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Croisières Où s’arrêtera MSC ? Un tiers de kilomètre ! C’est la longueur du MSC Fantasia,
un des prochains fleurons de MSC Crociere, dont la construction avance à grands
pas aux chantiers Aker Yards de Saint-Nazaire, et qui, plus grand navire de croisière
jamais construit, sera baptisé en décembre 2008, jour de la Saint Nicolas. Accueillant
3.900 passagers, il devrait être « le plus beau bateau du monde », selon
ses concepteurs : extérieurement, une ligne épurée, où l’œil glissera sur
les œuvres vives ; intérieurement, des espaces plus vastes : des cabines
standard de 30 m², dont 80 p.c. extérieures avec balcon, un théâtre de 1.700 fauteuils,
5 restaurants — dont un Tex-Mex ouvert nuit et jour — 4 piscines, un centre de
bien-être, bien sûr, avec spa et grottes thermales, etc. Le tout, sur 27.000 m²
d’espaces publics entièrement repensés pour une meilleure circulation, notamment
pour les personnes à mobilité réduite, dont des espaces réservés aux enfants et
aux teenagers, et d’autres qui leur seront interdits. Et, surtout, le recours
systématique aux matériaux les plus nobles… Avec le Splendida,
son frère jumeau, qui prendra la mer quelques mois plus tard, c’est d’une nouvelle
génération de navires qu’il s’agit, avec notamment le concept du « MSC Yacht
Club », qui renoue avec la tradition de la Première Classe : 99 suites
de luxe avec service majordome à l’anglaise, solarium privé, deux jacuzzis, piscine
avec toit rétractable et bar privé, etc. Bourrés de technologies, ces navires
sont aussi plus « verts », avec leurs propres systèmes de traitement
des eaux usées — toutes les eaux rejetées à la mer sont proches du niveau Zéro
de pollution —, de traitement des déchets et d’économies d’énergie : jusqu’à
30 p.c. par rapport aux cabines conventionnelles. MSC Croisières est d’ailleurs
partenaire de la ville de Venise et soutient son projet de normes strictes pour
les émissions de dioxyde de carbone. Entre-temps, le Poesia a quitté son bassin
de montage pour gagner celui de Penthoüet, son quai d’armement. Quelques mois
de patience encore avant d’entamer son premier périple, qui l’amènera le 5 avril
à Douvres. Il est de la famille des Orchestra et Musica, avec cependant
une surface de 400 m² supplémentaires consacrée aux sports et une cafeteria plus
vaste. Et c’est ce même jour que les chantiers navals Aker Yards ont, aux accents
du Magnificat de Bach, procédé à la découpe de la première pièce du… Magnifica,
autre membre à venir de la famille des Musica : un triangle de 30
cm de côté, épais de 28 mm. Que chaque pièce du navire, aussi petite soit-elle,
ait fait l’objet d’un dessin, et s’insère nécessairement à un endroit de
la structure du navire, dont on connaît déjà la date précise de mise à l’eau,
tout cela force l’admiration… Et les carnets de commande sont pleins jusqu’en
2010, avec six paquebots en commande, dont trois en chantier, le chiffre d’affaires
devant passer de 800 millions à 1,2 milliards d’euros en 2008. A un tel rythme de production, peu de réelles innovations technologiques
distinguent pourtant les navires entre eux, mais « les exigences des armateurs
induisent des contraintes nouvelles sur les structures, observe Jacques Harbelay,
directeur général des chantiers : les bateaux d’il y a trois ans ne seraient
dans doute plus homologués s’ils étaient construits aujourd’hui ». Ces exigences
de qualité, qui font la renommée d’Aker Yards, vont cependant de pair avec une
nécessaire réduction des coûts, à l’heure où les prix des matières premières s’envolent
— les producteurs d’acier refusent de garantir leurs prix pour 2008! — sans que
les banquiers suivent… Elle passe par une plus grande créativité dans les process
de production. « Mon objectif ? Zéro soudure à bord », ose Jacques
Harbelay : réaliser le plus possible de modules à quai, et même des cabines
entièrement terminées et fermées à clé !Créée en 1987, la compagnie italienne
MSC, principalement active dans le cargo, ne s’est lancée dans la croisière qu’en
95 : aujourd’hui, la société emploie 600 personnes à terre dans ses 31 bureaux
de par le monde, pour 6.000 membres d’équipage et sa flotte comptera douze navires
dans deux ans, avec une capacité totale de 1,2 millions de passagers annuellement.
Pour le marché français en plein essor, cependant, il manque encore de bateaux…
C.B. |