abonnement
en parallèle avec sa téléphonie gratuite : la première
permettant de recevoir des appels de n'importe quel abonné à la
téléphonie fixe ou mobile, la seconde, d'appeler un téléphone
fixe ou un GSM. [La
Vie du Net] Que la téléphonie
via Internet sonne le glas de la facturation liée à la durée
des appels est désormais une certitude. L'idée doit sans doute donner
des cheveux blancs aux opérateurs téléphoniques classiques,
mais ce ne sont certainement pas les professionnels dont l'activité est
liée au voyage qui s'en plaindront ! C.B.(#21
15
juin 2004) Retour
en haut de la page La
mort annoncée du Viewdata Dans
les années '70, alors qu'il n'existait aucun autre système de diffusion
de l'information par voie électronique, l'industrie du voyage avait déjà
compris tout le parti qu'elle pouvait tirer de la technologie Viewdata, autorisant
l'affichage de textes et des requêtes à une base de données,
fût-elle rudimentaire. La technique
consiste, schématiquement, à envoyer un signal sur deux des lignes
qui composent une image télévisée et d'y injecter des caractères
alphanumériques ou mosaïques, afin d'alimenter une mémoire
où se construisent des "pages" à accès séquentiel. Le
"télétexte", qui associe le téléphone et un écran,
repose sur la même technologie d'affichage, le signal étant véhiculé
ici par la ligne téléphonique. Il a cependant souffert, dès
ses débuts, de quelques handicaps graves. Le premier, tout bêtement,
est que les prises d'antenne de télévision et de téléphone
sont rarement l'une à côté de l'autre... Le deuxième
était la vitesse de téléchargement, due à la vétusté
des lignes — qui n'avaient jusque là d'autre usage que de transporter un
signal analogique de la voix d'une qualité à peu près acceptable.
Mais surtout, plusieurs systèmes se sont rapidement trouvés en concurrence:
le français et l'anglais, avec une variante allemande pour celui-ci, auquel
s'ajoutait un système canadien, incontestablement le plus achevé,
et bien entendu, un japonais. L'enjeu, croyait-on, était d'importance planétaire,
comparable à ce qu'avait été la guerre des standards en télévision
: hors exportation, donc, point de salut. Faute d'un intérêt réel
du public — et faute de contenu... — aucun système ne parvint véritablement
à s'imposer, la France, pour sa part, ayant choisi de développer
le célèbre Minitel, qui continue à être largement utilisé
aujourd'hui... mais en France seulement. Un
arrêt sans appel En Grande-Bretagne,
la technologie Viewdata supporte toujours de nombreuses applications dans le monde
du tourisme. Beaucoup d'agents de voyage l'utilisent encore chaque jour : pour
qui y est familiarisé, c'est une technologie simple et efficace. Et un
opérateur comme Seligo, qui vend des
séjours hôteliers et des tickets d'entrée dans tous les parcs
d'attraction du monde entier, avoue réaliser la moitié de
son chiffre d'affaires via le Viewdata... — mais pour combien de temps encore
? TTI,
l'influent Travel Technology Initiative, qui regroupe une centaine des principaux
acteurs du voyage en Europe, en recommandant dans les prochaines semaines deux
nouveaux standards d'échange de données, signera sans doute l'arrêt
de mort définitif et sans appel du Viewdata. Un comité de douze
experts, représentant les tour opérateurs, les fournisseurs et les
développeurs de logiciels de réservation, s'est en effet prononcé
positivement sur TOPAS, Tour Operator Product Availibility System, un nouveau
standard pour l'échange d'informations sur les disponibilités de
vacances, et surtout XML, comme support de messages pour les réservations,
qui s'imposera progressivement sur Internet. C.B. [Sources: Eye
for Travel] (#
19
1er juin 2004) Retour
en haut de la page Ce
qui nous attend d'ici cinq ans Une
étude du groupe britannique EIBTM,
par ailleurs spécialisée sur le segment du MICE, examine l'évolution
technologique et les tendances dans le secteur du voyage pour les cinq années
à venir. Si les ordinateurs
continueront à être toujours plus rapides, meilleurs et moins chers,
il faut s'attendre à une évolution plus rapide encore de la technologie
téléphonique mobile, et notamment une convergence graduelle entre
les PDA et les GSM, qui vont en intégrer peu à peu les fonctions,
comme l'accès à Internet à haut débit, et offriront
des services de plus en plus sophistiqués. Et d'ici 2009, grâce au
Wi-Fi, tous les ordinateurs portables pourront accéder partout à
l'Internet à large bande, y compris à bord des avions de ligne,
le même réseau étant aussi utilisé pour véhiculer
les conversations téléphoniques grâce à la technologie
VoIP. On ne sera pas surpris de constater
le rôle croissant d'Internet dans la distribution, qui sera, d'ici la fin
de la décennie, le système préféré pour le
corporate travel également. Quant aux GDS, la "dérégulation"
prévue en 2005 va les contraindre à diversifier leurs sources de
revenus en s'impliquant dans de nouveaux produits et services. Ils devront proposer
des prix plus compétitifs et intégrer de nouveaux fournisseurs,
comme les low cost, ce qui devrait être tout bénéfice pour
le consommateur final. Sur le Net,
tout reste à faire ! On
est encore très loin d'avoir épuisé toutes les possibilités
d'Internet. Les prochaines années vont voir se développer l'usage
de la photographie panoramique, des images en trois dimensions, des messages e-mail
personnalisés recourant à la video, etc. Et l'offre en matière
de sites web ne cessant de s'étendre, il faudra sans doute songer à
établir un format standard pour faire face à la demande. Dans
le secteur des congrès et séminaires en particulier, la technologie
d'identification par fréquence radio devrait progressivement remplacer
les codes à barres. La sécurité dans les endroits sensibles,
principalement les aéroports, sera assurée par une combinaison de
technologies de reconnaissance faciale, de l'iris et des empreintes digitales,
pas encore assez fiables, cependant, pour éviter de nombreuses erreurs
et, pour les voyageurs, un allongement des délais aux postes d'entrée
comme de sortie... Enfin, alors que
la Commission Européenne prévoit d'ici la fin de la décennie
une augmentation de 24 p.c. de la demande de transport aérien, les compagnies
low cost connaîtront un succès croissant, mais aussi les trains à
grande vitesse sur des distances inférieures à 700 kilomètres.
Du côté aérien, la mise en service de l'Airbus A-380, dont
quelque 120 exemplaires ont déjà été commandés
par une dizaine de compagnies dans le monde, sera l'événement attendu
de 2006. Avec ses deux ponts, dont l'un pourrait accueillir des conférences
ou une salle de jeux pour les enfants, le plus grand avion du monde pourra aussi
transporter 550 passagers à la fois, et les Japonais comptent bien l'utiliser
aussi sur de courtes distances. Vivement
l'avenir ! C.B. (#
13 20.04.2004) Retour
en haut de la page Les
aéroports ont la sécurité à l'œil Comment
renforcer la sécurité dans les aéroports? Une étude
menée par l'IATA auprès de plus d'un millier de passagers ayant
effectué en moyenne six vols longs courriers au cours des douze derniers
mois entre les aéroports de Heathrow, Schiphol, Francfort et Singapour,
montre que 34 p.c. d'entre eux souhaitent un renforcement des portes de cockpit
et 27 p.c. la présence de policiers à bord. Mais pour 81 p.c. d'entre
eux, il suffirait de recourir à des techniques biométriques avancées. Que
ce soit pour accroître le niveau de sécurité ou pour accélérer
les procédures de contrôle, le scanning de l'iris pourrait constituer
une alternative intéressante aux empreintes digitales et autres données
"biométriques". Une image d'un œil est enregistrée et imprimée
sur un document au format d'une carte de crédit, que le passager doit introduire
dans un lecteur tout en regardant un scanner : les images sont ensuite comparées
par le système en moins de trois secondes, avec un risque d'erreur encore
largement inférieur avec celui présenté par l'analyse des
empreintes digitales. On aura beau dire qu'il a "les yeux de son papa", la couleur
et la structure de l'iris sont en effet propres à chaque être humain. Cette
technologie, couramment utilisée dans différents points d'accès
"sensibles" dans l'industrie, est déjà utilisée à
l'aéroport de Schiphol et est sérieusement à l'étude
à ceux de Londres Heathrow, New York JFK et Washington Dulles, notamment. CAPPS
II : le bug de l'an 2004 Il faut
dire que l'application d'ici l'été prochain des nouvelles mesures
de sécurité exigées par les autorités américaines,
connues sous le nom de programme CAPPS II (Computer Assisted Passenger Prescreening
System), risque de se révéler tout bonnement impossible, certains
n'hésitant pas à comparer le problème au fameux "syndrome
de l'an 2000". Les GDS doivent en effet réserver de l'espace dans le PNR
pour les différentes données que, jusqu'ici, les employés
de réservation n'étaient pas tenus d'enregistrer : le nom mais aussi
l'adresse complète de chaque passager, ainsi que sa date de naissance,
son numéro de téléphone, etc. Rien que la formation des agents
de voyage devrait prendre... un certain temps. L'IATA aurait largement sous-estimé
le coût de l'opération : la seule reprogrammation des GDS pourrait
coûter, selon certains, un milliard de dollars. Autant repartir de zéro
et imaginer de nouveaux systèmes en remplacement.. des GDS. C.B.
(#5
27.02.2004) Retour
en haut de la page Office
in the sky : la nouvelle bataille
du ciel 2004 sera l’année
de l’Internet in flight. Dans le courant du premier trimestre, Emirates
sera la première compagnie à offrir à ses passagers un service
en vol d’accès sans fil au courrier électronique. La technologie
a été développée par une petite société
de Seattle, Tenzing, créée
voici six ans par deux entrepreneurs australiens, dont Emirates est le huitième
client — les sept autres, au nombre desquels Cathay Pacific, United Airlines,
Continental et Iberia, utilisant une technologie conventionnelle de téléphonie
fixe. Airbus
est entré dans le capital de Tenzing voici deux ans et demi. De son côté,
Boeing s’est associé avec Lufthansa
et British Airways — mais aussi avec des partenaires tels que Telecom Italia,
l’Université Mc Gill, l’aéroport international de Bangkok et trois
grandes chaînes hôtelières — pour mener à bien un projet
parallèle. Des approches
différentes Les deux systèmes
reposent cependant sur des philosophies différentes. Tenzing utilise le
système de communication de bord : les passagers sont connectés
au réseau de satellites Inmarsat, mais ne pourront qu’envoyer et recevoir
des e-mails ou des messages de texte. Le coût de chaque connexion se situera
entre 7 et 14 € en fonction de la durée du vol, le coût d’envoi de
chaque message, aux environs de 2,50 $. Connexion by Boeing a de plus grandes
ambitions, en offrant aux passagers un accès Internet à haut débit,
leur permettant de surfer sur le web, de se connecter à l’intranet de leur
entreprise, voire de télécharger de la musique ou même des
films... A titre d’exemple, un passager devrait débourser une trentaine
d’euros pour un accès illimité à Internet au cours d’un vol
transatlantique. Les systèmes
de paiement seront aussi différents : dans le cas de Tenzing, les
utilisateurs seront facturés par le fournisseur d’accès. Les passagers
d’un avion équipé par Boeing devront ouvrir un compte auprès
de Connexion by Boeing, qui leur adressera la facture... Ce
sont, surtout, deux philosophies très différentes. Les
études menées par Tenzing montrent que la première priorité
des passagers est d’avoir accès à leur messagerie. Chez Boeing,
on pense au contraire que les passagers doivent avoir accès à bord,
dès le début, à un système offrant les mêmes
capacités qu’à terre. L’installation d’un réseau à
large bande à bord exige l’installation d’une antenne spéciale et
l’immobilisation au sol de chaque appareil pendant plusieurs semaines. Tenzing
possède actuellement l’avantage : la société compte
sur un millier d’appareils utilisant son système d’ici la fin de l’année.
Connexion by Boeing n’a encore enregistré à ce jour que des commandes
fermes pour l’équipement de 150 appareils chez Lufthansa, Japan Airlines
et SAS, qui offrira le service dès février. Singapore Ailrines,
ANA et China Airlines n’ont encore signé qu’une lettre d’intention. Le
système ne sera inauguré qu’en mars, sur un vol long-courrier de
Lufthansa opérant... un Airbus A340. Le
marché, en tous cas, est énorme : plus 10 milliards de dollars
pour plus de 4.000 appareils qui devraient être équipés d’ici
la fin de la décennie. Mais dans le match entre deux standards, il pourrait
n’y avoir qu’un seul vainqueur. C.B. (#
1
15.01.2004) Haut
de la page | Accueil |